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Accueil » Fictions » La mort du Kuknos
par
Ysabelle Salembier-Picard
Ses autres fictions
La mort du Kuknos Décembre 1, 2000

- Watson ! hurla mon ami, brandissant son journal du matin. Moriarty a disparu !

- Quoi ?!

- Il posa son violon. "Allons, hâtons-nous, partons avant la nuit, Watson !"

- Mais où allons nous ?

- Voir Sir Arthur ! Il n'a plus sa raison ! Pourvu qu'il soit là...

Mon ami sortit puis siffla un cab.

- Il a tort, il m'a fait un coup fatal, inouï, sans mon autorisation, marmonna mon ami, mais nous y voilà, grogna-t-il, voyant la maison d'ACD.

Il lança cinq shilling puis sauta au sol.

Un hibou hulula au loin.

Nous avancions, quand soudain, un bruit, un cri inhumain, surgit au loin, aux abords d'un bois massif.

Nous courrions à grand galop quand soudain mon ami stoppa "Trop tard", murmura-t-il voyant un corps jusqu'alors inconnu pour moi gisant au sol, sous un sapin. Il y avait du sang partout. Mon ami s'approcha, posa sa main sur son thorax, balbutiant : "pas disparu, Watson, mais mort, car ci-gît Moriarty ! Il a dû souffrir", dit-il aussi, voyant son bras tout tordu.

Il sonna à la maison, appuyant sur un bouton luisant.

Un groom nous ouvrit.

- "Il dort ?"

- "Non, il boit au salon" nous affirma-t-il.

Nous allions au bar, au bout d'un long couloir, quand ACD s'avança, titubant mais tout souriant, un whisky à la main : "Bonsoir ! un cordial Watson ? un rhum chaud ? un whisky irlandais ? un grog ? du punch ? un cocktail maison?" articula-t-il d'un ton cristallin.

- "Non !", rugit mon ami. "Parlons !

Droit au but : pourquoi ?"

- "Mais quoi alors ?" indiqua ACD, surspris, "l'intoxication au gaz à l'institut ? à l'hôpital par un virus ? abattu au coin d'un sous-bois par un fusil à six coups ? par un vagabond, un ours ou un lion fou sorti du zoo ? au tribunal ? Non," dit-il à mi-voix, "d'un pur mauvais goût, mais par ma main à moi, par MON outil". Ainsi, il avouait, tout souriant, clamant d'un ton chantant "Ainsi, aussi grand bandit mondial qu'il fût, Moriarty a disparu ici où la mort lui a sourit !."

- "Oh non," supplia mon compagnon, "pas ça ! toi, un assassin, allons donc !", sautant d'indignation.

"Voyons Arthur, tu n'as pas compris ? nous vivants, il faut du roman, du vrai, issu d'un plaisir jamais lu, un instant parfait. Pourquoi pas au cours d'un circuit palpitant dans un pays lointain !

Mais qui aura raison ? lui ou moi ? voilà un vrai choix, un carburant d'imagination ! La fin doit avoir du cran, MON cran, un vrai combat, un savant conflit final, pas un assassinat, au hasard, dans un trou, pas ici !" puis il conclut, balbutiant d'un ton plaintif "pour moi, pour nous, s'il vous plaît !"

Las, sir Arthur s'assit sur un sofa d'où sauta un gros chat roux, tout miaulant, pour bondir dans son cou. ACD sirotant toujours son whisky nous proposa un cocktail. La discussion prit alors un tour plus amical mais à bâtons rompus.

A la fin, il abdiqua : "bon, voilà un bon avocat", dit-il, fixant mon ami, "d'accord, mais nous allons finir, dans trois mois, pas plus. La fin pour toi aussi !, La paix, voilà mon souhait !" gazouillait-il.

- "Ainsi soit-il ! d'accord !" dit mon ami, puis il sourit : "Voilà ton stylo, Arthur, fais-nous du bon travail...un grand trait, du grand ACD quoi !"

Puis, il lança "à la maison, Watson, j'ai soudain faim ! Si nous invitions Mycroft ?

Un lourd brouillard tombait sur Victoria Station. Mon compagnon siffla un cab.

Mycroft arriva, toujours aussi trapu, bougon d'avoir à sortir par un froid si glacial, tout surpris par l'invitation. Il nous salua puis s'affala sur un divan.

Mon ami avait mis son frac pour l'occasion, lissant d'un doigt distrait son pantalon gris.

Il proposa un cordial, qui vint à bout du frisson qui agitait Mycroft, tout transi.

Mrs Hudson qui aimait l'impromptu, avait sorti nos grands plats favoris.

Mrs Hudson nous ouvrit donc un grand vin, apporta du caviar, du saumon irlandais, un cochon farci aux noix, un mouton rôti garni d'haricots tout fumants puis du pudding aux fruits confits au coulis d'abricots frais. Puis, chocolat, biscuits, toasts, bonbons anglais assortis ont ravi nos fins palais.

Mon compagnon, prit son violon, attrapa la partition qu'il aimait, nous joua du grand Tchaïkowsky, un impromptu musical sur "La mort du kuknos (**)"...

Alors mon ami raconta tout à Mycroft qui sirotait son vin.

- "Tu dis ?" sursauta-t-il, abasourdi.

"Mais alors, pour moi aussi, mon club favori d'asociaux anglo-saxons, nos amis, Watson, Mrs Hudson, Wiggins, nous tous !

Hum", ajouta-t-il, "voilà un coup fatal pour Victoria ou tout au moins un royal chagrin...

Quant au Yard, quand ils sauront tout...

Mais tu as a raison, un si long parcours doit avoir pour conclusion un grand final à l'instar du plus grand roi. Alors tu fais quoi toi ?"

" Moi ? j'irai voir LA lady soprano dont j'ai ici la photo !" puis, murmurant tout bas "hâtons-nous mon amour, il doit y avoir un final pour nous aussi..."

La nuit tombait ainsi qu'un lourd brouillard. Mycroft s'inclina pour partir d'un pas traînant. Il sortit, d'un pas soudain plus vif, sifflotant toujours l'impromptu musical, mais où allait-t-il ainsi ?

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(*) Clin d'oeil à "La disparition" de Georges Perec
(**) Kuknos est le nom grec du cygne...



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