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Accueil » Fictions » Les adorateurs de Vazaldjott
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres fictions
Les adorateurs de Vazaldjott Septembre 27, 2006
Illustrations © Lysander


Une aventure de Shamrock Horse et du docteur Hansom

Prologue de l'introduction et vice et versa :

Par une sombre nuit sans lune, sans eau, sans gaz, sans électricité, les landes désolées du Loftstoryshire étaient le théâtre d'un bien singulier et non moins sinistre spectacle. Le vent hurlait parmi les buissons rachitiques, les arbres torturés, les piscines gonflables dans lesquelles s'ébattaient des blondes mamelues au QI impressionnant et les ratons laveurs atteints de la maladie de Parkinson. Un groupe d'hommes, curieusement vêtus de peaux de bêtes et coiffés d' étranges casques cornus, s'affairait autour d'une longue pierre plate sur laquelle reposait le cadavre atrocement mutilé de ce qu'il est convenu d'appeler, dans les milieux autorisés, une jeune fille.

Un vieil homme barbu, dont émanait un puissant remugle de fromage et d'asperges à la sauce béchamel, tendit vers le ciel sombre un bras terminé par une main, elle même terminée par des doigts , eux mêmes crispés sur le manche en ivoire d'un long couteau à lame courbe, elle même encore toute ensanglantée.

- Ô puissant Vazaldjott, scanda le vieillard d'une voix de tonnerre, chevrotante et puissante à la fois. Une fois de plus, nous avons écumé les villes et les villages, les fermes et les sorties de boîtes de nuit, les castings pour les émissions de TF 1 et le concours de Miss Potiron, pour te dénicher une vierge (ce qui, par les temps qui courent, devient de plus en plus difficile, même au coeur de la pudibonde Angleterre, tu peux me croire ! ) afin de la sacrifier sur cet autel dressé à ta gloire.

Un murmure d'excitation parcourut la bande de cornus.

Le Grand Prêtre continua sa litanie.

- En échange, Ô puissant Vazaldjott, Seigneur Noir du quatrième sous-sol de l'Enfer , nous te supplions de nous accorder un peu de tes pouvoirs maléfiques...quelque-chose de simple, hein ? On n'est pas très exigeants ! Juste la capacité de ne pas se brûler la langue en buvant du chocolat trop chaud, par exemple...ou une ardeur sexuelle quintuplée...ou une friteuse électrique en guise de gros lot au cours de la prochaine Fancy Fair organisée par l'école élémentaire ! Bef, un truc dans tes cordes !

La meute de sectateurs assoiffés de sang se mit à psalmodier sur un rythme hypnotique le nom du terrible démon auquel elle venait d'offrir en holocauste une pauvre jeune fille innocente, une jeune fille dont tous les proches s'accordaient à dire que, en dehors d'une inexplicable propention pour les mots croisés et un goût immodéré pour l'Opéra Italien, sa conduite était irréprochable.

- Vazaldjott ! Vazaldjott ! Vazaldjott !

Le Grand Prêtre partit d'un rire fou qui se transforma sans peine en fou rire.

Ensuite, après les congratulations d'usage, quelques tapes dans le dos, l'un ou l'autre échange de politesses, une petite partie de whist, une course en sac, un combat de coqs et une bataille de polochons, les conjurés se séparèrent et chacun rentra, qui dans son manoir, qui dans sa modeste chaumière, qui dans le garage où il travaillait à mi-temps...

Chaptire premier

En raison d'un emploi du temps plutôt chargé, le chapitre premier ( dit aussi "premier chapitre" dans certains milieux intellectuels ) est supprimé. De toute façon, il ne servait en aucune façon la compréhension de l'histoire. Seul point intéressant, on y apprenait que, dans sa jeunesse, Shamrock Horse a vécu une grande histoire d'amour avec un sac de farine et dix souris blanches, élément biographique fascinant mais n'ayant que peu de rapport avec notre palpitante histoire.

