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Accueil » Fictions » Le Club des Ames Charitables
par
Claudine Garnier
Ses autres fictions
Le Club des Ames Charitables Juin 3, 2006
Illustrations © Lysander


L'hiver était déjà là avec ses bourrasques de vents violents. Un brouillard épais enveloppait Londres et lui donnait un air sinistre.
Sherlock Holmes était déjà en manque d'activité et brassait ses journaux avec agacements. J'essayais de garder mon calme sur le tapage qu'il faisait pour me concentrer sur mon journal.

- HA ! Souffla sinistrement Holmes, rien, rien à analyser ! Rien !

Et il jeta le journal, comme à son habitude lorsqu'il n'y trouvait pas de quoi assouvir sa quête, en travers de la pièce.

Allumant sa pipe, il regardait dehors :

- Regardez-moi cette purée de pois ! Cela est pourtant un temps propice à toute espèce de crime, un appel au meurtre ! Et bien non, les Londoniens et leurs assassins préfèrent se terrer, restant bien au chaud !! Il n'y a rien ! Rien du tout ! Il ne se passe vraiment rien ! Qu'arrive-t-il donc à cette ville ?

Il errait alors de long en large à travers le salon avec sa longue robe de chambre ; l'odeur de pipe le suivait.
Je tentais de le rassurer car je sentais que l'appel de la cocaïne commençait à se faire sentir et je ne pouvais tolérer un tel carnage sur un cerveau si prestigieux :

- Attendons Madame Hudson, peut-être aurons-nous du courrier aujourd'hui ?

- Cela fait déjà 10 jours que nous ne recevons rien ! 10 longs jours qui ramollissent mon cerveau, qui le tuent à petit feu par l'inactivité !

- Soyez patient Holmes, peut-être que l'attente vaut le coup ?

- Je ne vois pas en quoi !!

Il s'assied face à son bureau, ses yeux déjà attirés par le tiroir?

Soudain, un bruit attira son attention' Il se leva agile comme un félin et colla son nez à la vitre : oui, un fiacre s'était arrêté juste devant la porte du 221B Baker Street !

Un grand sourire de victoire illumina soudain son visage si pâle et inquiet.

- HA HA Watson ! Nous avons de la visite et d'après ce que je peux voir de la fenêtre, cela m'a l'air un client bien élevé dans notre hiérarchie de Londres, et vu l'heure si matinale de sa venue, l'objet de sa visite semble urgent ! ha ha !

Et comme un gamin joyeux, il se rua dans sa chambre se faire une toilette rapide et s'habiller.

Je me détendis enfin : soulagé de ce client bienvenu dans tous les sens du terme !!!

- Madame Hudson ! Hurla-t-il ! MADAME HUDSON !!!

Le petit pas léger de notre logeuse se fit entendre dans les escaliers de l'appartement...

- Oui, Oui, Monsieur Holmes, j'arrive !

Elle frappa et sur mon - « Entrez », entra :

- Madame Hudson, nous avons un invité, du thé bien chaud, avec de quoi manger, j'ai faim !!! Hurla-t-il de sa chambre alors qu'il nouait son n'ud et lissait ses cheveux.

Ha, avec Madame Hudson, nous eûmes un petit sourire complice car enfin Holmes se décidait à manger ! Rassurant donc pour lui et pour nous. Il allait être enfin de meilleure humeur et surtout n'errerait plus autour de cette fameuse table qui contenait son 7% de cocaïne comme un fantôme en quête de son âme ? maléfique !!! Cela ne lui faisait que du mal et aggravait son état déjà bien fébrile, nerveux, instable et hyperactif !

On frappa à la porte : Holmes se précipita dans le salon, s'attenant à la cheminée, debout, le visage soudain si professionnel pour son entrée en scène tandis que je me levais de mon fauteuil si confortable pour ouvrir la porte.

Un homme d'âge mûr, d'une cinquantaine d'années, vêtu d'un par-dessus sombre et récent, visage rose et souffle court certainement dû à un c'ur fragile, entra.
Il avait le visage grave, blafard, inquiet et ses yeux rouges en disant long sur les nuits blanches qu'il venait de passer. Il semblait très fatigué, au bout du rouleau.

- Bonjour, Messieurs, je suis Charles Stefens et je souhaiterai parler à un Monsieur Holmes ! dit-il en ôtant son chapeau modestement et en le tournant nerveusement dans ses mains.

- Je suis Sherlock Holmes et voici mon associé et ami, le Docteur Watson. Holmes s'avança, lui serra la main.

- Asseyez-vous, Monsieur lui dis-je, car il semblait si livide que j'eus la crainte qu'il ne défaillât.

- Merci, Monsieur !

Holmes observa vite, mais discrètement, quelques petits détails sur cet homme de bonnes conditions financières.
Ses vêtements étaient visiblement faits sur mesure par un tailleur dont la coupe ressemblait fort à celle de Landston : tailleur préféré des industriels, boursiers et quelques hommes de bonne notoriété de Londres, c'est-à-dire de personnes dont les revenus n'étaient pas à plaindre. De plus, la possession d'un fiacre privé n'était pas à la disposition de n'importe qui.

Cet homme était certainement trop généreux à en oublier d'être coquet et de paraître aux yeux de la société : il n'y avait rien de trop esthétique sur lui.

Son inquiétude semblait être liée avec le petite fermoir fermé, qu'il faisait tourner dans une de ses mains, certainement une photo d'un proche : une femme ou un enfant.
Il semblait cependant être souffreteux, affaibli depuis un moment car des symptômes trahissaient certainement une maladie de c'ur : ses lèvres étaient bleutées, la couleur des ses ongles sombres ; sur son visage livide, des cernes sombres entouraient des yeux noisettes ridés bien tristes. Une lueur révélatrice de son mauvais état de santé décida Holmes d'être prudent et attentionné envers ce client bien fragile.
Bien que son visage semblait être celui d'un homme âgé jovial, généreux et d'une grande gentillesse, à cet instant, seule l'angoisse et le désarroi marquaient ses traits.

Il semblait reprendre son souffle, puis :

- Je viens sur les conseils de Madame Piridge, ma voisine : elle m'a dit combien votre aide lui a été précieuse, dans l'arrestation de l'assassin de son mari, et, m'a fait part de votre discrétion, elle m'a dit qu'il n'y avait que vous qui pourrait me secourir, Monsieur !

- Remerciez Madame Piridge de ma part ! Nous pouvons maintenant en venir à votre problème !

- Excusez-moi, Messieurs, mais je suis si inquiet et affecté !

- Prenez votre temps, Monsieur Stefens, et expliquez-nous les raisons de votre visite ! dit Holmes d'un ton doux légèrement impatient.

- Voilà, messieurs, dit-il larme à l'oeil, ma fille unique a disparu depuis 2 jours. et il se mit à sangloter.
Je me précipitais sur un verre de cognac, que je lui remis, et tentait d'apaiser sa peine tandis que Holmes lui montrait un visage plus doux et compatissant.

- Excusez-moi, Messieurs, je suis un vieux bonhomme, je n'ai que mon enfant dans ma vie ! Cela me touche tant !

