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Accueil » Toutes les news » Votre libraire vous offre un livre holmésien
par
Thierry Saint-Joanis
Votre libraire vous offre un livre holmésien
A Sherlockian free book at the bookshop
Avril 10, 2008
PUBLICATION

Cet été, Archipoche proposera aux libraires, dans le cadre d'une opération promotionnelle, un volume hors commerce rassemblant trois aventures de Sherlock Holmes, sorties du volume Etudes en noir (2004), au format poche, tiré à 150 000 exemplaires. Les libraires sont invités à l'offrir à leurs clients...

C'est une bonne nouvelle mais l'on peut encore regretter que la promotion soit faite en utilisant un argument mensonger : "Archipoche propose un hors commerce avec trois aventures inédites de Sherlock Holmes." Ce qui est totalement faux.

Voici un extrait de cette campagne de promotion : "A partir du 3 juin 2008, les libraires pourront offrir à leurs clients la version hors commerce pour l'achat de deux volumes Archipoch. L’occasion de découvrir Sur la piste du faussaire, Mystère chez l’oncle Jeremy et L’Aventure du grand homme, trois enquêtes de la littérature anglaise. Les libraires disposeront d’une affiche 20 x 40 cm, glissée dans chaque carton d’office et d’un arrêt de pile de 3 x 10 exemplaires rassemblant les trois nouveautés Archipoche de juin : Fatwa de Jacky Trevane, Le Rubis des templiers de Jorge Molist et Corps manquants de Colleen McCullough. (...) trois aventures inédites de Sherlock Holmes. Quelque 150 ans après la naissance de Sherlock Holmes, Archipoche propose cet été aux libraires une opération originale, un volume hors commerce rassemblant trois aventures du célèbre détective, inédites au format poche, tiré à 150 000 exemplaires…"

De quoi s'agit-il en fait ? De trois textes qui se trouvaient dans le volume Etudes en noir, paru en 2004, version française du fameux recueil de textes signé Peter Haining. On y trouvait une douzaine de textes de sir Arthur Conan Doyle consacrés, de près ou de loin, à Sherlock Holmes, mais en aucun cas d'inédits des aventures du détective, en anglais ou en français. Ils ont étaient plusieurs fois publiés en français depuis un siècle.

Alors, doit-on comprendre que l'éditeur (ou son service de presse) prend ses lecteurs pour des gogos en diffusant une publicité mensongère ou alors que l'éditeur (ou son service de presse) ne sait pas ce qu'il publie et croit naïvement qu'il s'agit bien d'inédits de Sherlock Holmes ?...

Quoi qu'il en soit, il y aura de la confusion, cet été, chez nos libraires, et la SSHF ne sera pas derrière chaque présentoir publicitaire Archipoche pour rectifier les faits...



Dans ce livre "cadeau", nous allons donc avoir la réédition de trois textes :

- Sur la piste du faussaire (The Case of the Man Who Was Wanted) (1914)

