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Accueil » Fictions » L'affaire du Bull-pup
par
Paul Andreu
Ses autres fictions
L'affaire du Bull-pup Janvier 6, 2006
Illustrations © Lysander


Les fêtes de fin d?année venaient tout juste de s?achever, on pouvait voir encore dans les rues les restes des festivités grandioses organisées à cette occasion. Dans notre salon au-dessus de Baker Street, je lisais et je relisais sans cesse la lettre de redressement que venait de m'adresser l'administration fiscale et portant la signature de mon colocataire, lorsqu'un hurlement interrompit mes rêveries au moment ou j'imaginais un supplice à faire subir au zélé Sherlock Holmes.
- Watson ? je n'en peux plus, il faut qu'il parte. Je vous préviens, ça sera lui ou moi !
Je tournais lentement mon regard vers l'origine de ces cris, un sourire sardonique illuminait mon visage.
Holmes était debout à côté de la cheminée, un tisonnier à la main, l'il inquiet en regardant du côté du canapé sur lequel était étendu celui que je surnommais affectueusement « Puppy ».
- Mais voyons Holmes ? il ne fait rien de mal ? c'est de son âge, ce n'est qu'un chiot après tout.
Montmorency nous avait été laissé en garde par mon ami Jérôme pour une durée variable, allant de trois jours à une dizaine d'années.
- Watson ? il occupe ma place sur le canapé, il m'a déjà viré de ma chambre, je dois me contenter de ronger les os du gigot bouilli que madame Hudson nous a servi au déjeuner, en plus vous lui avez laissé mon MacFarlane comme couverture et affublé de ma casquette de voyage !!! Mais qu'est-ce que je vous ai fait ??
Finalement je n'avais pas à chercher bien loin ma vengeance. Mais le chien était très frileux et je ne voulais pas qu'il s'enrhume avec le froid qui régnait dans notre appartement. Notre marchand de charbon ; un auvergnat du nom de Saint-Joannis ; étant en rupture de stock depuis le mois de septembre, il nous a suggéré de faire brûler nos meubles à la manière de son compatriote Bernard Palissy qui en avait profité pour inventer la faïence. Je n'y voyais personnellement aucun inconvénient, mais Holmes ; toujours aussi sentimental ; refusait de brûler les meubles de sa grand-mère.
- Holmes, ce chien vous adore, depuis cette balade en bateau, il ne peut pas se passer de vous.
Cette balade avec Jérôme ; le fils du prédicateur de Mme Hudson ; avait été pour nous tous une révélation, elle donna lieu à tant de discutions qu'il faudrait un livre entier pour les raconter.
- En plus c'est très gentil un Dogue Allemand.
- C'est peut-être gentil ? je n'en disconviens pas. Mais celui-là pèse plus de cent trente livres, il est plus grand que moi, il a fait fuir mon ami Lestrade le soir de Noël ? rendez-vous compte qu'il n'a même pas pu goûter l'oie qu'il avait lui-même apportée. Ce n'est plus vivable !!!
Nous avions dû réanimer Lestrade après qu'il ait avalé sa chevalière, qu'il tenait ; allez savoir pourquoi ; entre ses dents, surpris par l'entrée tonitruante de Montmorency dans la cuisine de madame Hudson. Nous avons réussi à expulser le bijou ; une superbe bague, sertie d'un saphir ; mais le détective avait préféré rentrer chez lui que partager notre repas, en constatant que le chien prenait place avec nous autour de la table.
- Reconnaissez quand même qu'il est très pratique pour faire partir tous ces plaignants qui en veulent à votre santé suite à des redressements.
Depuis quelques temps, Holmes avait des problèmes avec un professeur de sciences, un dénommé Moriarty qui avait oublié de déclarer les recettes liées à la publication de son ouvrage sur la Dynamique d'un Astéroïde. Ce monsieur ; pourtant d'apparence respectable ; n'arrêtait pas de poursuivre Holmes en le couvrant d'insultes. Il faudra que je vous raconte un jour comment il nous a poursuivi jusque sur notre lieu de vacances en Suisse, lors d'une randonnée près des chutes du Reichenbach.
- Ce n'est pas faux ? mais dans le cas particulier c'est tomber de Charybde en Scylla.
- Je ne peux quand même pas abandonner ce pauvre animal dans les rues de Londres.
- Malheureux !!!? c'est hors de question ? vous avez vu ce qui c'est passé la dernière fois lorsqu'il s'est enfuit à travers Whitechapel !!! Heureusement que Lestrade a pu étouffer l'affaire. Non ? il faudrait trouver un coin à la campagne, chez des gens qui aiment les animaux, euh ? disons ? surdimensionnés. Mais je ne pense pas que ce genre de client courre les rues.
- Oui ? ou autrement il faudrait qu'il vous soit redevable ? Mais, dites-moi, ce contrôle que vous effectuez à Dartmoor, il serait bien là-bas, non ?!?!
- Vous voulez parler de la succession Baskerville ? Oui pourquoi pas, je pourrais leur en toucher un mot, ils m'ont dit qu'ils cherchaient un moyen de se protéger des curieux, j'espère qu'ils ne vont pas me maudire.
- Ça, il vaudrait mieux ? il paraît que les malédictions des Baskerville sont très puissantes.
- Tout de même, tout ça pour un chien ?
- Non Holmes ? ce n'est pas un chien, c'est Le Chien. Je suis sûr qu'il nous manquera beaucoup s'il part hanter la Lande de Dartmoor, mais gentil comme il est, je suis sur qu'il deviendra très vite une légende dans le Devonshire. Vous verrez Holmes, vous verrez, on en parlera longtemps du Chien des Baskerville.



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