Chapitre II

(extrait des mémoires du docteur Hansom, fidèle compagon du Grand Détective Shamrock Horse)

Ce matin là, dans notre salon de Baker Street, Shamrock Horse, le Grand Détective, mangeait les restes du repas chinois de la veille tout en taquinant son violon d'une oreille distraite.

Je le connaissais depuis assez longtemps pour savoir que quelque-chose le préoccupait et qu'il ne fallait surtout pas lui poser de questions sous peine de l'énerver.

- Quelque-chose vous préoccupe, demandai-je.

Il sauta sur ses pieds, jeta le violon dans la cheminée, balança par la fenêtre les quelques nouilles qui subsistaient et se mit à faire les cent pas.

- Vous avez lu la presse, Hansom ?

- Ne dites pas de conneries, Horse ! Je viens de me lever ! Et, à moins de lire en dormant...quoique... je crois avoir déja lu un roman signé Gérard de Villiers en dormant mais j'étais jeune et en pleine santé !

Horse sortit de sa poche un journal roulé en boule et, tout en se shampouinant subrepticement avec du jus de carotte, me le lança à la figure.

- Aie, fis-je non sans à propos.

Tandis que Horse trompait son agacement en tirant sur les pigeons avec mon revolver d'ordonnance que j'avais rangé dans la boîte à pain, mes yeux avides et boursouflés parcouraient les gros titres.

- Encore une vierge disparue dans le Loftstoryshire ! hurlai-je subitement en avalant mon premier oeuf à la coque.

- Et oui, Hansom ! C'est la nouvelle mode ! Avant, les vierges apparaissaient, maintenant, elles disparaissent!

- Très subtil, Horse ! rétorquai-je d'un ton rogue tandis que mon ami haussait les épaules et ricanait comme un vieil évêque dans un Music Hall.

- Je soupçonne un genre de secte pratiquant les sacrifices humains ! avança Horse alors que je ne lui avais rien demandé.

- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

- Allons Hansom ! Faites travailler votre matière grise ! Des vierges ! Qui donc aurait intérêt à faire disparaître des vierges ? Ces pauvres filles ont été sacrifiées sur l'autel d'une quelconque divinité barbare ! C'est élémentaire !

- Une divinité barbare ?

Horse soupira tout en trempant délicatement la pointe de ses doigts dans le beurrier afin de les rafraîchir.

- Mais oui ! Un démon païen du genre Bääl, Mammouth, Euromarché, Jhüzz et Jhabüzz, Castorama, Jean-Paul Gauthier voire même Vazaldjott !

Sans me laisser le temps de répliquer un truc intelligent, Horse extirpa un télégramme de sa chaussette.

- Que pensez-vous de ceci, mon brave Hansom ?

- C'est un appel au secours, mon très cher Horse !

- Absolument, mon gros poupounet !

- Ca ne fait pas le moindre doute, ma petite crotte en chocolat.

Le télégrame avait manifestement été envoyé de Moumouth-on-Zeurocks, dans le Loftstoryshire, par une certaine demoiselle Mary Violet Marivolage, institutrice et vieille fille de son état, qui craignait pour sa sécurité.

- Pourquoi cette demoiselle craint-elle pour sa sécurité ? demandai-je en flattant machinalement la croupe de Ronald, notre vieux cheval qui, grâce au doux balancement de sa queue, nous servait de chasse mouches.

- A mon avis elle est parano ! répondit Horse en tripotant , en un geste familier, le lobe de mon oreille. Qui en voudrait à une vieille fille ? ...A moins que...

Il se frappa violemment le front avec le tisonnier comme chaque fois qu'il avait une de ses légendaires intuitions.

- Bon sang mais c'est bien sûr ! Elle est vierge !

- Et alors ?

- Bon sang, Hansom, essayez de suivre pour une fois ! hurla-t-il en enfourchant Ronald. Vite ! A Charing Cross, nous avons un train à prendre.

Chapitre suivant

Le train filait dans la campagne tandis que Horse, assis en face de moi, rongeait fiévreusement mes ongles.

Chapitre encore après

Pendant ce temps-là, à l'Alhambra, Conchita, la reine de la bossanova, retrouvait son vieux papa, le général Muerta, disparu au Costa Rica un jour où il faisait froid.

