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Accueil » Fictions » Le Club des lettrés transformistes
par
Thierry Gilibert
Ses autres fictions
Le Club des lettrés transformistes Novembre 19, 2007
Illustrations © Lysander


La mission s'annonçait difficile !
Le barbouze du patron n'y avait pas été de main morte !
Se transformer en Sherlock Holmes !
Il fallait que je me méfie, une prochaine fois, il serait bien capable de me proposer Dracula et franchement je me voyais déjà mal voler comme une chauve-souris, alors boire du sang humain ?!
Mais nous n'en étions pas là ! Sherlock Holmes sera ta nouvelle forme ! Ainsi défilait cette innocente phrase sur l'écran de mon PC ; innocente jusqu'à ce qu'elle me fut transmise car la secte des champions de papier n'attendrait pas éternellement.
J'étais encore un membre assez récent du club des Lettrés Transformistes.
Ce qui m'avait attiré chez eux, c'était cette possibilité d'acquérir (au sens propre et non au sens figuré), les dons des héros les plus célèbres de la littérature populaire. L'exercice de la Maginaire ou de la Sorcellecture comme l'appelait Maître Weiss-que-vaille, son inventeur, se basait sur des formules de sorciers, dont la caste plurimillénaire s'honorait récemment des prestigieux : Jean de La Fontaine, Victor Hugo, Edgar Poe, Jules Verne, Robert Louis Stevenson, Herbert George Wells, Sir Arthur Conan Doyle, Gaston Leroux, Maurice Leblanc, Cecil Scott Forester, Bernard Werber, Alan Moore, Antoon Krings et Joanne Kathleen Rowling pour ne citer que mes favoris.
La récitation d'une page de lecture issue d'un roman idoine au sein d'un lieu habité, suffisait au succès du miracle « maginaire » si elle s'agrémentait de la respiration d'un encens particulier ! [7% de substances opiacées, 20% de nicotine, un fragment de la pierre de rosette, un décilitre de beaujolais nouveau, et les cendres du manuscrit original des prophéties de Michel de Notre Dame, parmi d'autres et selon quelques disciples, entraient dans sa composition !]
Bien sûr jamais je n'aurais pu rejoindre le L-T club sans de réelles prédispositions.
Je devais l'acceptation de ma candidature à mon interprétation d'Arsène Lupin lors de mon « entretien d'embauche ». Si ma faconde avait impressionné les hommes du jury, les « aménagements » apportés à mon physique chétif n'avaient pas convaincu.
Cependant, à la moitié de ma démonstration dans une aveugle et banale salle de réunion, j'avais eu la « brillante » idée, de me ruer sur l'interrupteur pour éteindre la lumière électrique.
J'avais alors pris dans la mienne, une paume adroitement repérée puis d'une caresse « grimpante » du bout de mes doigts, opérant une délicate pression tactile, je cheminais jusqu'à la douceur d'une épaule nue, dont j'agrippais fermement le haut, tout en murmurant :

Clarisse vous êtes mienne
Bel ange féminin
Promis au lupin
De la Géhenne
Sentez l'herbe du loup
Griffer votre cou !


Je lâchais ensuite ma proie frémissante, pour attraper sa voisine par la taille, l'enserrant avec vigueur au moyen de mon bras droit tandis que ma senestre se plaquait sur sa hanche et que je susurrais :

Adorable comtesse
Prenez garde au voleur de je suis
Que votre bas je ne blesse
Tant les dessous de votre affaire
Sont jolis
Gentille effraction domestique
Fait l'art que je préfère
Surtout quand la porte
D'une loge aussi accorte
Se prête au trésor idyllique !