Peter Haining écrivait en introduction dans le recueil pré-cité : Il s’agit sans aucun doute du texte le plus controversé de tout le canon holmésien. Il fut trouvé dans les archives de Conan Doyle par Hesketh Pearson et publié plus tard avec la permission des exécuteurs testamentaires de Conan Doyle. Il semblerait pourtant que l’histoire ait été l’œuvre d’un architecte anglais, Arthur Whitaker, qui en aurait vendu l’intrigue à Conan Doyle pour la somme ridicule de dix livres ! Mais examinons plutôt les faits.
Pearson révéla sa découverte en même temps que celle du synopsis de L’Aventure du grand homme dans le numéro du Strand du mois d’août 1943.
Il écrivit alors : “ Une autre de mes découvertes présente plus d’intérêt : une aventure complète du grand détective appelée Sur la piste du faussaire. Elle n’est pas du meilleur cru, et Doyle a fait preuve de sagesse en ne la publiant pas. Au moment où la nouvelle de ma découverte atteignit l’Amérique, la menace de sa suppression faillit créer un incident diplomatique : un fan de Holmes alla jusqu’à suggérer que les relations futures entre les deux pays pourraient être mises en péril si la saga de Sherlock ne s’enrichissait pas de ce nouvel élément. ”
En dépit de son manque d’enthousiasme pour la qualité de l’histoire, Pearson ajoute significativement : “ La scène d’ouverture entre Holmes et Watson trahit la main du Maître… À l’époque où il écrivit ce récit, Doyle commençait à se lasser de Sherlock Holmes. ”
John Dickson Carr fait aussi référence à l’aventure dans sa Vie de Sir Arthur Conan Doyle : “ Il n’essaya jamais de forcer une histoire. Il lui arriva ainsi de rejeter une aventure, Sur la piste du faussaire. Bien qu’elle n’ait pas été publiée, ceux parmi nous qui l’ont lue peuvent témoigner que son idée maîtresse – comment un homme peut disparaître d’un bateau sous l’œil de témoins – vaut bien celle de ce récit resté à l’état d’ébauche par M. James Phillimore… Mais le style dans lequel elle est écrite manifeste une certaine négligence, pour ne pas dire impatience, de la part de son auteur dont le cœur et l’esprit étaient alors tournés vers d’autres sujets. ”
Cependant Carr se trompait dans l’une de ses affirmations, car Sur la piste du faussaire avait été publiée, mais seulement en Amérique. Depuis que la nouvelle de la découverte de Pearson s’était répandue, les éditeurs de magazines américains avaient tout tenté pour obtenir de Denis Conan Doyle, l’exécuteur littéraire de son père, la permission d’imprimer cette “ aventure oubliée ”. Denis finit par succomber aux avances du puissant groupe Hearst installé à New York et, en août 1948, il autorisa le très populaire Cosmopolitan à la publier dans ses colonnes.
Comme on pouvait s’y attendre, l’histoire fut annoncée à coups de formules choc : “ Le plus célèbre détective de tous les temps élucide sa dernière affaire ! Une nouvelle récemment exhumée et jusqu’à présent inédite de l’immortel Sherlock Holmes. ”
Depuis ce jour, le débat sur l’identité de l’auteur se poursuit, bien que la position des incrédules se soit renforcée après que les exécuteurs testamentaires eurent accepté de verser des droits d’auteur à M. Arthur Whitaker. En dépit de tout ce qui a été dit et écrit à propos de Sur la piste du faussaire, j’en suis toujours à me demander si Conan Doyle n’a pas participé à sa création d’une manière ou d’une autre. Malheureusement, Arthur Whitaker et Denis Conan Doyle ne sont plus là pour nous en apprendre davantage. Peut-être Sir Arthur a-t-il été à l’origine de l’histoire, peut-être en a-t-il écrit une partie (voir le commentaire de Hesketh Pearson). En tous cas, je me sens incapable d’affirmer qu’elle est fausse comme tant de holmésiens l’ont fait. Il ne s’agit pas de nier le mystère qui entoure Sur la piste du faussaire, mais il me semble qu’elle mérite sa place ici. Et je suis sûr que vous serez d’accord avec moi.



- Mystère chez l’oncle Jeremy (The Mystery of Uncle Jeremy's Household) (1887)