Chapitre en rapport avec l'histoire

Alors que le soir tombait, nous arrivâmes en vue de la petite maison isolée où demeurait Miss Mary Violet Marivolage .

La maison était si petite qu'on aurait dit celle des sept nains. D'ailleurs nous apprîmes par la suite que c'était bien elle. La demoiselle l'avait acquise pour une bouchée de pain et trois carambars ce qui constitue un prix dérisoire mais, depuis que Blanche-Neige avait filé avec le fiancé de Cendrillon, les nains voulaient changer de décor. En plus on leur avait proposé du boulot ( ého, ého ) au Parc Astérix. Eclairagistes ou un truc du genre, je crois.

Horse tira la chevillette et la bobinette ...euh...la bobinette fit bien son boulot ! Une brave petite bobinette ! Pas une bobinette élevée en batterie ! Une qui a gambadé dans la cour de la ferme ! Et j'en ai connu des bobinettes !

La jeune vieille fille qui nous accueillit était vêtue très simplement d'un...je ne sais pas trop. Faut dire que la mode féminine et moi ! Je dirais un genre de gros serpent mort faute d'une comparaison plus appropriée.

- Vous voilà enfin messieurs ! Je vous attendais avec Patience !

- Impatience vous voulez dire ? demanda Horse qui a toujours été très tâtillon.

- Non, non, avec ma petite cousine Patience. Je lui donne des leçons de boxe pour arrondir mes fins de mois. Elle n'est d'ailleurs pas très douée pour ses cinq ans.

- Voyons ça, fit Horse en balançant une bonne gauche en direction de la petite fille. Pare celle-là, fillette !!! .....................euh.................. je vois. C'est pas encore vraiment ça, les réflexes ! Hansom, ne restez pas là comme une girafe morte, occupez vous de cette gamine, vous voyez bien qu'elle pisse le sang ! Vous avez votre trousse médicale j'espère ?

- Je l'ai toujours avec moi, fis-je en l'extirpant de sous ma casquette de voyage.

- Assez perdu de temps, messieurs ! aboya Miss Marivolage. Mes jours sont en danger ! Et tout ça parce-que j'ai décidé de rester pure pour l'homme que j'épouserai ! A propos, vous êtes marié, M. Horse ?

- Oui, oui, mentit Horse avec aplomb.

- Et vous, docteur ?

- Absolument, Miss ! On est mariés tous les deux !

- Ensemble ?

Horse, après avoir renvoyé, avec de discrets coups de pieds, la petite Patience dans ses foyers, leva les bras pour interrompre la jeune vieille fille.

- Je pense, commença-t-il, qu'une secte démoniaque et néanmoins diabolique sévit dans la région voire même dans les parages !

Miss Marivolage poussa un petit cri horrifié tout en se faisant couler un bain.

- Avez-vous entendu parler de quelque-chose de ce genre, Miss ? demandai-je en devançant Horse, juste pour le faire bisquer.

- Et bien...nous avons le club de bridge de Mrs Thrumplamore , le cercle de boulistes du docteur Tatopatouglos, les "Agités du Bocal", un groupe de rock. Il y a aussi les joyeux planteurs de radis, les taxidermistes associés, les tricoteurs de fromage, les chanoines possessifs, les amoureux du jambon à l'os, les avaleurs d'aiguilles à tricoter, les cracheurs de tabac turc, les dompteurs d'huîtres, les fabuleux Blues Brothers, les ramasseurs de grenouilles mortes, Francis et son accordéon magique, les trapézistes manchots d'Andalousie, les mâchonneurs de levure, un peintre sur coquilles d'oeufs, les tartineurs de glu et les panseurs de gros daims.

- Rien que ça ! fit Horse, non sans ironie, du haut du piano à queue sur lequel il s'était perché afin d'être à son aise pour manger le demi hareng retrouvé au fond de sa poche.

A cet instant, tandis que j'étais assis au bord de la baignoire, occupé à frotter le dos de Miss Marivolage avec un gant de crin, un cri terrible parvint de l'extérieur.