Dans le « feu de l'action » j'enchaînais par un baiser torride dont la rapidité ne me laissa pas le temps de savoir s'il avait été apprécié, puis je rompis brusquement mon étreinte et assénais au hasard et pour rire, une gifle magistrale au proche personnage à la silhouette indiscutablement masculine, nonobstant sa queue de cheval ! Quand la lumière revint, au son d'un grossier « nom de Dieu » prononcé d'une voix tonitruante, j'étais assis au bureau, les pieds négligemment croisés sur le sous-main en maroquin s'y trouvant posé, et j'allumais tranquillement une cigarette, le sourire aux lèvres. Dans mes ronds de fumés de rond de cuir improvisé, se perdirent les délicats applaudissements de ces dames et les cris de ces messieurs. Le plus rude, un quadragénaire surnommé Papa Pipenbec, portant de petites lunettes rondes de professeur dont les branches se cachaient sous des mèches grisonnantes, se massait la chute des reins, subissant le contre coup de l'éjection du siège que j'occupais désormais.
Son hurlement de rage fusa dans la pièce :
- C'est pas Arsène Lupin ce gus, c'est juste un sacré connard oui !
- Assurèment ! Soutint Lex Le Hic, son laconique et beaucoup-plus-que-secrétaire dont l'allure le faisait passer pour un échappé des brigades du tigre.
- Vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère, Patron répondis-je, mais auriez vous préféré qu'en gentleman je vous passe de la pommade ?
- Je dirais même plus c'est un noble connard compléta un chauve que je savais tintinophile grâce à son T-shirt, orné d'un tournesol. Une oreille munie d'un sonotone y remplaçait un pétale et un slogan ventral explicite y soulignait : Ceci n'est pas un fétiche Arumbaya ! J'envisage d'autant plus facilement la fraternité avec lui ! Ajouta-t-il, rigolard.
- Ouais, bien qu'il m'ait mis en « joue » je suis itou attendri, intervint Jissé le Lyzard, se frottant le visage, frappé d'une « hémi rougeur ». Je lui trouve de vraies similitudes avec l'as de la cambriole et ça se respecte ça m'sieurs-dames ! Dommage que Serge Oint-par-le-blanc-père ne soit pas là, sûr que ça lui aurait plut !
Cet homme dont la verve égalait le pinceau, avait gagné son sobriquet à la faveur d'une contraction de son nom avec la version anglaise d'un vert reptile et l'on colportait qu'il pouvait tracer n'importe quel dessin avec sa queue dans le sable, mais que l'on ne pouvait pas toujours en parler !
- Les actes et la scène de ce prétendant plaident en faveur de notre théâtre ! Jugea sobrement une oiselle blondinette.
- Quant à ses intentions, si c'est du bluff je n'attends que de rentrer dans son jeu pour qu'il abatte ses cartes sur mon tapis ! Il a l'esprit et la main légers comme je les aime, articula sensuellement de la pointe d'un accent étranger, l'espionne qui venait du chaud.
Assez discuté ! Vote à main levée ! Ordonna Papa Pipenbec.
Alors, mon admission fut-elle prononcée à la quasi unanimité, un bémol présidentiel atténuant ma joie.
Soudain la porte s'ouvrit à la volée sur un rustre gaillard portant un loup sur les yeux, et braillant : Shit ! Faut que j'arrive en retard, le jour où l'un des adorateurs de Poe vient foutre la merde chez nous ! Dites moi que vous n'avez pas voté ? Si ! Re-shit !
Mask the menace faisait irruption se signalant à mon bon souvenir !
Je l'avais déjà rencontré au parc de la tête de mort, dans le Lyon ésotérique et le moins que l'on puisse dire était que nos atomes crochus, s'y étaient accrochés !
- Salut Mascounet, ça va comme tu vieux ? Lançais-je en guise de taquin bonjour.
- Comme un pape à la mosquée Duclampin ! Me répliqua-t-il.
Se tournant vers le chef des débats, il demanda : « aurais-je au moins, l'horreur de décider de son épreuve initiatique Boss ? »
- Je te laisse volontiers ce pervers plaisir Masked man ! Entendit-il en retour.
Prêt à relever le gant (de boxe ?) de l'ami Mask, je décidais d'aller d'abord me restaurer car ne supportant pas d'agir le ventre vide.
Ce ne fut donc qu'en fin de repas que je commençais l'occulte cérémonial. Je déposais la solution « Weissquevaillienne » dans une demie calebasse et y mettais le feu. Respirant à pleins poumons, je me saisissais ensuite de l'extrait du Canon Holmésien que j'avais auparavant préparé et lisais à voix haute :