- Je comprends, Monsieur Stefens ! Calmez-vous et dites-nous un peu plus car nous ne pourrons vous aider que si vous nous racontez tous les faits de ce qui vous arrive !

- Oui, Monsieur, oui ? bien ? voilà..

Il prit une grande bouffée d'air et commença à raconter son histoire :

- Je suis issu d'une modeste famille. Ma fortune me vient de ma défunte femme et pour sa mémoire, j'ai crée une organisation de soutien aux pauvres, aux ex-détenus, aux malheureux car cela nous tenait tous deux beaucoup à c'ur ! Il y a tant de travail à faire dans ce bas monde, Messieurs, et peu tente de secourir ces pauvres malheureux !

- C'est tout à votre honneur, Monsieur ! Rétorqua Holmes.

- Je suis donc le Fondateur de l'organisation - le Club des Ames Charitables ? dont vous avez peut-être entendu parler ? - et ma fille, jeune femme de 20 ans, Helen, est une de mes collaboratrices.

J'ai plusieurs associés et comme ma fille, en tant que femme, n'a pas le droit de siéger, je lui laisse des tâches annexes mais aussi un droit de regard, et de contrôle certain, sur l'ensemble du Club dont le but est d'aider des pauvres âmes.

Il y a deux jours, comme à notre habitude, nous avons eu une réunion : réunion qui a lieu une fois la semaine afin de faire un petit résumé et superviser les objectifs à atteindre. Ma fille, vivant avec moi au manoir de Winchester, à quelques miles donc du Club ? je suis veuf Monsieur Holmes depuis déjà de nombreuses années ? est partie avec moi, comme à l'accoutumée ? bien que je la trouvais fatiguée et troublée ? pour cette réunion matinale.

Elle avait avec elle ses blocs de papiers et de documents, ses vêtements stricts du Club ? car vous devez comprendre que la coquetterie doit être au minimum pour ne pas choquer ces âmes ou même mes associés ? une robe sombre qui d'ailleurs lui allait à ravir ? ma fille est une jolie personne, Monsieur, avec un beau chignon blond, les yeux noisettes, une charmante lady, discrète avec de bonnes manières mais ? (il sourit un peu, les joues rouges) d'un caractère bien à elle ! ? et malgré son visage blanc, elle me souriait et semblait bien.

Nous avons donc participé à la réunion et puis, soudain, quelques minutes après qu'elle eut commencé, mon cocher entra dans la salle ? quelque chose qu'il ne faisait jamais mais seule était autorisée l'urgence - vint voir ma fille pour lui transmettre un pli urgent.
Helen, qui était assise à coté de moi, le prit, le déplia discrètement. Elle a semblé blêmir et s'est excusée, s'est levée et a quitté précipitamment la salle de réunion sans un mot. Il est vrai que nous étions en plein débat sur la réhabilitation sociale des détenus ? nous travaillons beaucoup en ce sens, Monsieur, car nous croyons que le remède est là et non pas à toujours donner du bâton ! - donc je ne me suis pas arrêté sur ce petit fait.

Une fois la réunion achevée, au bout d'une petite heure, nous sommes tous sortis pour vaquer à nos tâches respectives, et donc, Je m'attendais à voir ma fille de retour ? car nous devions travailler ce matin-là ensemble - dans le corridor une fois cette petite réunion finie mais elle n'était pas là tandis que mon cocher m'annonça qu'elle avait dû partir, prendre un autre fiacre et cela sans un mot. Ce qui m'étonna car elle ne partait pas souvent seule et surtout sans notre fiacre familial !!

Ce n'est pas du tout dans les habitudes de mon enfant, Monsieur Holmes, et là, j'attendis l'après-midi, le soir, la nuit, le lendemain, une autre nuit cauchemardesque où j'envisageais le pire ? sans une nouvelle, sans rien ! Je devins fou !

Comme je vis à Winchester, et sur les conseils avisés de ma voisine, je décidais de partir sur le champ vous voir et requérir votre aide, puisque je ne peux pas faire confiance en la police ! Ma fille est une jeune femme et donc je sais qu'ils préféreront attendre ou laisseront cette disparition dans les oubliettes, comme c'est la coutume ici !

Je ne peux pas attendre plus longtemps, Monsieur Holmes, je sais que quelque chose est arrivé à mon enfant, je sais qu'il y a quelque chose de grave, qu'elle est en danger ! Je vous en prie, aidez-moi !!!
Le pauvre homme but une gorgée de son cognac ayant soudain le souffle court.

Holmes se leva, songeur, regarda la fenêtre et sans se retourner, demanda :

- Est-ce que votre fille a un fiancé ? Des ennemis potentiels ? Quelqu'un qui chercherait à vous toucher en l'enlevant ?

- Oh, ma fille s'était fiancé avec mon second, Monsieur Conroy, et récemment, ils ont dû rompre.

- Pour quelle raison ?

- Tout d'abord, j'avoue laisser ma fille un peu libre de ses choix et décision : un père âgé n'a pas la force d'être toujours l'ombre de son enfant !! Et ma fille est très capable de se gérer seule ! Elle est une personne très compétente, Monsieur !!
Donc, elle ne m'a pas donné de raisons précises à cette rupture, mais, je pense que leurs fiançailles ont dû durer trop longtemps ? cela durait depuis ses 18 ans ! - et l'amour s'est envolé ! Je pense ! Car vous connaissez les jeunes filles, Monsieur, elles sont comme des papillons : un jour elles auront envie de cette fleur et puis soudain elle rêve d'une autre !! - Comme elle est encore jeune, je n'en ai pas tenu rigueur et puis Monsieur Conroy est du style jeune ambitieux, un peu trop à mon goût ! Mais ils se sont séparés sans animosité aucune !

- D'aucune dont vous pourriez être informé ! Et les ennemis potentiels que vous pourriez avoir ?

- Ecoutez, Monsieur Holmes, il y a toujours des gens plus ou moins jaloux ou négatifs mais de là à les appeler ennemis !

- Avez-vous un bras droit attitré ? Quelqu'un susceptible de prendre votre relève ?

- Oh, il y aurait ma fille, car elle est très forte pour me seconder, bien que Monsieur Conroy, en tant que Fiancé et futur marié ? s'ils n'avaient pas rompus - semblait avoir des qualités requises pour ce poste !
Maintenant que ces fiançailles sont rompues, mes biens et le Club ne peuvent revenir qu'à ma fille et son futur époux.

- Que pensez-vous de votre fille ? Se confie-t- elle facilement ?

- Ma fille est, il est vrai, une petite personne bien indépendante et je me rends compte, maintenant qu'elle a disparu, qu'elle ne se confiait pas beaucoup ! Oh, je doute qu'elle me cache de gros secrets, et puis, à son âge, je crois qu'elle est en droit d'avoir son jardin secret ! Elle est discrète mais très efficace au travail !

- Donc, vous ne voyez aucune raison à son départ ou disparition ?

- Non, Monsieur ! Aucune, que je sache ! A part le petit pli qu'elle a reçu !