Chapitre inutile, juste pour prolonger le suspense

Avant de retrouver nos héros aux prises avec un ennemi invisible autant qu'inquiétant, nous vous proposons, histoire de détendre un peu l'atmosphère et, par la même occasion, de faire plaisir aux gourmands, une recette typiquement ardennaise.

Pour commencer, il vous faut une poêle et une livre de beurre.

Faites chauffer, à feu doux, le beurre dans la poêle.

Quand le beurre est bien mou sans être tout à fait fondu, mangez-le.

Chapitre qui vient après le précédent

- Bon sang ! fit Horse en décrochant du mur un cor de chasse et une sagaie. Il y a des ours dans la région ! Une bonne petite partie de chasse à l'ours va nous remettre les idées en place, Hansom !

- Ce n'est pas le cri d'un ours, remarquai-je tout en me laissant pousser la barbe.

- Je sais reconnaître un ours, Hansom ! Vous oubliez la ténébreuse affaire du patineur mégalomane ! Sans parler de celle qui m'a opposé à "Isidore et ses p'tits lapins" ! Dans les deux cas nous avons rencontré des ours...je crois même me souvenir que vous avez vécu avec l'un d'entre eux pendant quelques mois !

- Mensonge éhonté ! J'ai simplement hébergé une otarie pendant un séjour de ma femme chez son oncle Hortense...et encore ! C'était pour m'aider à faire le ménage !

Le cri terrifiant retentit derechef.

- On dirait un cri humain fit remarquer Miss Marivolage comme si elle avait entendu des cris humains toute sa vie

- C'est même un cri articulé ! On dirait, je ne sais pas... "Vive les marmottes" , un truc comme ça...vous avez aussi un club d'amateurs de marmottes dans le coin , Miss Maricocu ?

- Volage ! Miss Marivolage, si ça ne vous fait rien M. Morse !!! Non, nous en avions un mais il est parti s'installer dans le Kohlantashire quand les détrousseurs de papillons nains ont débarqué.

Horse colla son oreille contre la porte.

- Horreur ! Enfer et damnation ! Sang et tripes ! Fish and Chips ! Je comprends !

Toujours en retard d'une guerre, je posais la question qui me brûlait les gencives:

- Depuis quand n'êtes vous plus allé chez le coiffeur, Horse ? Vous avez l'air d'un porc-épic !

Ce disant, je m'approchais de la fenêtre et écartais le rideau.

- Y'a une bande de zèbres avec des cornes, là dehors ! Ils portent des torches, n'ont pas l'air commode, sont armés de couteaux à lame courbe, ont mauvaise haleine et psalmodient je ne sais trop quoi !

Horse me rejoignit de sa démarche féline de fauve au long cours.

- Quelle abomination, Hansom ! Indiscutablement il s'agit de ces horribles sacrificateurs de pucelles !

Le cri terrifiant de tout à l'heure s'était transformé en une sorte de lente mélopée qui évoquait un arrangement musical de "Le bon, la brute et le truand" par Frank Pourcell et son orchestre.

- Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazaldjott, Vazal...

- C'est long, fit remarquer Horse en aidant Miss Marivolage à s'épiler les sourcils.

Une voix de tonnerre, grave et grêle à la fois, se fit entendre par dessus le tumulte bourdonnant.

- Nous sommes venu te prendre, Mary Violet Marivolage ! Tu seras l'ultime sacrifice au grand Vazaldjott ( on a plus vraiment le choix, tu es la dernière vierge du village et probablement du pays ) ! Grâce à toi, le règne de la terreur va commencer ! Le pouvoir de Vazaldjott coulera dans nos veines! Nous serons les maîtres du monde ! Ce sera le chaos: des disques de Dalida sur toutes les fréquences radio, du sucre dans la mayonnaise, des orteils dans les pots de yaourt, la moustache obligatoire, du foot tous les soirs à la télé, le retour de Danièle Gilbert sur TF1 !

L'homme qui s'exprimait ainsi était un gros barbu à la silhouette filiforme. Manifestement, un Grand Prêtre ou quelque-chose de ce genre.