« C'est le 3 avril 1904 – soit dix ans après les faits, presque jour pour jour – qu'Holmes m'autorisa à relater l'aventure de la maison vide. Mais il avait apporté à ses confidences de telles réticences et, par endroits, une si mauvaise volonté que mon récit s'en est ressenti. On peut donc y regretter des incohérences dues aux retouches successives et précipitées qu'il me fallut infliger au manuscrit avant de le livrer à l'imprimeur... »

Je connus subitement un étourdissement. Le mirage d'un Holmes en vieux bibliophile m'apparut, cédant vite la place à la vision d'un cow-boy pur sucre pour peu que ce sucre vint du far West dans le salon du 221b Baker street aux côtés d'un Watson chapeauté d'un fez dont la vision s'estompa doucement pour se confondre avec celle d'un Sherlock Holmes au visage tuméfié et sanguinolent cognant un punching-ball !



Enfin je m'évanouissais, une sensation aiguë de lourdeur me torturant, un titre résonnant en boucle douloureusement dans ma tête : La babouche du chien qui fume !
Quand je me réveillais, j'étais bizarrement accoutré et me sentais littéralement transformé en un autre homme.
Voici le détail, du rapport (que je rédigeais en transe) de l'aventure que je vécus et que je remis ultérieurement à Papa Pipenbec….
Jamais n'ai-je osé expliquer jusqu'à ce jour les manies de mon illustre ami.
Aussi est-il temps de pallier à cela et de révéler au grand public le pourquoi de la présence d'une exotique pantoufle dans notre appartement de Baker street et le comment de sa tabagie !
En 1878, avant notre rencontre, monsieur Sherlock Holmes fit un voyage au coeur de paris, les plus triviaux d'entre mes lecteurs me corrigeront en traduisant : dans le ventre de Paris !
De fait, il est question de ventre et d'un restaurant plus que séculaire.
Une bouleversante coïncidence veut que l'excentrique détective de ma connaissance, fût incité à s'y rendre au prétexte de démêler l'écheveau du cas de la disparition du chien Persan de Titi.
Ce titi, était un gosse des rues, un poulbot, un Gavroche, un Wiggins français en quelque sorte. Il avait demandé le concours de Charles Dickens en dictant une lettre poignante à un écrivain public temporaire. A l'âge de 13 ans ce dernier, ignorait que Dickens fut décédé depuis 1870. Parce que son solliciteur à peine plus jeune que lui était victime d'une maladie découverte en 1874 et nommée poliomyélite, paralysant ses membres inférieurs ; il avait pris pitié de lui et rédigé la missive suivante implorant l'aide de l'éminent écrivain dont il adorait lui lire les contes...

Cher ami et néanmoins anglais,
vous êtes compatriote de l'animal que l'on m'a enlevé
tout comme un mal étrange m'a enlevé mon aptitude à me servir de mes mains.
Ici personne n'aime les infirmes, ni les quadrupèdes d'outre-manche. Vous qui racontez si bien la misère, sachez que mon seul espoir réside dans votre bonté. Sans mon fidèle compagnon à quatre pattes, mon handicap se double d'une maladie de coeur et je suis plus orphelin que jamais! Je loue les services d'un scribe d'infortune pour vous appeler à mon secours et j'ai fait l'aumône une semaine rien que pour rémunérer ses services.
Moi, je fais la manche, alors vous pouvez bien en traverser une pour me rendre le goût de la vie ! S'il vous plaît, je sais que mon ami à poil est toujours vivant. Je l'aperçois de temps à autre aux côtés d'un horrible lascar qui le maltraite.
Je me meurs de vous attendre. Je ne suis pas Oliver Twist et je ne recherche plus mon papa mais juste un peu de la tendresse que seule une bête d'origine britannique se résout encore à me donner.
Quoi que vous choisissiez de faire, que Dieu vous protège!
Respectueusement vôtre.
Le titi, à deux pas du chien qui fume, établissement gastronomique, 33 rue du pont neuf dans le quartier des Halles Paris, France.
P.S. Vous me reconnaîtrez en regardant ma sébile, c'est une babouche!