- Qui l'a reçu en premier ?

- Mon cocher, Monsieur !

- Bien ! Je pense que nous allons tout d'abord vous rejoindre chez vous, dans la journée, afin de faire de petites recherches dans votre demeure et au Club où, j'espère, nous pourrons interroger toutes les personnes susceptibles de nous aider dans notre enquête ! Nous vous donnons rendez-vous cet après-midi, chez vous, à Winchester ! Il faudra nous laisser carte blanche sur l'enquête, sur tout, est-ce clair ?

Le visage du vieillard s'éclaira enfin un peu soulagé, ravi et serrant son chapeau sous le coup de l'émotion :
- Oui, Monsieur Holmes, bien sûr ! Je vous laisse libre de tous mouvements ! Je vous remercie de tout mon c'ur d'accepter de m'aider ! Je veux revoir mon enfant vivante, Monsieur Holmes, ramenez-la moi et je vous en serais éternellement reconnaissant !!!

- Ce sera donc tout pour le moment ! Au revoir, Monsieur Stefens, et à cet après-midi !

Déjà Holmes, se levait pour allumer une de ses pipes, ignorant son client un peu surpris de son ton soudain sec, cherchant un doux regard compatissant et rassurant que je fis. Je raccompagnais donc notre client et, refermant la porte derrière lui, je m'adressais à mon ami :

- Triste affaire, n'est-ce pas, Holmes ?

- Hm'il faut espérer que non, Watson ! Mais il peut s'en passer des choses en deux jours !
MADAME HUDSON ! Hurla-t-il soudain.

Ses yeux étaient à l'affût : il avait visiblement une idée.

Heureusement, notre logeuse était d'une grande patience. Elle rejoignit cet appel typique de Holmes :

- Oui, Monsieur Holmes ? dit-elle en ouvrant à moitié la porte.

- Appelez-moi George s'il vous plait !

Elle obéit et appela le cocher de la rue qui se précipita dans le salon :

- Je peux vous aider, Monsieur ?

- Comme d'habitude, allez-me chercher nos petits garnements !!!

- Bien, Monsieur !

Puis, quelques minutes plus tard, une petite armée de jeunes pauvres enfants de la rue, vêtus de vêtements déchirés, le visage crasseux mais les yeux malicieux se rua dans le salon. Très respectueux de leur chef, qu'était Holmes, s'alignèrent, comme à l'armée tandis qu'un gamin plus âgé, s'approcha de Holmes :

- On est là, Monsieur Holmes, qu'est ce qu'on peut faire pour vous ?

Holmes s'approcha d'eux, marchant le long de cette lignée de gamins, avec un regard si doux et compatissant envers ces gamins si efficaces dans leur travail et si courageux :

- Voilà déjà une pièce pour chacun. Ensuite, si vous me trouvez quel cocher ou fiacre s'est arrêté au Club des Ames Charitables, près de Winchester, il y a deux jours, le matin, et surtout, QUI a pris la demoiselle Stefens, je vous donnerai 3 pièces chacun ! Je veux de l'efficacité et de la rapidité car la vie de cette jeune dame peut en dépendre, est-ce clair ?

Sherlock, se pencha à la hauteur de jeune gamin, meneur du groupe, avec un léger sourire de complicité.
- Pas de problème Monsieur Holmes !

- Surtout revenez dès que vous avez quelque chose ! Si nous ne sommes pas encore de retour, transmettez le message à Madame Hudson ! Surtout, agissez vite !

Les gamins disparurent aussi vite qu'ils étaient arrivés tandis que nous nous préparions pour notre voyage chez notre client.

Durant notre trajet dans le fiacre, Holmes décida du plan à mener :

- Nous devons connaître tout de cette jeune fille, du Club, qui côtoyait-elle, qui a-t-elle vu la dernière semaine, qui est ce soi-disant fiancé, ses contacts ? Tout !

- Croyez-vous qu'elle soit en danger ? Demandais-je.

- Tout peut arriver, John ! Son départ précipité peut avoir plusieurs explications mais on sait que l'origine de tout cela est ce billet reçu !! Lorsque nous en serons plus à ce sujet et quels charmants satellites survolent son orbite, nous en serons un peu plus ! Hélas, Watson, nous pouvons toujours envisagé le pire car le pire peut toujours arrivé même dans le moment le plus insignifiant et banal !

- Peut-être a-t-elle fugué avec un fiancé caché ?

- La porte reste ouverte à toutes éventualités mais nous devons nous cantonner aux faits Watson ! Aux seuls faits que nous pourrons disposer !!

Le fiacre s'arrêta devant la propriété de Monsieur Stefens, qui nous attendait déjà sur le patio de l'entrée, visiblement impatient de notre arrivée.

Nous en descendîmes tandis qu'Holmes, sans perdre de temps :
- Je voudrais voir votre cocher, la chambre et bureau de votre fille !

Puis il s'adressa à moi :
- Watson, précipitez-vous au Club étudier tous les documents dont Mademoiselle et son ex-fiancé avait un droit de regards ou sur lesquels ils travaillaient et je vous y rejoindrais car je dois interroger certaines personnes !

Monsieur Stefens, avez-vous fait le nécessaire pour nous puissions, notamment mon associé, avoir accès à tous documents ? même confidentiels ? de votre Club ?

- Bien sûr, Monsieur Holmes !

Je connaissais Holmes et son dynamisme : je ne devais pas perdre de temps et donc immédiatement, je remontais dans le fiacre afin de faire mes petites investigations dans le Club.

J'espérais que Holmes trouve quelque chose de concret sur cette pauvre jeune fille disparue ! Sur le chemin qui me menait au Club, je réfléchissais à ce qui avait dû se passer.
On savait qu'elle n'avait pas été enlevée ou forcée mais avait été contactée par quelqu'un : elle avait dû partir à cause de cette note. Donc avait-elle disparu à cause de l'expéditeur de ce pli ? A cause de la raison même du pli ? Durant le trajet ? Avait-elle réellement disparu ou s'était-elle absentée sans rien dire à son père, particulièrement protecteur voir presque surprotecteur ? Si oui, pourquoi ne donner aucun signe de vie ? Au moins, était-elle encore en vie ? Pauvre jeune fille sans défense !!

Finalement, mieux valait étudier ce que je pouvais analyser de concret que de tenter de m'imaginer tout et rien car mon esprit s'emballait et ne donnait rien de bon !

Le fiacre me déposa donc devant un grand immeuble sombre. Le Club se composait de 3 étages avec un hall d'accueil, au rez-de-chaussée particulièrement luxueux et convivial.
Monsieur Munitz, l'homme à qui il avait donné ordre de me guider et de me donner tout ce que je pouvais avoir besoin dans les recherches, me guida directement dans les bureaux de Monsieur Stefens, me montra le bureau de Mademoiselle Stefens, de Monsieur Conroy : en découvrant ces lieux si grands et spacieux, je fis une rapide analyse : j'allais avoir beaucoup de travail, à étudier les documents qu'un tel espace pouvait contenir !!!