- Il nous faut ton sang de vierge, Mary Violet Marivolage, afin de pouvoir étendre sur le monde notre règne de terreur, répéta l'ignoble individu.

Shamrock Horse se rua vers la cheminée, s'empara du tisonnier et se frappa violemment le front.

- La solution à nos problèmes est évidente, Hansom ! dit-il en coulant un regard en coin à notre hôtesse en train de se sècher avec une serviette éponge. Vous savez ce qu'il vous reste à faire , mon brave ami ! Votre sacrifice ne sera pas vain !

Pour une fois, je compris immédiatement ce que l'on attendait de moi. Enfin une mission à la hauteur de mes capacités !

En moins de temps qu'il n'en faut pour lire une interview de Truman Capote dans Playboy, Miss Marivolage n'était plus vierge !!!

Chapitre final

Horse ouvrit la porte de l'ancienne maison des sept nains et toisa la meute de sectateurs démoniaques.

- Messieurs, il est trop tard ! Mon ami, le docteur Hansom, dont la réputation de Don Juan s'étend sur plus de quatorze continents et leur banlieue immédiate, vient de rendre le sang de votre victime potentielle totalement inutilisable pour vos petites cérémonies !

Un murmure de désaprobation, entrecoupé de quelques considérations sur la météo et d'un ou deux commentaires acerbes sur le dernier disque de Céline Dion, parcourut les rangs des adorateurs de Vazaldjott.

- C'est pas du jeu, fit le Grand Prêtre.

- Fait froid, rétorqua un de ses disciples.

- J'en ai marre de toute cette histoire, ajouta un troisième. Il me reste quelques lasagnes à la maison et j'ai loué le DVD du remake de "La Malédiction". On pourrait se faire une soirée pèpère ?

- Oh oui ! scandèrent tous les autres d'une seule voix.

- C'est ça, tonna Shamrock Horse debout sur le seuil de la maison, bras croisés, son énergique visage découpé par la lueur des torches, ses chaussettes dépareillées soigneusement cachées par l'ourlet de son pantalon. Rentrez chez vous, bande de galopins ! Et que je ne vous y reprenne plus à jouer les démons cornus sur les landes et dans les sous-bois !

Le Grand Prêtre s'indigna.

- Ah non ! C'est de la pure calomnie ! Sur les landes, je ne dis pas, mais dans les sous-bois, ça n'est jamais arrivé ! On aurait même voulu que ça n'aurait pas été possible: y'a pas de sous bois dans la région.

- Il suffit ! Chenapans que vous êtes ! Filez ! Et que je n'entende plus jamais parler de vous sinon vous vous en repentirez, parole de Shamrock Horse!

Lentement mais sans précipitation exagérée, la meute de fous furieux s'en alla, les épaules basses, les oreilles pendantes et la queue entre les pattes.

- Une affaire rondement menée, Hansom ! me dit le Grand Détective en se tournant vers mon visage rouge et suant, illuminé par un sourire béat.

- Z'auriez pas une cigarette, Horse ?

Epilogue de la conclusion

Notre retour à Londres coïncida avec le début des sinistres exploits de Josélito Dancinger, le tueur au toaster, qui s'en prennait principalement aux couturières à la retraite prénommées Isobel. Mais ceci est une histoire que je vous conterai ultérieurement. Quoique...en deux mots, Horse a attrapé ce dingue en utilisant une boîte de cassoulet comme appât et, au cours d'un combat épique qui opposa les deux hommes, Josélito Danciger trouva la mort en tombant la tête la première dans une cuve de choucroute.

Adendum au chapitre inutile

Nous avons oublié de signaler, dans le chapitre consacré à la confection de cette vieille recette ardennaise, que, pour relever un peu ce met délicat, vous pouvez à la rigueur, rajouter un brin de persil.

Petite page culturelle

"Vasse à l' djotte" est une expression typiquement wallonne qui, traduite littéralement, signifie " Va aux choux !" et dont le sens véritable est " Va au diable!".



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