Société Sherlock Holmes de France Encyclopédie de l'oeuvre de Conan Doyle

L'Association
Qui sommes-nous ?
Statuts
Inscription
Historique
Publications
Réunions
Expositions
Boutique
Dons
Contact

Forums

Travaux
Articles (90)
Critiques (581)
Fictions (117)

Outils
Bibliographie (3612)
DVDthèque (211)
Encyclopedia (3576)
Argus (2184)
Recherche canonique


Et en anglais...
Encyclopedia (3576)
Arthur Conan Doyle
   Biography
   Chronology
   Complete Works
Sherlock Holmes
   Canonical search
   Stories
   Characters
   Sherlockiana
     Definition
     Studies
     Scholars
   Adaptations
     on Paper
     on Screen
     on Stage
     on Radio
   Sherlockian FAQ
Search Encyclopedia



Accueil » Fictions » Le Grand Hiatus
par
Paul Andreu
Ses autres fictions
Le Grand Hiatus Mars 15, 2006
Illustrations © Lysander


La pluie tombait sans cesse sur le pavé de Baker Street, les gouttières pleines du 221B débordaient, formant une véritable cataracte devant notre fenêtre. Cette vision n'allait pas sans me rappeler celle que nous avions lors de nos vacances Helvètes il y a quelques semaines. Imaginez cette nature immense, ces bois de pins, ces marmottes, ces vaches paissant tranquillement le long d'une onde pure (en français dans le texte) et juste à coté ce déferlement d'eau fracassant que sont les chutes du Reichenbach.
Holmes nous avait accompagné ma femme et moi lors de ce déplacement bucolique, essayant d'échapper aux poursuites d'un contribuable qui n'avait que très modérément apprécié le redressement record que Holmes lui avait appliqué.
Ce n'est pas sans une certaine nostalgie que je me remémore ces instants délicieux passés avec mon épouse aux cotés de cet ami fidèle. Ca ne fait que quelques jours que Mary nous a quitté, nous laissant seuls Holmes et moi. Elle avait déserté le domicile conjugal, emmenant avec elle notre voisine Miss Adler. On ne les verrait plus gambader joyeusement dans le living room, se tenant amicalement la main, inséparables, au point de ne plus vouloir se quitter? même la nuit, elles s'étaient installées toutes les deux chez la professeur de chant. Plus j'y pense et moins je comprend ce qui a bien put se passer pour qu'elle s'en aille.
- Watson, cessez de penser à votre femme et venez donc reprendre de ce délicieux Haggis que nous a préparé Mme Hudson.
- Mais Holmes' comment avez-vous deviné ?
- Que vous aviez faim' élém'
- Non pas ça? ce que j'étais en train de penser.
- Je ne sais pas' mettez ça sur le compte de mon intuition.
- Il faudra un jour que vous perdiez cette manie mon vieux?
- Loeintuition est pourtant l'arme la plus efficace des femmes, ne vous en déplaise.
Holmes était tout sauf un rationaliste et j'essayais de le convertir à ma méthode de raisonnement : la déduction scientifique? le problème c'est que j'avais beaucoup de mal moi-même à l'employer.
- Pour en venir à quelque chose de plus plaisant, mon cher Watson, savez vous la dernière de l'administration Britannique ?
- Non' mais j'en déduis que vous allez me le dire.
- Un point pour vous' mais veuillez enlever ce sourire béat de votre visage. Vous vous souvenez de cette histoire avec Monsieur Moriarty ??
Ce sinistre personnage avait poursuivi Holmes jusqu'à Meiringen ? dont je vous conseille d'ailleurs les spécialités culinaires ? et avait abordé notre petit groupe alors que nous nous penchions au-dessus des gorges. Holmes avait failli basculer dans le vide, il n'avait du son salut qu'à l'intervention de Nero, le loup apprivoisé de Mademoiselle Adler. Cependant, ayant ouvert la bouche pour hurler, croyant sa mort certaine, Holmes avait gobé une abeille qui passait par là.
Piqué par l'insecte, Holmes s'était mis à enfler, enfler... à tel point que, pris de peur c'était Moriarty qui avait manqué finir sa carrière au fond des chutes.
- Donc, vous vous rappelez qu'après mon retour, l'administration m'avait donné un congé de trois mois pour me remettre.
- Je m'en souviens d'autant plus que c'est moi qui ai signé le bulletin médical.
- Et bien figurez-vous qu'hier matin, je reçois une lettre de mon ministère de tutelle.
- Je le sais bien puisque c'est moi qui monte le courrier.
- Ce que vous ne savez pas, c'est que cette missive me confirme mon arrêt de travail'
- C'est parfait çà ?!
- Pour une durée de trois ans !!!
- Ils auront fait une erreur en essayant de me relire? je vais leur signifier leur erreur de ce pas.
- Inutile Watson' j'y suis allé moi-même hier après-midi et j'ai signalé l'erreur.
- Et alors ?
- Et alors ? le câble que je viens de recevoir m'informe que mon arrêt de travail ayant été accordé pour trois ans, il était hors de question que je réintègre mon poste avant 1894 !
-Mais qu'allez vous faire Holmes ?
- Je n'en sais rien, je pense partir pour le Népal afin de découvrir le Yéti? j'en profiterai peut-être pour aller discuter avec le Dalaï Lama?
- Mille sabords, vous voulez parler de cet animal qui m'a craché dessus au zoo la semaine dernière.
- Non Watson' ça c'est un Lama tout court, le Dalaï Lama est le chef spirituel des Bouddhistes Népalais. J'espère aussi pouvoir passer faire un salut à ma tante, elle tient un laboratoire d'analyses en France? à Montpellier je crois.
- Vous êtes sérieux Holmes' ?
- Pas le moins du monde mon cher? vous savez bien que l'homme d'action de la famille ce n'est pas moi, mais mon frère aîné Mycroft, je suis incapable de m'éloigner de Londres de plus de dix kilomètres.
- Mais alors ? quoi ?
- Je ne sais pas trop, peut être ouvrir un Pub? j'ai déniché un local vide près de la maison' en face de chez nous en fait? Mycroft pourrait y amener ses collègues, ils sont un peu bruyants mais ils mettrons de l'ambiance.
- Et vous avez songé à un nom ?
- J'y réfléchis encore mais c'est difficile... il faut trouver quelque chose qui soit suffisamment festif, sans pour autant que cela fasse? youpla-boum !
- Est-ce que vous avez songé à Diogène?s Pub ?
- Ouais, c'est pas mal, mais je préfèrerais Club? c'est plus qualitatif.
- En avant pour Le Club Diogène alors' je fais lui faire de la publicité, tout le monde voudra venir y faire la fête ?



---

© Société Sherlock Holmes de France
Toute reproduction interdite