Je savais que Holmes me rejoindrait un peu plus tard, dans la journée, mais je me doutais bien qu'il allait en priorité interroger Monsieur Conroy et les membres du personnel de ce Club si charitable.

Plus tard, Holmes me raconta ses propres recherches dans la demeure de Monsieur Stefens.

Avant toute observation des lieux, il interrogea les principaux concernés : le cocher, qui remit le pli à Mademoiselle Stefens et sa femme de chambre, Lisebette dont les confidences pouvaient toujours aider.

Encore dans l'entrée, Holmes ne perdit pas de temps à interroger le cocher, grand homme d'âge mur, visage fermé, avec une prestance impressionnante, presque inquiétante, on sentait beaucoup de force en cet homme, son regard était sombre, méfiant mais Monsieur Stefens semblait très attaché à cet homme car il n'en fit que des éloges.

- Vous travaillez depuis longtemps pour Monsieur Stefens ? demanda Holmes alors que l'homme nattait des lanières de cuir pour le cheval et semblait impatient de retourner au travail, à l'extérieur.

- Assez !

- C'est-à-dire ?

- Depuis très longtemps ! L'homme n'était pas très bavard et Holmes sentait qu'il se méfiait de lui.

- Ecoutez, Monsieur ? Monsieur ?

- Johns !

- Monsieur Johns' Je ne suis pas là pour vous infliger, vous menacer ou vous remettre en prison ?

Le cocher fut visiblement surpris que Holmes avait deviné ce secret que son patron avait toujours protégé? Holmes le rassura :

- Non, Monsieur Johns, ce n'est pas votre Maître qui me l'a révélé : il vous apprécie beaucoup trop pour cela !

- C'est un bon Maître ! Comment le savez-vous ? Et qu'est ce que vous voulez de moi exactement ? J'ai beaucoup de travail et je n'aime pas passer mon temps à parler ! lanca-t-il d'un ton bougon et faisant comprendre à son interlocuteur qu'il n'avait pas peur de lui.

- Il y a des signes qui ne trompent pas, Monsieur Johns : tout d'abord, les cicatrices que vous avez aux poignets sont celles de fers qui ont été accrochés à long terme et de manière très régulière : vous avez dû donc logiquement subir une longue peine de prison dans les pires cachots de Londres ; ensuite, la manière dont vous attachez votre pantalon : seuls des prisonniers utilisent cette technique avec une corde car ils n'ont accès à aucun cuir en prison ; Enfin, le tatouage que vous avez tenté d'effacer le long de votre cou : celui de la bande des Têtes Noires, bande de célèbres voleurs qui agissaient dans les rues de White Chapel il y a environ une vingtaine d'années et dont, d'après les informations que j'ai pu recenser, tous les membres avaient été arrêtés ou tués !
Si vous êtes encore de ce monde, cela signifie que vous êtes de ceux qui ont survécu et qui ont passé un moment en prison ; certainement emprisonné très jeune, vous avez dû être libéré quelques deux décennies plus tard, et comme Monsieur stefens croit ? ainsi que feu Madame Stefens ? à la réinsertion de détenus, ils vous ont pris sous leurs ailes et vous ont donné une seconde chance ! Est-ce exact, Monsieur Johns ?

L'homme soupira, et convaincu, que Holmes ne lui voulait pas de tort ni à lui ni à son Maître, acquiesça d'un signe de tête qu'il allait répondre à ses questions.

Debout, il s'adossait au mur faisant face à Holmes :

- Ok, posez vos questions, tant qu'il s'agisse d'aider mon Maître, je répondrai, quant au reste, cela ne vous regarde pas ! J'ai payé ma dette et Monsieur Stefens m'a donné ma chance et je l'ai toujours respecté pour cela !

- Je n'en doute pas car ce qu'il y a parfois de particulier chez d'anciens membres de gangs est ce sens de la loyauté ! Du moins chez certains ! Je crois donc que vous êtes toujours resté à votre place, gardant un grand respect pour cette famille.
Donc, si vous êtes dans cette famille depuis longtemps, vous devriez capable de m'en dire un peu plus sur Mademoiselle Stefens, ses contacts, son ex-fiancé et bien sûr, sur ce pli que vous lui avez remis lors cette réunion !!

- J'évite de me mêler de leur vie privée : Monsieur et Madame Stefens m'ont embauché et m'ont fait confiance et donc je les remercie en faisant mon boulot, rien de plus !
Je n'espionne personne donc je ne peux pas vous dire grand-chose !

- Mais encore ? Holmes répond sur un ton plus sec, impatient.

- Mademoiselle Stefens a sa manière de voir les choses tandis que Monsieur Stefens a la sienne, je n'en dirai pas plus sur eux ! Par contre, Monsieur Conroy est un arriviste, une sangsue !

- Que voulez-vous dire par là ?

- Il est ce de ceux que vous rencontrez partout sur les marches de la bourse : il aime l'argent et est très attiré par le pouvoir !

- Donc vous insinuez qu'il se serait fiancé à Mademoiselle Stefens pour son argent ?

- Je ne sais pas ! Je décris juste Monsieur Conroy comme je le ressens !

- Et ce fameux pli ? Qui vous l'a remis ? Saviez-vous ce qu'il contenait ?

- Un gamin de la rue et non, je ne lis pas les courriers personnels. Je devais le remettre en main propre !

- Vous n'avez pas demandé qui était l'expéditeur ?

- Non.

Holmes termina donc son interrogatoire avec le cocher. Suivit ensuite la femme de chambre, Lisebette, une jeune fille très timide, qui rougissait dès qu'on s'adressait à elle et répondait d'une voix très fluette. Vêtue de son uniforme, elle pénétra timidement dans le patio :

- Monsieur Stefens me fait dire que je dois répondre à vos questions, Monsieur !

- Quelques unes en effet ! Vous êtes la femme de chambre de Mademoiselle Stefens depuis combien de temps ?

- Quelques mois, Monsieur.

- Comme toutes les femmes de chambre, votre maîtresse a dû vous transmettre quelques secrets ou confidences, pensez-vous pouvoir me dire tout ce qui pourrait nous aider à retrouver Mademoiselle Stefens ?

- Je ferai de mon mieux, Monsieur !

- Bien ! Quelle est la personne que Mademoiselle voyait le plus souvent ?

- Monsieur Conroy, Monsieur !

- Même après avoir rompu leurs fiançailles ?

- Oui, Monsieur !

- Savez-vous pourquoi ces jeunes gens ont rompu leurs fiançailles ?

La jeune servante parue embarrassée ...

- C'est que Mademoiselle m'avait fait promettre de ne rien dire, Monsieur ?

Elle était toute rouge ?

- Sachez que je garderai pour moi tout ce que vous me direz : nous souhaitons juste tous deux aider Mademoiselle Stefens qui, à cette heure, peut peut-être se trouver en danger, et donc, tous ce que vous pouvez me dire, maintenant, peut nous permettre de la trouver à temps et surtout de savoir ce qui a pu bien se passer !!

