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Accueil » Fictions » Fenêtre sur Baker Street
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres fictions
Fenêtre sur Baker Street Décembre 11, 2006
Illustrations © Lysander


Noël approche.
Par ma fenêtre je vois un tas de gens qui vont et viennent sur les trottoirs couverts de neige, les bras chargés de cadeaux, arborant une expression stupidement réjouie sur leur visage rougi par le froid.
Parfois toute cette espèce de félicité factice me rend vaguement nauséeux et j'éprouve une envie subite de décrocher du mur mon vieux fusil de chasse, de sortir la boîte de cartouches du second tiroir de la commode et, sans haine, sans précipitation, calmement, tout en grillant une cigarette, de tirer dans le tas.
Heureusement, je suis un garçon particulièrement équilibré, ayant reçu la meilleure éducation possible, soucieux des convenances et, j'ajoute, bien de sa personne et très soigné.
Je ne peux, hélas, pas en dire autant de tous mes voisins ! Regardez par exemple ce gros poussah adipeux, devant le Bazar de Baker Street, celui qui porte un melon couvert de fiente de pigeon. Il fume un cigare épais comme mon avant-bras tout en faisant les cent pas devant le magasin à l'intérieur duquel sa grassouillette épouse termine les achats de Noël.
Orville Darkwater.
A le voir comme ça, il a l'air d'un bon bourgeois, juste un peu négligé, juste un peu usé aux entournures.
D'ici , je distingue clairement une grosse goutte jaune de sueur grasse qui, malgré le froid, longe l'arrête de son gros nez verruqueux, laissant un sillon brillant entre les poils noirs et raides comme des dards de guêpe.
Orville Darkwater, commerçant, marié, deux enfants, un chien, un poisson rouge, pas de dettes, une maîtresse et, dans un tiroir fermé à clé, une impressionnante collection de photos pornographiques représentant de très, très, très jeunes filles dans des positions sans équivoque.
Comment je le sais ? Inutile d'entrer dans les détails, je ne suis pas là pour vous raconter ma vie, guère passionnante au demeurant, mais pour vous parler un peu de mes voisins.

Tiens, voici cette brave Mrs Henderson qui salue notre gros Orville. La pauvre, si seulement elle se doutait. Quoique, pour être tout à fait honnête ( et je suis toujours d'une honnêteté scrupuleuse, tous mes amis vous le diront ) la conscience de Mrs Henderson n'est pas aussi immaculée que les draps qu'elle fait sècher dans son jardin en été. C'est même une criminelle. Oh, pas du genre récidiviste, pas un vrai danger pour la société, non, juste une criminelle occasionnelle...en fait, elle n'avait q'une victime en vue , son mari, et elle a été suffisement habile pour s'en débarasser sans être soupçonnée. Feu Mr Henderson était un individu soupe au lait, enclin à battre son épouse avec une ceinture, ce qui, à la vérité, n'est pas un bien grand crime quand ladite épouse est aussi volage que Mrs Henderson. Au bout de plusieurs années, cette dernière en a eu assez et, plutôt que de se rebeller au grand jour, a utilisé ses nuits pour, tout bêtement, glisser régulièrement du poison ( ne me demandez pas quelle sorte de poison, je n'y connais rien ) entre les lèvres de son mari endormi. La police ne se douta jamais de rien et ne fut d'ailleurs jamais prévenue vu que Mr Henderson n'était plus tout jeune et que sa mort sembla des plus naturelles au vieux médecin de famille qui signa le certificat de décès.

Encore une fois, vous vous demandez comment je sais tout cela.
Est-ce vraiment important ?
Des histoires de ce genre, je peux vous en servir à la louche...et je ne compte d'ailleurs pas m'arrêter en si bon chemin. Ne fouillez pas votre mémoire, c'est inutile, vous n'avez jamais entendu parler de moi. Je vous assure, vous perdez votre temps.

Plutôt que de vous posez des questions inutiles, dont la réponse, de toute façon, ne vous apporterait rien, regardez plutôt...

Voici Karl Rheinfeldt, un citoyen d'origine française, comme son nom ne l'indique pas. C'est ce petit homme à lunettes, coiffé d'un feutre verdâtre et vêtu de cet étrange manteau que l'on dirait confectionné avec de vieilles couvertures cousues ensemble. Il ne transporte aucun paquet . Normal: il vit, a toujours vécu et vivra toujours seul. Un petit rat, une petite fouine . Je lui ai toujours trouvé, sans trop savoir d'où me vient cette image aussi absurde que précise, une tête à dévorer des champignons de cave d'un air gourmand. Voyez comme il salue en rougissant la veuve Henderson: il bavote ! Comme chaque fois qu'il approche une femme...ou peut-être même chaque fois qu'il ouvre la bouche, tout simplement. Il ne s'attarde pas. Le voilà déjà qui rentre chez lui. Clic, clac, clic, clac...porte fermée à double tour. Fermée sur des secrets pas plus inavouables que d'autres pourtant. Ce soir, comme tous les soirs, il va simplement se mettre nu, à l'exception d'une paire d'escarpins de femmes et de bas de soie, et écouter des airs d'opéra sur son phonographe.

