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Accueil » Fictions » Watson débloque
par
Lucie Boura
Ses autres fictions
Watson débloque Avril 24, 2005
Illustrations © Lysander


Watson débloque.


Lors d'une soirée un peu trop arrosée de brandy à son club, Watson s'était laissé aller à raconter comment il avait combattu et vaincu le Chien des Baskerville. En entant dans le club, je vis tout de suite une personne qui gesticulait et parlait fort en ayant l'air d'avoir bu un verre de trop. En m'approchant, je reconnus avec surprise le docteur Watson. Il parlait du chien des Baskerville :

- Oui messieurs ! J'ai combattu à main nues ce gigantesque chien qui était grand comme l'immeuble que vous voyez à travers la fenêtre. J'étais en plein milieu du chemin, attendant de pied ferme cette bête. Je le voyais qui arrivait en galopant, écumant, des flammes sortant de sa gueule. Mais il ne me faisait pas peur. Lorsqu'il fut tout près de moi, je l'empoignis, le soulevais et le plaquais au sol. La bestiole a tout de suite compris qui était le maître. Je l'ai immobilisée, j'ai sorti mon revolver et je lui ai tiré une ou deux balles dans la tête. Quelques instants plus tard, il expirait.

- Et Sherlock Holmes, dans toute cette histoire, que devient-il ?, demandais-je.

- Peuh ! Il était resté à Londres ce lâche, ce couard, ce peureux, ce?, ce ? De toute façon, il n'aurait rien pu faire contre le toutou : il est fort comme une femmelette sortant du couvent !

- Eh bien, Watson, je vois que vous racontez de belles choses sur mon compte ! Rentrez tout de suite à Baker Street !, ordonnais-je.

- Qui êtes-vous pour me donner des ordres ?, m'apostropha-t-il. Seul Sherlock Holmes peut m'en donner, et encore faut-il que je sois de bonne humeur !

- Vous n'arrangez pas votre cas, Watson, car je suis Sherlock Holmes.

- Je ne crois pas un mot de ce que vous dites !, s'époumona-t-il.

- Eh bien vous avez tort. Maintenant suivez-moi sans opposer de résistance sinon je vais être obligé d'user de la force sur vous et ce qui me déplairait au plus haut point.

- Bon, bon. Je viens. Mais c'est vraiment pour vous faire plaisir. »

Obligé de le soutenir, je ramenais Watson dans un fiacre puis nous filâmes jusqu'à Baker Street. Je fus contraint de le porter littéralement pour monter dans l'appartement car il s'était endormi dans le fiacre. Une fois là-haut, je le conduisis dans sa chambre, le déshabillai, lui mis son pyjama puis le couchai et retournai dans le salon. A peine avais-je fermé la porte qu'il se mit à ronfler.

Le lendemain matin, j'avais fini mon petit-déjeuner et avais commencé à lire les petites annonces du Times en fumant une bonne pipe lorsqu'il parut, habillé, rasé et coiffé correctement. Il me demanda :

- Bonjour, Holmes. Dites-moi, je n'étais pas allé à mon club, aux dernières nouvelles ? Je ne me rappelle pas du retour.

- Ce n'est pas étonnant. Vous étiez plein comme une barrique ! D'ailleurs, vous l'étiez déjà quand je suis arrivé. Vous racontiez votre version du chien des Baskerville. Voici ce que j'ai entendu. »

Je lui racontai tout sans omettre le moindre détail. Il eut l'air catastrophé :

- Mon Dieu ! J'ai vraiment dit cela, Holmes ?

- Oui, exactement. Je vous ai tout dit sans rien enlever ni exagérer. »

Il s'effondra dans un fauteuil et fixa le feu avec un air atterré. La stupéfaction et une pointe de désespoir se lisaient sur son visage devenu blanc. Craignant qu'il ne s'évanouisse, je lui versai un verre de cognac et le lui donnai. Voyant qu'il ne le prenait pas, je lui passai ma main devant les yeux. Il parut se réveiller. Il tourna la tête vers moi avec un air interrogateur, les lèvres entrouvertes.

- Watson, avant de répondre à vos questions, je vous prie de boire ce verre. Après, on avisera. Je vous signale au passage que vous êtes à peu près dans le même état que lorsque nous nous sommes retrouvés dans votre cabinet lors de l'aventure que vous avez intitulée ?La maison vide?. Bien, je vois que vous avez recouvré vos esprits.
En effet pendant que je parlais, il avait saisi le verre d'une main légèrement tremblante et l'avait bu. A présent, son visage reprenait quelques couleurs.
- Holmes, est-ce que ? est-ce que les personnes du ? du club se souviennent de ? de ce que j'ai raconté ?, balbutia-t-il.
- Non. Avant de partir, je leur avais dit de ne pas croire votre histoire car elle était fausse et que vous n'étiez pas dans votre état normal.
- Ouf ! Merci, Holmes. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si vous n'aviez pas été là.
- Rien de bon, mon cher Watson, je puis vous l'assurer. »



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