- Oui, Monsieur, je comprends ! Bien, Mademoiselle m'avait fait cacher des lettres, Monsieur, des lettres qu'elles disaient de menace contre elle et Monsieur Stefens et comme elle s'inquiétait de la santé de Monsieur, elle ne souhaitait pas que Monsieur l'apprenne car cela pouvait lui faire du mal.

- Des lettres de menace ? Les avez-vous vu ? Que savez-vous de ces lettres ?

- Peu de choses, Monsieur, car Mademoiselle les avait bien ficelées mais ma tâche était de les enterrer dans le jardin.

- Voulez-vous me montrer à quel endroit ? Nous y allons de suite !! Vite ! Vite !

Et la jeune servante se précipita dehors. Suivie de Holmes, elle s'approcha du petit parc de rosiers situé tout près de l'écurie, parc de rosiers que Madame Stefens avait crée pour elle-même.

Lisebette regarda autour d'elle afin d'être sûre de n'être vue de personne, calcula 3 pieds de rosiers rouges et creusa près de ce troisième rosier rouge. Agenouillée, elle creusa quelques minutes et accéda à une petite boite de métal ?

- J'espère que l'humidité n'a pas détérioré toutes les lettres car ces lettres pourraient être un morceau de l'énigme !! lança Holmes un genou par terre, aidant la jeune femme agenouillée à nettoyer la boite métallique, bien hermétique.

- Pourquoi les avoir cachées ? Pourquoi ne pas les avoir brûlées ? bien qu'elles vont nous être d'un grand recours, cela aurait été plus logique si Mademoiselle Stefens voulait garder le secret, non ?

- Mademoiselle m'avait juste dit que personne ne devait les voir mais elle les gardait car elle voulait savoir qui les avait envoyées. Elle ne m'en dit pas plus, Monsieur : juste que ces lettres étaient des lettres de menaces et que je devais les cacher en dehors de la maison.

- Merci, Lisebette ! Vous m'avez été d'une aide très précieuse ! Vous pouvez retourner à vos occupations habituelles !

Toute fière, la jeune servante disparue du parc laissant un Holmes impatient d'ouvrir ce précieux paquet, ses mains déficelèrent avec précaution le paquet de lettres que contenaient la boite en métal non verrouillée.

Puis, lorsque son regard commença à lire le contenu de certaines des lettres, on entendit sa voix enjouée hurlée de victoire :

- Ha ! Ha !!! Je commence à comprendre une partie de cette histoire !!

Et fébrile, il refermer le tout qu'il dissimula sous sa longue veste de tweed.

Il ne lui restait plus qu'à faire quelques recherches à l'intérieur : Il inspecta la chambre de Mademoiselle Stefens. Il y trouva une étrange bouteille, un remède, semblait-il. Il l'a pris entre ses doigts, lut ce qui était inscrit : Huile de Chaulmoogra.

Ses recherches achevées dans le manoir, il pourrait rassembler tous les autres morceaux du puzzle qui lui manquaient : deux se trouvaient entre les mains de Watson et ensuite des Baker Streets Irregulars !!

**

J'étais encore au beau milieu des livres de comptes et de dossiers gérés par Mademoiselle Stefens et Monsieur Conroy quand j'entendis :

- Alors Watson, qu'avez-vous trouvé d'intéressant ???

Le sourire aux lèvres, Sherlock Holmes était devant moi et était arrivé au Club depuis un moment déjà, il m'avait observé depuis de longues minutes sans que je perçoive sa présence tant j'étais absorbé par ce que je faisais.

Il était presque l'heure de dîner et je devais bien avouer que je l'attendais de pied ferme. J'étais affamé et j'avais besoin de repos !!

- Haaaa Holmes ! Enfin !!! Je n'attendais que vous, mon ami, pour aller dîner car je suis affamé !!!

- Pas encore, Mon ami, pas encore !!! Nous avons encore du travail à terminer !! Donc qu'avez-vous trouvé dans ces masses de chiffres et de papiers ?

- Et bien, je ne suis pas un expert mais d'un coup d'oeil, on peut se rendre compte que Monsieur Stefens ne doit pas être homme à suivre ses livres de compte et semble faire trop confiance à ceux dont il a chargé de le faire !

En effet, peu de mandats, de billets à ordre, de chèques, de dépenses ont été faits de ses mains ou même signés de ses mains ! C'est ce qui m'a surpris dès que j'ai mis le nez dans ces documents : seules deux personnes ont plein contrôle des comptes et plein accès à ces livres, Monsieur Conroy et Mademoiselle Stefens !

Monsieur Conroy semble avoir la main large sur les fonds du Club : ces factures en son nom, faites par Mademoiselle Stefens, prouvent bien que nos deux tourtereaux abusent de leur situation et des fonds du Club !!

Je m'attendais à ce que Monsieur Conroy ou un autre membre ? car cela s'est vu de nombreuses fois par la passé ? tente de détourner quelques fonds pour son usage personnel mais là, la complicité de Mademoiselle Stefens ne fait aucun doute puisque ces documents, celui-ci et celui-là ? J'étalais toutes mes preuves sur la tables déjà bien remplies de documents éparpillés - sont signés de sa main !

Je pense donc que Mademoiselle Stefens a dû être influencée voire menacée par cet homme !!

- Pourquoi ? Vous connaissez si mal les femmes Watson !! Vous les croyez toujours innocentes de tout ! Cette femme ne me semble pas être de celles que l'on force ! De celle que l'on peut manipuler, peut-être, puisque j'en ai la preuve, mais innocente et naïve, j'en doute Watson !!!

- J'ai ensuite constaté que Monsieur Stefens ne devait gérer que les actions sur le terrain, peu de documents officiels, car je ne vois presque pas sa signature sur les documents que j'ai pu obtenir !

Même si cela n'est pas encore officialisé, Monsieur Stefens semble avoir perdu une bonne partie du contrôle de son Club, sans s'en rendre compte, qui d'un coup d'oeil, aidé de beaucoup de dons, rapporte grandement depuis ces dernières années !!

Ce document met d'ailleurs ce bon Monsieur Stefens dans une position délicate : regardez cette pétition faite par Monsieur Conroy, second de Monsieur Stefens : elle déjà été signée par la moitié des membres du Conseil d'administration du Club qui déclare Monsieur Stefens trop affaibli par sa maladie et donc inapte à gérer ses affaires et donc donne les pleins pouvoirs à l'ex-fiancé de Mademoiselle Stefens !!

- Très intéressant !!!

- En résumé Holmes, Monsieur Conroy, avec l'influence et position privilégiée de Mademoiselle Stefens, cherche à déposséder Monsieur Stefens de cette organisation bien fructueuse et par là même, agissent tous deux en tant que tels depuis un moment avec les larges dépenses ? factures en son nom ? qu'ils ont effectuées et que je nommerais plus du détournement que de dépenses !!

Holmes se leva, prit quelques documents et lança, le sourire en coin :

- Bien Watson, assez étudié ! Suivez-moi, car je crois que Monsieur Conroy nous doit quelques explications et immédiatement !!

Son bureau se trouvait à côté de celui de Monsieur Stefens et lorsque nous arrivâmes, Monsieur Conroy était sur le point de partir et commençait à fermer son bureau.