Haining :
Comme Conan Doyle l’a lui-même admis, les personnages de Holmes et Watson n’ont pas jailli spontanément de son imagination, mais il a pris comme modèle son vieux professeur d’université, le Dr Joseph Bell, et les premiers détectives de la littérature policière (les héros de Poe et de Gaboriau). Leur première apparition sous l’aspect que nous connaissons et apprécions remonte, bien entendu, au roman Une Etude en rouge, publié dans le Beeton’s Christmas Annual de 1887. Mais, en réalité, ils avaient déjà pris forme avant cette date et l’on assiste aux premiers pas de leurs prototypes dans un récit intitulé Mystère chez l’oncle Jeremy, publié dans le Boy’s Own Paper presque douze mois avant la parution du Beeton. Dans son essai La Vérité sur Sherlock Holmes, Conan Doyle indique qu’il écrivit plusieurs textes “ de jeunesse ” pour différents journaux, dont le Boy’s Own Paper, mais il juge sévèrement toutes ces tentatives “ qui resteront pour toujours dans l’oubli ”. A la lecture de Mystère chez l’oncle Jeremy, publié en sept épisodes en janvier et février 1887, on comprend ce souhait de l’auteur. Nous avons là un récit qui est l’ébauche des aventures d’un détective intelligent et ingénieux, aidé par un ami, dénouant une énigme apparemment inextricable, identique à celui qui trouvera aboutissement et succès avec Sherlock Holmes et Watson. Aujourd’hui que tous les textes de Conan Doyle sont au jour, on constate qu’il a repris plusieurs fois le thème de ses premiers écrits dans ses œuvres maîtresses : Le Mystère de la vallée de Sasassa, par exemple, met en scène “ un monstre effrayant aux yeux luisants ” qui s’avérera une chose beaucoup plus banale. Le parallèle avec Le Chien des Baskerville semblera évident au lecteur.
Mon opinion sur Mystère chez l’oncle Jeremy est partagée par un éminent holmésien, James Edward Holroyd, qui a également eu la chance de lire les numéros devenus extrêmement rares et convoités du Boy’s Own Paper dans lesquels parut l’histoire policière de Conan Doyle. Dans l’édition du printemps 1967 du Sherlock Holmes Journal, il dit du récit qu’il est “ remarquable en ce qu’il contient plusieurs éléments caractéristiques de Sherlock Holmes et Watson antérieurs à la publication de leur première aventure ”. Il poursuit : “ Dans l’histoire, Hugh Lawrence, le narrateur, réside dans Baker Street. Son ami s’appelle John H. Thurston. Je n’ai pas besoin de rappeler aux holmésiens que les prénoms de Watson sont John H. et que Thurston est le nom de l’homme avec lequel il joue au billard à son club. Lawrence, comme Watson, étudie la médecine, tandis que Thurston, comme Holmes, se consacre à la chimie et “ passe joyeusement son temps parmi les tubes à essai et les solutions” et a même “ le doigt taché d’acide ”… Si Mystère chez l’oncle Jeremy a bien été écrit – ou conçu – avant Une Etude en rouge, alors tous les points en commun que j’ai cités seraient des signes précurseurs de la saga qui répondraient à la question : “ Sherlock Holmes a-t-il vu le jour dans le Boy’s Own Paper ?” ”
En lisant cette fascinante histoire, vous trouverez d’autres points communs que ceux cités par Holroyd. Comme Holmes, Hugh Lawrence a l’habitude d’observer les gens pour connaître leur personnalité, il excelle dans l’art d’interroger, et se montre indifférent au charme féminin. Il est également fort, brave, ingénieux, et préfère affronter lui-même le danger plutôt que de faire appel à la police. Le lecteur dénichera, j’en suis sûr, d’autres éléments dans Mystère chez l’oncle Jeremy qui réapparaissent dans Une Etude en rouge et d’autres aventures postérieures de Holmes, ce qui fait de ce récit un légitime précurseur de la saga et justifie sa place dans le Canon holmésien.


- L’Aventure du grand homme (The Adventure of the Tall Man) (vers 1900)

Haining :
C’est là un document peu commun et particulièrement intéressant en ce sens qu’il s’agit du synopsis d’une aventure de Sherlock Holmes que Conan Doyle n’a jamais achevée. Il a été exhumé par un autre biographe de Doyle, Hesketh Pearson, alors qu’il explorait les volumineuses archives de l’auteur au début des années 40. De manière très appropriée, il choisit d’annoncer sa découverte dans le Strand Magazine, en août 1943 : “ Parmi les archives de Doyle, j’ai trouvé le scénario d’une histoire de Sherlock Holmes jamais écrite, dans laquelle le détective, déconcerté par la ruse du criminel, imagine un stratagème pour l’effrayer et lui faire ainsi avouer sa culpabilité. Le tour est joué avec la complicité d’un acteur, qui se donne l’apparence de l’homme assassiné et crie son nom d’une “horrible voix d’outre-tombe”. Le meurtrier, terrassé par la peur, confesse son crime et l’affaire est résolue. ”
Quand cette révélation fut faite par Pearson, des doutes s’élevèrent immédiatement sur l’authenticité du synopsis, mais ils furent vite balayés par l’intervention d’Edgar W. Smith, qui déclara dans The Baker Street Journal : “ Je pense que ce document est authentique : ma certitude vient de la malle de la succession Watson conservée dans les caves de la banque Cox & Co ! ” Le texte est ici réimprimé tel que Conan Doyle nous l’a laissé. Et, en dehors de la valeur intrinsèque que l’on peut accorder à une nouvelle démonstration du génie déductif du Maître, il nous fournit aussi des informations fascinantes sur la manière dont l’auteur écrivait ses histoires, en prenant soin de définir ses personnages et d’échafauder son intrigue avec sa chute, avant de se lancer dans la rédaction. En 1947, un autre célèbre holmésien américain, Robert A. Cutter, entreprit la difficile tâche de donner une enveloppe de chair à ce squelette littéraire : son récit, qui est inclus ici, aurait, je crois, reçu l’approbation de Conan Doyle.



 

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