Comment ? Je me moque de vous ? Mais non, voyons ! Ainsi que vous commencez sans doute à le deviner je passe ma vie ( ou du moins une bonne partie de ma vie ) à observer mes voisins. J'en sais long sur chacun d'eux, mais ne vous attendez tout de même pas à ce que tous soient des pédophiles inavoués, des assassins ou des criminels en cavale caché derrière de fausses moustaches. Certains ne sont que de curieux personnages inoffensifs, des excentriques, des malheureux comme Rheinfeldt.
Pourtant, il faut avouer que la marotte bien innocente de ce petit français binoclard, pèse plus lourd sur sa conscience que le meurtre de son mari ne pèse sur celle de Mrs Henderson. Si un individu quelconque, policier ou cousin de province, découvrait le secret de cette dernière, elle se contenterait de l'inviter, le plus gentiment du monde, à manger un succulent pâté de pigeon assaisonné à l'arsenic. Par contre, si le secret de Rheinfeldt venait à être connu du voisinage, le petit homme n'hésiterait pas à se pendre avec les bas de soie dont il a tellement honte.

Ah ! Mais voici mes petits préférés qui sortent de la librairie au coin de Marylebone. Les Benson. Un charmant petit couple parfaitement assorti. Elle est aussi laide qu'il n'est joli garçon, il est aussi maigre qu'elle n'est grosse, elle est aussi moustachue qu'il n'est glabre mais il sont aussi peu bavards l'un que l'autre. Toujours l'air d'avoir peur de quelque chose, d'avoir marché sur quelque chose qui ne sent pas bon, d'avoir fait quelque chose qui offense le petit Jésus. Ils longent les murs, répondant d'un vague signe de tête aux "bonjour" ou aux "Joyeux Noël" des passants au nez rouge. Je sais parfaitement de quoi traitent les livres qu'ils viennent d'acheter en regardant la pointe de leurs chaussures. Tous parlent de maisons hantées, de possession démoniaque ou de je ne sais quel autre phénomène surnaturel, tous sont écrits par des pseudos scientifiques, témoins improbables de manifestations fantômatiques encore plus improbables. George et Marcie Benson sont bêtement persuadés que leur maison est hantée. J'ignore totalement ce qui pu leur mettre en tête cette idée saugrenue mais ils sont aussi certains de la réalité de ce fait que de la victoire de Nelson à Trafalgar. Chaque nuit, ils déambulent, pâles comme les spectres qu'ils redoutent tant, à travers les lugubres pièces de leur habitation, brandissant des crucifix, aspergeant les murs et les meubles d'une eau que j'imagine bénite. Ensuite il vont dormir d'un seul oeil, sursautant au moindre bruit, remontant les draps sur leur face blême à chaque trottinement de souris. George garde la main crispée sur le revolver qui demeure en permanence sous son oreiller. C'est une chose très étrange que le pouvoir rassurant d'une arme à feu. Le danger redouté a beau être d'essence spirituelle, la présence lourde et odorante d'un revolver bien huilé suffit souvent à chasser parmi les ombres mouvantes de la nuit les démons engendrés ! par des imaginations débordantes.
Dans le cas des Benson, le revolver a d'ailleurs, une certaine nuit de décembre, il y a deux ans, joué un rôle autrement plus actif.

Un vagabond s'était introduit dans la cave de leur maison, à la recherche d'un peu de chaleur. La tête farcie de fadaises à propos des forces de l'au-delà, George le prit pour une sorte de démon hirsute, tout juste débarqué de je ne sais quel niveau de l'Enfer. Alerté par les ronflements du clochard, il lui avait proprement logé une balle dans le coeur pendant son sommeil.
George et Marcie, juste après le meurtre, avaient retrouvé suffisement de sens commun pour se rendre compte que cette pauvre loque humaine puant la vinasse n'était probablement pas plus un démon qu'un esprit frappeur et, tout en décidant de ne plus jamais parler de cet incident regrettable, avaient enterré le vagabond dans la cave, sous le tas de charbon. Pour ce que j'en sais, étant donné que personne n'a, comme de bien entendu, jamais réclamé le corps, il est toujours là au moment où je vous parle. Et les gentils Benson sont maintenant persuadés que son fantôme a rejoint les autres entités qui hantent leur maison...