- Monsieur Conroy ?

- En personne, Messieurs, mais je dois vous faire mes excuses, je ne peux pas vous recevoir, je dois partir, une urgence ! Mais je serais ravi de vous recevoir dès demain matin !

- Je crois que cela ne va pas être possible Monsieur Conroy ! Lança Holmes.

L'homme, d'apparence assez dandy et charmante, vêtu d'un costume dernier cri, haut de forme d'apparat, une main dans la poche, répondit :

- Ecoutez, j'ai un dîner avec le Maire et donc vous comprendrez que je ne peux le faire attendre même pour répondre aux questions de notre célèbre Monsieur Sherlock Holmes !!

Il nous fit un signe de politesse d'adieu, retira sa main de sa poche - un ticket s'en échappa, tombant sur le sol sans qu'il s'en rende compte - et avec son chapeau, d'un sourire flatteur, il quitta précipitamment le bâtiment.

Holmes s'approcha de ce ticket, se pencha, le pris dans ses mains' et ? reconnu le tampon de la gare ?

Il soupira, réfléchit, et soudain, ses yeux se durcissent :

- Vite, Watson, nous devons le suivre ! J'ai un mauvais pressentiment !!!

Aussi vite que nous pûmes, nous descendîmes les marches des bureaux, nous nous ruèrent dans le patio du Club où nous attendait le cocher, Holmes hurla en s'engouffrant dans le fiacre :

- Vite George ! Vite, suivez le fiacre qui vient de partir ! Rattrapez-le !!!

Nous avions déjà perdu plusieurs minutes et l'homme possédait un fiacre et un cheval hors pair, très rapide !
Le fouet de George claqua dans la nuit afin d'accélérer notre allure tandis que le brouillard s'était à nouveau épaissit !!

Le cheval galopait à bride abattue et soudain, j'aperçus le fiacre en arrêt, de Conroy !!

- Holmes, il est là ! Il s'est arrêté dans Galveston Road !!

Nous stoppâmes la voiture et descendîmes discrètement du fiacre.

- George, avertit Holmes au cocher, allez chercher Lestrade et des renforts ! Vite ! Je pense que cette vermine va tenter de protéger ses arrières plus vite qu'il ne l'avait prévu ! Me dit-il.

Nous marchâmes précipitamment mais discrètement en direction des appartements où s'était stoppé le fiacre.

- Que voulez-vous dire Holmes ? Demandais-je essoufflé, complètement perdu.

- Que Mademoiselle Stefens se trouve ici, cachée par Monsieur Conroy, dans un appartement lui appartenant, et qu'il était sur le point de l'envoyer très loin, une fois qu'elle eût signée ce qu'il voulait d'elle !!!

- Je n'y comprends plus rien Holmes donc le pli était de lui et il l'avait attiré ici pour la forcer à signer des papiers ???

- Pas vraiment Watson ! Pas vraiment, mais nous en reparlerons plus tard ! Pour l'instant, nous devons essayer de retirer cette jeune femme du pétrin dans lequel elle s'est mise bien profondément !!

Des cris de femme retentirent dans le silence du brouillard : cela venait du 2ème étage du bâtiment dans lequel nous nous étions engagés. Les escaliers furent escaladés quatre à quatre !
Nous arrivâmes devant la porte d'où provenaient les cris horribles. Holmes défonça la porte d'entrée : tout alla très vite pour Conroy, car déjà Holmes se ruait sur lui, encore debout, un couteau à la main, un sourire aux lèvres tandis que la jeune Stefens était allongée sur le sol, livide, les deux poignées ouverts' L'attention de Conroy détournée par mon ami, je me ruais pour tenter de stopper l'hémorragie de ses poignets :

- Mon dieu, m'exclamais-je, quelle horreur ! Pauvre femme !!

Je comprimais les deux poignets ensanglantés et tailladés de la pauvre victime? La jeune femme ouvrit les yeux, émit un dernier soupir et ?Trop tard !

Holmes eut tôt fait d'assommer Conroy tandis que Lestrade et ses hommes nous rejoignaient et arrêtèrent l'assassin d'Helen Stefens.

Encore accroupi près du corps de la jeune femme, je n'arrivais pas à comprendre cette horrible histoire tandis qu'Holmes ruminait bien qu'inspectait les poches de la pauvre victime :

- Nous sommes arrivés trop tard Watson ! Quel idiot de l'avoir laissé filé ainsi !

- Mais Holmes, pourquoi ? Pourquoi a-t-il fait cela ? C'est ignoble ! Ils avaient été fiancés !!

- Et projetaient de le redevenir ! Tous deux étaient des êtres assoiffés de pouvoir et d'argent ! L'erreur d'Helen Stefens est d'être tombée sur plus assoiffé qu'elle, donc tôt ou tard, il aurait cherché à tout posséder et l'aurait tuée !!

Nos deux tourtereaux rêvaient d'obtenir tous les biens de Monsieur Stefens, d'hériter avant l'heure, pour Mademoiselle Stefens, et d'hériter des biens de sa future femme avant l'heure, pour Monsieur Conroy !

Monsieur Conroy, via la complicité de Mademoiselle Stefens et même sa participation active, avait visiblement détourné une bonne partie des fonds du Club et ne voulaient pas s'arrêter là
!
- Mais, comment une organisation au but si juste et bon a-t-elle pu entraîner tant de convoitises voire conduire au meurtre ??

- Tout ce qui peut être fait pour le meilleur peut être détourné pour le pire, Watson ! L'argent que cette organisation brassait devenait toujours plus important et cela attise toujours des convoitises, même parfois chez les plus intègres !!
Tout cela n'est que gaspillage de vie !!

- Mais' le pli ? Le fiacre ? Donc tout cela était orchestré par ce voyou ?

Holmes avait les yeux perdus dans le vague, il semblait triste et vide et répondit alors que nous prenions le chemin du retour.

- Hélas, non, Watson : encore cet effet dévastateur de ce que l'on pense faire pour le meilleur en utilisant les pires des solutions !

Il soupira et ne dit plus mot jusqu'à ce que nous arrivions au 221B Baker Street, tard dans la nuit.

**

Je crus cette affaire définitivement résolue, bien que beaucoup de questions étaient restées sans réponses, et, un soir, alors que je lisais le journal et que Holmes jouait du violon nostalgiquement, surtout depuis cette affaire qu'il considérait comme un échec, quelqu'un frappa.

J'ouvris et je fus consterné de voir le cocher de Monsieur Stefens, Johns.

Holmes stoppa de jouer, il posa son violon, alluma sa pipe. Je le fis asseoir.

- Il est mort ? S'adressa Holmes à Johns.

- Oui, Monsieur Stefens est décédé ! Répondit-il.

- Oh mon Dieu, dis-je consterné, je suis désolé !! C'était un homme si exceptionnel, il n'avait pas mérité toute cette tragédie !!

L'homme regardait Holmes : il y avait un regard entre eux comme de complicité, mêlé de tension, il y avait quelque chose? Johns sortis de sa poche une lettre : je reconnus immédiatement l'écriture de Holmes.