Dès sa lecture aux approches de Noël, le notaire en charge des biens de Dickens, se rappelant les compétences de mon ami, qu'il prouva dans l'affaire Edwin Drood, lui fit suivre cet inhabituel courrier.
Sherlock Holmes avait cédé pour une rare fois de sa vie à l'émotion et s'était embarqué sur un ferry-boat à destination du continent dans un but charitable.
Le surlendemain de son débarquement, il rencontrait facilement le titi assis, sur le lieu même de sa mendicité.
- C'est toi qui requiers l'aide de Dickens bonhomme?
- Ouais m'sieur, vous parlez français c't'une drôle de veine!
- Comme tu l'entends mon pt'it, mais sache que l'anglais que tu demandes est mort depuis huit ans déjà!
- T'es son fils et tu viens le remplacer c'est ça?
- Presque, appelle-moi Bazil, Captain Bazil et toi?
- Ben, moi on m'appelle Titi mais en vrai je suis Thierry Argent-Coquin!
- Chouette blaze mon gars mais je préfère en rester à Titi si tu n'y vois pas d'inconvénient!
- C'est comme tu l'sens Captain! Alors tu peux me ramener mon chien Persan?
- Ton chat tu veux dire, ton chat persan!
- Mais non c'te blague, si Persan t'entendait il aurais hurlé à la mort sous l'insulte, un greffier lui! Alors que c'est un Setter anglais!
- je suis un abruti! Persan c'est son nom bien sûr!
- Et ouais et pour l'histoire sache qu'un angliche au grand coeur me l'a offert parce qu'il ressemble au cabot de l'enseigne au-dessus de ma caboche!
- Et depuis tu crois que tous mes compatriotes sont généreux, alors t'en as appelé un autre à la rescousse?
- Tous généreux? Sûrement pas! En tous cas, pas plus qu'y sont tous idiots comme toi! Dickens de la façon dont y cause des gamins des rues, j'ai cru qu'il en avait p't'êt été un et entre francs-tireurs on s'aide non?
- Franc-tireur, ça veut dire franchement voleur à la tire c'est ça hein?
- Bon ça suffit ch'crois qu'tu peux rentrer dans ton île Captain débile!
Avec quoi je pourrais faire mes rapines ? Des moignons ?!
- Non ton chien ! Mais je te charrie ! T'en fais bien autant non ? Allez suis moi donc dans cette « auberge », tu m'y raconteras tes malheurs. Tu mangeras bien quelque chose?
- T'es fou! Tu crois p'têt qu'y vont me laisser rentrer et qu'y vont me refiler une gouvernante qu'y m'donnera la becquée?
- Viens tu verras...
Le portier voyant mon ami, vêtu d'un caban bleu sombre, d'une casquette dont la visière décorée d'une palme dorée et chaussé de lourds brodequins et son client, un sale garnement affublé de guenilles noirâtres, s'interposa vivement en criant:
- Holà les affreux! Passez vot' chemin si vous voulez pas tâter du bâton!
- Toi, le vieux bouc, répondit Captain Bazil, tu vas illico presto nous faire une place en cuisine. Je te préviens que le moustique qui m'accompagne s'est échappé de l'asile de nuit où il était mis en quarantaine rapport à la lèpre qu'il a choppé sur ma péniche. Moi je serais bientôt malade à c'que m'en a dit le toubib, mais comme y m'a dit j'incube encore. Si tu veux pas attraper du mal tu vas obéir. On va crever alors on a rien à perdre!
On veut juste bouffer un dernier gueuleton et c'est ton boui-boui pour rupin qu'on a choisi! T'en as de la chance! Ce disant, il cracha aux pieds de l'employé, et tirant par l'épaule son jeune compagnon, il poursuivit ses menaces : Tu vois ses bras saligaud, la lèpre les à rongés au 3/4, tu veux les mêmes ?
Le portier, manquant défaillir, jouet d'une terreur indicible se tassait sur lui-même et reculait contre le mur du bâtiment.
- Rentrez par derrière par les cuisines, c'est ouvert, prenez ce que vous voudrez mais laissez moi m'en aller...
- T'es louf mon pote, dans 5 minutes, tu vas alerter la maréchaussée pour nous alpaguer, non pas question ! Tu viens avec nous exigea-t-il saisissant l'homme par le col.
- Et au moindre mouvement suspect, je me jette sur toi et je t'embrasse!
Renchérit-il.
Sans plus aucune protestation, le portier guida ses agresseurs jusqu'au garde-manger…..
Soudain, sans ménagement sentis-je confusément qu'on me secouait l'omoplate.
- C'est bon tu t'réveilles le poivrot ? Déjà que tout à 'heure t'as failli foutre le feu à la nappe avec ta flambée mystique, v'la qu'tu m' renverses la moitié d'une bouteille de Beaujolais sur la moquette. Allez ça suffit ! Tu payes et tu te casses bonhomme ! Ou j'appelle les flics !
J'ouvrais les yeux, ne sachant trop ce qui m'arrivait, le nez dans une addition sur laquelle je découvrais
Votre choix du jour : Total : ?? euros dont : ?? de TVA.
Pour la commande suivante :