Qu'est-ce que vous dites ? Vous me demandez comment j'ai pu voir tout ça à travers ma fenêtre ? Allons, je ne vais pas vous révéler tous mes petits secrets ! Souvenez vous seulement que je n'ai jamais prétendu que cette fenêtre constituait ma seule source de renseignements. Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus. De toute façon ce ne sont là que détails sans importance. Comment ? Vous ne croyez pas à la véracité de mes petites histoires ? A votre aise. Elles sont pourtant le reflet de la stricte vérité, pas même un peu enjolivée ( je n'ai aucun talent pour ça ), crue et cruelle. Avouez en tout cas que, dans le fond du tréfond de votre âme pas moins boueuse qu'une autre, vous souhaiteriez me croire. Ne vous faites pas passer pour un saint ! Ne me dites pas que vous ne prêtez jamais l'oreille aux commérages, que vous ne laissez jamais traîner votre regard sur un courrier qui ne vous est pas destiné, que vous ignorez tout de vos propres voisins. Allons, j'en sais long sur vous comme sur tous les autres. D'ailleurs, qu'il soit sanglant ou simplement chaussé d'escarpins de femme, vous avez aussi votre petit squelette au fond d'un placard, ne niez pas, ce n'est pas une supposition gratuite: je sais !

Et moi ? Et bien quoi "et moi" ? Vous êtes décidément tenace ! Nous ne sommes pas ici pour parler de moi ainsi que je l'ai déjà souligné. Encore une fois, rien dans ma vie n'est susceptible de vous intéresser. Non que je ne possède pas mon propre squelette au fond du placard de ma cuisine mais, vraiment, rien qui soit apte à éveiller votre intérêt.
J'ai meurtri quelques femmes et frappé quelques hommes. Parfois même, il a du m'arriver de donner un coup de pied à un chien. J'ai fait couler des larmes et, à l'occasion, un peu de sang. Bref, je suis comme tout le monde. Un peu plus curieux peut-être, mais, de cela, je ne suis pas certain. Le sujet est clos, parlons d'autre chose...

Hélas, le soir tombe et Baker Street est à présent presque déserte. Les sujets d'observation se font rares.
Certes, je pourrais vous toucher un mot à propos de cette petite fille, cette petite vendeuse de fleurs qui semble traîner une ombre trop lourde pour elle. Mais ce ne serait pas très passionnant. Sachez seulement que ce visage angélique cache une âme des plus noires. Il arrive à cette gamine d'entraîner, avec la promesse de leur offrir un autre genre de fleur, ses clients dans des ruelles sombres. Une fois hors de vue, la fillette siffle entre les doigts et son frère, Sam, surgit avec son grand couteau . Alors, ce sont des fleurs de sang qui s'épanouissent sur le pavé nocturne.
J'aimerais vous offrir quelque chose de moins banal, de moins sordide mais, décidément, il se fait tard.

Attendez ! Mais oui ! Cette silhouette décharnée qui se découpe dans la lueur naissante des réverbères ! Le plus grand des détectives ! Oui, c'est lui, Sherlock Holmes, le voici ! Il habite Baker Street...mais, je ne vous apprends rien.

Regardez ce grand échalas prétentieux, regardez son petit air supérieur, son port de tête qui se veut royal mais qui le fait ressembler à un petit hobereau de province ayant gagné sa fortune aux courses. Regardez ses vêtements coupés chez un bon faiseur, ses mains manucurées ( ah, non, suis-je bête ! Il porte des gants ! Mais vous pouvez me croire sur parole ), ses larges narines qui, rafraîchies de tout poil intempestif autant qu'inélégant, semblent humer la piste d'un criminel au travers des rafales de vent neigeux.
Il rentre chez lui après une journée bien remplie, probablement passée dans quelque manoir de campagne où sa science de la déduction l'a aidé à porter secours à un quelconque petit bourgeois ou nobliau dont le chien favori avait disparu ou dont la famille était hantée depuis des siècles par un cheval fantôme errant sur la lande. Fascinant, non ? Sherlock Holmes a une passion pour ces petits drames mondains qui sentent le thé et la cannelle, avec un soupçon de mystère épais comme du gruau d'avoine. Par contre, ne me demandez pas ce qu'il fichait quand Jack l'éventreur mettait Londres à feu et à sang ( surtout à sang ! )...il tentait probablement de secourir une riche héritière parfumée à la fleur d'oranger, aux yeux de laquelle les prostituées ne constituaient ni plus ni moins qu'une sorte de peuplade vaguement exotique, dotée d'à peine plus d'humanité que ces troupeaux de boeufs que l'on mène à l'abattoir.