- Voilà, je me rends, comme c'était convenu entre nous !

J'ouvris de grands yeux de surprise !

- Comment ça, Holmes ??? Qu'est ce qu'il veut dire ?? Mais je croyais que le responsable était Monsieur Conroy ???

- Disons, me raconta Holmes, que Conroy est tombé dans le piège dans lequel il s'était fourré lui-même, mais si Johns n'aurait pas été derrière l'origine de cette disparition, peut-être que Mademoiselle Stefens aurait été encore en vie et, au moins, aurait vécu jusqu'au décès de Monsieur Stefens, condamné par la maladie, n'est ce pas, Johns ?

- Oui ! En effet ! acquiesça laconiquement Johns.

- Maintenant Johns, il est temps de tout raconter ! Nous savons tous deux que je connaissais les faits depuis le début mais par respect par Monsieur Stefens et lui permettre d'avoir une fin digne, avec l'autre personne qu'il estimait, c'est-à-dire vous-même, je vous est laissé du temps pour avouer ! Désormais Monsieur Stefens s'en est allé, j'espère en paix mais avec le c'ur brisé, donc j'attends de vous des explications !

- C'était notre contrat et comme je suis homme de parole, je vais honorer ma part du marché !
Comme vous le savez, Monsieur Stefens et son épouse, croyaient en nous, ex-detenus et me donnèrent ma chance alors que je sortais d'une peine de 20 ans ?

- Oui, précisa Holmes, il avait fait parti du Gang des Têtes Noires qui avait sévit à Londres dans les années 60 et dont le dernier cambriolage avait coûté la vie à deux personnes ! Johns n'avait que 15 ans à cette époque et n'étant que le chauffeur de ce cambriolage meurtrier, il écopa du minimum, d'une peine de 20 ans alors que ses autres complices écopèrent de plus voire la condamnation à vie pour certains. Aucun n'échappa à la justice et tous les membres de ce gang se reconnaissaient par ce tatouage de tête noire dans le cou que Monsieur Johns a tenté de dissimulé avec de l'acide !

- En effet, avoua Johns, mais je n'ai jamais rien caché de ma vie passé à Monsieur Stefens qui m'accueillit chez lui, me fit confiance et me donna ma chance ! Je lui étais très reconnaissant !
Quand Madame Stefens décéda, naturellement bien sûr, il fut très affecté et perdu un peu la notion de ce qui l'entourait, des affaires, de tout et la brèche s'ouvrit pour tout ceux qui convoitaient ses biens, son Club et organisation ?

- Ainsi, ajouta Holmes, Johns décida qu'il était temps de rendre à Monsieur Stefens ce qu'il lui avait si généreusement offert : la protection ! La protection d'un ange gardien dont cependant les manières allaient se révéler terrible et sans pitié !!

- Je me suis vite rendu compte que Mademoiselle Stefens louchait sur les affaires de son père : mais le pire arriva lorsqu'elle commença à sortir avec ce Conroy ! J'en avais entendu parlé et aussi des faillites qu'il avait entraînées par ses ambitions et aussi des femmes ruinées qu'il avait laissé derrière lui !
C'était un homme mauvais !
Je n'aimais pas particulièrement Mademoiselle Stefens pour son goût prononcé pour le pouvoir mais je découvris malencontreusement ? alors qu'elle conversait avec son amant dans l'écurie après des ébats ? qu'elle et son amant projetaient de prendre possession de tout ce qui appartenait à Monsieur Stefens, tout !!! Sans pitié ! Sans scrupule aucun !!
Comment pouvaient-ils faire cela à un tel homme ?
Un homme qui avait passé toute sa vie à aider les pauvres ?
Les plus démunis ?
Et la chair de sa chair, issue portant de milieux bourgeois et aisés censés représenter la morale et l'intégrité, allait le trahir, le salir, le déposséder de tout ?

- Mais quels odieux personnages !! Dis-je interloqué.

- Mademoiselle Stefens devait avant tout se marier afin d'hériter et d'obtenir le contrôle des biens de Monsieur Stefens'

- D'où, en effet, remarqua Holmes, les fiançailles entre les deux tourtereaux machiavéliques mais vous êtes intervenus, n'est ce pas ?

- Quoique vous pensiez, Monsieur Holmes, je ne regrette pas ce que j'ai fait : c'était des pourris, des malhonnêtes ?

- Oui, mais au lieu de dépenser tous vos efforts sur votre vengeance, il aurait fallu réfléchir aux conséquences que vous alliez infliger à Monsieur Stefens : vous lui avez brisé le c'ur !!

- Je ne voulais pas lui faire du mal à Monsieur Stefens ! Je voulais juste que ces ordures le laissent tranquille, au moins le laisse finir sa vie tranquillement car, comme vous avez pu le remarquer, Monsieur Stefens était très malade du c'ur et était condamné ! Il n'avait que quelques mois à vivre ! Il méritait d'avoir une fin paisible, chez lui !!
Lorsque je découvris les sombres desseins de sa fille et de cet ignoble voleur, je décidais d'agir à ma manière? manière de bagnards, soit, mais la meilleure pour leur faire peur et freiner leurs projets !!

- D'où les lettres de menaces reçues par Mademoiselle Stefens !!! Ajouta Holmes, anonymement, vous leur envoyèrent des lettres de menaces ?

Holmes sorti un paquet de son tiroir de bureau ?

- Helen Stefens choisit de les garder car elle voulait trouver l'auteur de ces lettres : elles étaient précises et les menaçaient de tout dévoiler dans les journaux et à son père du détournement de l'argent, de leur projet s'ils n'annulaient pas immédiatement leurs fiançailles ! Si leurs fiançailles se faisaient alors ils signaient leur propre arrêt de mort et donc ils prirent au sérieux vos menaces ?

- Il a mieux fallu pour eux car j'aurais mis mes plans à exécutions : je n'aurai eu aucun scrupule à leur faire passer de vie à trépas à ces scélérats !!

- Mais c'était sans compter sur la perspicacité de Miss stefens qui paya jusqu'à des Baker Street Irrégulars pour tenter de trouver le maître chanteur ! Faits qu'ils me confirmèrent !
Vous sentiez qu'elle était toute proche à vous découvrir. Si elle vous découvrait, non seulement, elle pouvait vous faire jeter en prison mais leur projet pouvait continuer de plus belle. Une fois fiancés et mariés, ils pouvaient déposséder ce pauvre Monsieur Stefens et donc un autre plan diabolique germait en vous !!

Le médecin de famille, qui soignait Monsieur Stefens, avait pour femme votre cousine, Linda Sanders (Je le sus, par hasard, par Monsieur Stefens, lorsque le médecin arriva peu avant que je ne quitte le manoir après mes recherches). Une femme dévouée aux Stefens depuis de longues années et assistait souvent son mari lors des visites. Elle fut mise dans le secret, et complice, accepta de vous aider encore, avec en esprit, le souhait de protéger Monsieur Stefens.

Humble but que de protéger quelqu'un que l'on aime et que l'on respecte mais bien souvent, on ne mesure pas les conséquences de tels actes qui peuvent s'avérer plus désastreux !