- Un Menu Bazil ?? euros
- La salade du chien qui fume
- Escalope de Foie Gras Frais, Poêlée et Cannellonis Farcis aux champignons (+2 €)
- Le gratin de fruits et son sabayon au Grand Marnier
- 3 bouteilles de Beaujolais nouveau ?? euros


Merci de votre agréable visite et au plaisir de vous revoir !

Incroyable, tout ça n'était donc qu'un rêve ! Pourtant ma mission, la secte… Je choisis de remettre à plus tard l'élucidation de l'énigme. Penaud, payais-je ma note au "videur" soulagé et sautais-je dans un taxi. La sérénité de mon domicile, retrouvée, ce fut en vidant mes poubelles que j'entrevoyais enfin la vérité ! De ma corbeille à papier j'extrayais une feuille, que je défroissais en hâte. C'était un geste machinal de contrôle dont j'avais l'habitude tant il m'était arrivé par le passé de jeter sans le vouloir des documents de valeur, par la seule faute de mon étourderie. A l'instant où je déchiffrais les premiers mots du document : « Au printemps de 1894, tout Londres s'émut, et la haute société s'épouvanta, de la mort de l'honorable Ronald Adair… » Je sus que l'infâme Mask the menace, m'avait joué un tour des plus pendables. En effet ce texte que l'on avait odieusement et sournoisement substitué, était celui que j'aurais du déclamer pour sentir les sensationnels effets « maginables ».
Bon sang ! Qu'avais-je donc ânnoné au début de ma digestion ?!
Le salopard d'enfoiré de traître lyonnais ! Bien sûr, il s'agissait, je le vérifiais fébrilement, de l'introduction que René Reouven utilisa dans sa relation des « histoires secrètes de Sherlock Holmes ». Comment tirer d'un pastiche des effets inhérents à l'œuvre dont on faisait contrefaçon ? A l'évidence ça n'était pas possible, couvert de ridicule je pouvais en témoigner !
Il va sans dire que Papa Pipenbec menaça de mettre un terme à ma période probatoire mais comprenant que j'avais été victime d'un affreux bizutage, magnanimement me blanchit-il, à l'expresse condition que je résolve l'affaire du Stradivarius déprécié, affaire que je menais avec célérité et succès, transcendé comme je l'espérais par l'emprunt des fabuleuses facultés du plus grand des détectives et qui me permit en parallèle d'assouvir une certaine vengeance.
Je regrette toutefois de n'avoir pu, jusqu'à présent, percer la totalité du secret d'une étrange babouche londonienne. Sait-on jamais après tout ! Il me reste un fond de potion W-q-v que j'ai habilement détourné, et pour qui en doute, que l'on sache que je compte l'employer à bon escient...



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