Oui, j'en sais long aussi sur ce gaillard, le premier détective conseil au monde.
Bien sûr, vous haussez les épaules. Rien de ce qui concerne Sherlock Holmes ne vous est étranger, vous pensez tout savoir à son propos et, en un certain sens, vous savez tout. Vous avez étudié le moindre de ses faits et gestes, à lui et à son compagnon, ce bellâtre à la moustache arrogante, ce docteur Watson qui partage son appartement au premier étage du 221b Baker Street. Que vais-je bien pouvoir vous révéler que vous ne sachiez déjà ? Que le grand homme se drogue comme le dernier venu parmi les poètes à la mode ? C'est de notoriété publique et tout ce qu'il y a de plus légal . Qu'il vit une passion amoureuse contre nature avec son colocataire ? Balivernes, ragots de cuisine, comme nous le savons tous les deux !
En fait je ne me propose de rien dire de plus que ce que vous avez observé de votre propre chef. Mais tout est une question d'éclairage, comme disent les impressionnistes.

Voilà notre Holmes qui pousse la porte de son logis. Il escalade les dix-sept marches qui conduisent au premier étage, pénètre dans le living et s'affale sur un fauteuil près de la cheminée après avoir jeté son pardessus, ses gants et son chapeau dans un coin de la pièce. Je ne vois rien de tout ça, bien sûr, mais, comme vous, je connais ses habitudes. Le docteur Watson est absent: sans doute en visite chez l'une ou l'autre des ses ex-épouses afin de discuter des problèmes qu'il rencontre pour leur verser à temps leur pension alimentaire !
Oui, je sais. Sur ce coup-là, j'extrapole ! Licence poétique, dirons nous !

Regardez la fenêtre éclairée du 221b. La silhouette filiforme de Sherlock Holmes ne va pas tarder à se découper au milieu de cet oeil de Polyphème trouant les ténèbres hivernales. Et que va donc faire cette silhouette ? Observer, ainsi que je le fais moi même, les turpitudes qui déroulent leurs fastes vénéneux et moites juste sous son grand nez pointu ? Pensez-vous ! Sherlock Holmes va jouer du violon ainsi qu'il le fait chaque fois qu'une de ses enquêtes sans intérêt s'est terminée au grand avantage de son orgueil démesuré et de son portefeuille pourtant déjà bien garni.
Voici la petite marchande de fleurs qui repasse sur le trottoir, entraînant derrière elle, sa grosse patte grasse serrant la petite main de la fillette, un bon bourgeois au nez couperosé et au regard brillant. Pensez-vous que le premier détective conseil au monde va remarquer quelque chose de louche et d'humide, de sombre et gluant, dans les gestes de l'homme aux veines éclatées le long des ailes du nez ? Ou qu'il va être troublé par cette étrange fixité du sourire arboré par la petite fleur de marchande ?
Pas du tout ! Il cale le violon entre son menton et son épaule et pense à des hommes dansants, des rouquins ligués, des pépins d'orange, des Bohémiens scandaleux... il tourne le dos à la rue et se met à jouer. Un air joyeux.
Demain ou après-demain, un client sonnera à la porte du 221b, pair du royaume victime d'un chantage mondain, jeune fille abandonnée par un fiancé ne quittant jamais ses lunettes à verres fumés. Et, après une enquête menée avec son éfficacité habituelle, Sherlock Holmes découvrira une escarboucle bleue dans le jabot d'une oie ou la perle noire des Borgia dans un buste en plâtre à l'image du petit corse qui fit trembler l'Europe. Et son légendaire orgueil dessinera sur ses lèvres minces un sourire de loup.

Pourtant, ses voisins directs, les Benson, cachent le cadavre d'un vagabond hirsute sous la cave de leur maison. Et, juste de l'autre côté, son autre voisine, Mrs Henderson, qui a tué son mari, prépare un cake aux carottes en fredonnant un chant de Noël.
De tout cela, et de bien d'autres choses, Sherlock Holmes n'a pas la moindre idée... contrairement à moi.

Mais non, ne vous inquiétez pas. Je ne vais me laisser aller au point de vous parler d' "arbre qui cache la forêt" et ce genre de généralités, très peu pour moi ! Mes amis vous diront que je déteste les formules toutes faites et autres proverbes.

Cette fois, la rue est bel et bien déserte. Il me semble que le moment est venu de me préparer une bonne tasse de thé...



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