Lors de ces visites de son mari à Monsieur Stefens, sa femme inséra dans le lit de mademoiselle Stefens quelques feuilles d'une plante urticante.

Le lendemain, celle-ci se réveilla le corps brûlant et se grattait, s'écorcha tant et si bien que la peau semblait partir en lambeaux? du moins sur les poignets, les mollets ? le piège était en place !

Alors que son père se faisait soigner par le Docteur, elle compta sur l'aide de son épouse, dont les connaissances en médecine étaient comparables à celles d'une infirmière étant donné le nombre d'années qu'elle assistait et aidait son époux. Elle s'attendait à ce que Madame Sanders lui prescrive une crème ou un onguent?

Hors, comme cela avait été convenu avec vous, Johns, Linda Sanders lui fit croire qu'elle devait être atteinte d'un mal et non pas d'une vulgaire urticaire. La jeune fille ne s'y connaissait en rien et donc suivit, obéissante, le verdict de l'étrange infirmière !

Elle lui fit croire qu'elle suspectait quelque chose de grave mais devait faire quelques analyses chez son mari pour en être sûre afin d'infirmer ou confirmer ce verdict !

Helen Stefens insista pour qu'elle lui dévoile ce qu'elle suspectait et la réponse sonna à ses oreilles comme un glas : Linda Sanders suspectait une lèpre certainement attrapée par quelqu'un de contagieux qui avait certainement voyagé aux Indes !
Comme notre ami Conroy avait faire la guerre aux Indes, le lien fut très vite fait !!!

Cependant, Linda Sanders lui promit de faire les analyses nécessaires et de lui transmettre au plus vite, par pli, la réponse de ce qu'elle allait trouver devait être soit - Diagnostic confirmé, soit - Diagnostic infirmé. Ce même pli transmis dans les mains d'un Irregulars qui ensuite vous le remit ?

Holmes déplia un pli de sa poche qu'il avait récupéré dans les poches de la victime :

- Diagnostic confirmée

- Je vous laisse, continua Holmes, imaginer la visage d'Helen Stefens, en pleine réunion, apprenant qu'elle avait contracté la lèpre par la faute de son amant et que toute sa vie était finie dans cette société !

Elle ne pouvait en supporter davantage et se rua chez Conroy ? nos petits garnements parvinrent à retrouver le Fiacre qui l'avait conduite à son adresse -, désespérée, le suppliant de l'aider à quitter le continent, avec un maximum de fonds pour vivre ce qui lui restait de vie, avant que la nouvelle se sache et qu'elle soit définitivement bannie de la société !

Bien sûr, Conroy ne pouvait plus se fiancer à cette femme condamnée et pestiférée mais il décida de profiter de la situation ? point dont vous vous ne doutiez pas Johns et qui mit à mort la demoiselle Stefens ? et tenta de lui faire signer des procurations qui lui attribuaient encore plus de contrôle !

Lorsque Vous, Watson, m'avez montré cette liste de membres de Conseil d'administration qui avaient signés pour destituer Monsieur Stefens, j'avais remarqué que Mademoiselle Stefens avait signé ? avait signé récemment, non pas avant sa disparition !

Comment l'ai-je remarqué ? Il y avait des traces d'huile sur le document dont l'odeur m'était familière : de l'huile de chaulmoogra ! Huile que j'avais trouvé dans sa chambre. Huile régénératrice et antiseptique, cette huile est utilisée particulièrement en cas de lèpre !

Cela donc était très incohérent : que diable faisait-elle avec ce produit ? Et si elle avait contracté la lèpre, comment se faisait-il que nul ne le savait ? Il y avait un mystère là dessous !

J'ai fait le rapprochement lorsque j'inspectais le lit de Mademoiselle Stefens et découvrit des restants infimes de la plante urticante ! Quelqu'un voulait lui faire croire qu'elle avait contracté la lèpre ! Pourquoi ? Et qui ? Il était évident que cette personne avait des connaissances médicales et d'après les ordonnances que je trouvais chez Monsieur Stefens, seul le Docteur Sanders pouvait faire partis des suspects !

Puis, lorsque j'appris le lien de parenté entre Madame Sanders et Vous-même, je vous suspectais ? rapidement !

Déjà, les lettres de menaces retrouvées dans le parc à Roses de feu Madame Stefens m'apporta la puce à l'oreille car elles condamnaient Helen Stefens, elles condamnaient Conroy mais jamais Monsieur Stefens, alors que sa fille avait fait croire le contraire, pourquoi ?

Bien sûr, Watson et moi-même, mettions le doigt sur les abus de notre couple maudit : Conroy voulait non seulement les signatures de Miss Stefens qui lui donnait tout contrôle - lorsque celle-ci perdit toutes possibilités de se marier avec lui et de lui permettre de tout posséder légalement - mais aussi le magot qu'elle escomptait avoir avant son hypothétique voyage via un nouveau continent. Il l'aurait tuée et aurait confirmé son départ. Puis, il aurait continuer son petit bonhomme de chemin en tentant d'arnaquer encore plus Monsieur Stefens !

Rappelez-vous le ticket qu'il avait perdu avant de partir du Club : il y avait le tampon de la gare, il avait donc acheté des billets de voyage ! Cela annonçait un départ ou un alibi ! Cet homme n'était pas de ceux à laisser partir une femme avec un petit magot, même très petit !!
Donc, dès que je vis ce billet, je compris, trop tard malheureusement, qu'helen Stefens était en danger !

Voilà toute l'histoire d'un énorme gâchis tant pour ce couple que pour vous, Johns !

- Ils sont morts et le méritaient !!

- Croyez-vous que Charles Stefens méritaient de souffrir ainsi, en apprenant d'une part qui était réellement sa fille, qui était réellement son futur-ex-gendre et d'autre part, en assistant à la mort atroce de sa fille qu'il avait déjà pardonné ? Qu'avez-vous réussi à faire ?

Vous avez tout gâché Johns ! Ce couple maudit a tout gâché !

Un seul être a payé et est mort à petit feu par toute cette déferlante de haine, de pouvoir : un Juste ! Un des rares que la vie nous a permis de rencontrer. Monsieur Charles Stefens.

Soit, vous vous êtes permis une vengeance mais vous avez échoué en voulant protéger cet homme, ce protecteur que vous aimiez et respectiez, autant que j'ai échoué en tenant de retrouver Helen Stefens vivante !

Où est le succès dans tout cela ? Nulle part ! Je ne vois que gâchis, mort et tristesse !

Méditez donc !

Maintenant, au revoir, Monsieur Johns, je vous laisse à votre conscience, une arrestation ne servirait à rien et ne ferait qu'ajouter au gaspillage de cette sinistre et effroyable affaire.

Puis, Holmes se leva, le visage fermé, écoeuré laissant Johns partir, les épaules basses, et reprenant son violon afin d'oublier, un peu, toute la tragédie de l'affaire du Club des Ames Charitables.

Remerciements à Eric, Lucie (Einsam) et Hercule Gregory.



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