Société Sherlock Holmes de France Encyclopédie de l'oeuvre de Conan Doyle

L'Association
Qui sommes-nous ?
Statuts
Inscription
Historique
Publications
Réunions
Expositions
Boutique
Dons
Contact

Forums

Travaux
Articles (90)
Critiques (581)
Fictions (117)

Outils
Bibliographie (3610)
DVDthèque (211)
Encyclopedia (3534)
Argus (2184)
Recherche canonique


Et en anglais...
Encyclopedia (3534)
Arthur Conan Doyle
   Biography
   Chronology
   Complete Works
Sherlock Holmes
   Canonical search
   Stories
   Characters
   Sherlockiana
     Definition
     Studies
     Scholars
   Adaptations
     on Paper
     on Screen
     on Stage
     on Radio
   Sherlockian FAQ
Search Encyclopedia



Accueil » Fictions » Le Mystère du ver
par
Max B.
Ses autres fictions
Le Mystère du ver Novembre 13, 2007
Illustrations © Lysander


De nombreux délateurs ont colporté le bruit, attendant sa mort récente pour le faire, que si j'avais également relaté les affaires dans lesquelles mon regretté ami Holmes connût un échec, le récit de ses aventures remplirait de nombreux volumes !! Je m'élève fermement contre une telle assertion mensongère, qui est une insulte à la mémoire de celui qui fut non seulement mon ami mais aussi le meilleur des hommes !! Bien sûr, Holmes connut quelques échecs, mais ils ne représentent rien par rapport à tous les fois où il fit triompher la Vérité ! Et si je n'ai pas fait la relation de certaines aventures qu'il me fit la joie de partager avec moi, c'est parce que la notoriété de certaines personnes en aurait souffert, ou parce que je ne pouvait le faire sans risquer de me retrouver devant les tribunaux, ou bien encore parce qu'il y a des choses qu'il vaut mieux que le grand public ignore, tant elles sont terrifiantes !
De nombreuses aventures que nous vécûmes, mon ami Holmes et moi, n'ont donc jamais été couchées par écrit. Les mauvaises langues-encore elles- diront que j'étais peut-être plus occupé à coucher dans mon lit des créatures pulpeuses et enchanteresses, (comme par exemple l'exquise Marquise de.... mais je m'égare ...) et que le temps donc me manquait ! Laissons donc ces vipères jalouses cracher leur venin ! Comme disait mon ex--belle-mère, Mme Morstan, qui avait le chic pour déformer les proverbes : « La baffe du crapaud n'atteint pas la blanche colombe ! » Mais revenons à nos moutons, ces affaires que nous préférâmes taire.
L'une de ces aventures (que certains baptisent du nom d' « untold stories »), peut-être la plus connue, est l'étrange histoire d'Isadora Persano. Ce journaliste pondit quelques articles mémorables dans des revues d'occultisme et certains d'entre vous s'en souviennent peut-être encore, à moins qu'il ne vous soit plus connu par les duels retentissants qui l'opposèrent à quelques détracteurs un peu trop virulents !
J'avais jusqu'à aujourd'hui renoncé à relater cette affaire, car nous n'y jouâmes, finalement, qu'un rôle très secondaire, et surtout, je pense que le monde n'est pas prêt à entendre certaines choses qui pourraient entraîner une psychose collective. Je la mets quand même par écrit mais ne la soumettrais pas à mon éditeur, Sir Arthur Conan Doyle !
Ce matin d'été, je m'étais levé, une fois n'est pas coutume, avant Holmes et j'étais attablé devant un copieux petit déjeuner, parcourant les journaux du matin, quand il se leva.
- Vous êtes incorrigible, Watson, m'apostropha-t-il sans même me saluer. Çà ne vous a pas suffit de perdre une livre la semaine dernière en pariant sur un tocard ?
- Comment saviez-vous quelle rubrique j'étais en train de lire, Holmes ?
- Enfantin, mon cher Watson ! Votre air coupable et votre empressement à changer de pages vous ont trahi ! Quelle autre lecture que celle de la page des courses est susceptible d'entraîner une telle gène chez vous ? La lecture d'une de ces revues légères que vous affectionnez tant et que vous vous faites livrer par paquets entiers de Paris ? On peut l'écarter, il est un peu tôt dans la journée pour ce genre de choses. Et votre teint, qui devient rubicond et qui vous trahi lors de ces lectures a ce matin sa roseur habituelle !
Un coup discret frappé à la porte annonça Mme Hudson et me tira d'embarras. Un homme, nous dit-elle, demandait à être reçu par Holmes. Le premier mouvement de ce dernier fut de prier notre logeuse de l'éconduire, car il était accaparé, depuis quelques jours par l'affaire de la disparition de la momie de Tupac Shakur, qui s'était mystérieusement volatilisée en plein jour dans une salle du British Museum remplie de monde ! Puis, examinant la carte de visite de l'inconnu que Mme Hudson lui présentait sur un plateau d'argent, il la pria de l'introduire.
- Duncan Persano... murmura-t-il, ce nom me dit quelque chose... Oh, oui, bien sûr... Faîtes entrer !
Entra alors un homme jeune, de haute taille, aux traits du visage bien dessinés et plaisants, qui accusaient cependant une profonde fatigue. Sa tenue était vraiment ce qu'il était de bon ton de porter à ce jour dans la jeunesse dorée, mais veste comme pantalon étaient froissés, poussiéreux, comme si ce « young dude » n'accordait plus d'importance à sa toilette depuis peu. Il posa son regard grave et las sur mon ami.
- Mr Holmes, je présume ? Je n'ai jamais bien compris comment les gens qui ne nous connaissaient pas savaient d'emblée qui de nous deux était Holmes, et confusément, j'en étais blessé !
Mais ce n'était pas le moment d'avoir des états d'âme ! Notre hôte se mit à trembler fébrilement. Je le fis s'allonger sur le sofa après en avoir enlevé, d'un revers de main, toute la paperasse qui l'encombrait. Holmes, pendant ce temps, versait dans un petit verre de cristal un peu de Sherry que Persano bu avec avidité. Son pouls, bien qu'un peu rapide, n'avait rien d'inquiétant. Très vite, il reprit des couleurs et prit une position plus propice à la conversation.
- Excusez-moi, dit-il d'une voix encore peu assurée, mais je suis à bout de force, je ne dors plus depuis des nuits !!
- Et qu'elle est la cause de ces insomnies ? m'enquiers-je avec sollicitude.
- Mon frère jumeau Isadora ! Il a disparu il y a 6 ou 7 jours ! Je l'ai cherché partout, à son journal, son club, j'ai écumé tous les lieux qu'il fréquentait ! Sa logeuse ne l'a pas vu depuis une semaine également ! Nous sommes orphelins et n'avons aucune famille chez qui il aurait pu se rendre. Nous sommes très proches et n'avons aucun secret l'un pour l'autre !
- Je vois parfaitement qui est votre frère, intervint Holmes Je crois savoir qu'il avait l'art de se faire des ennemis ! Il ne vous a rien dit à ce sujet ?
- Non, mon frère a été, pendant quelques années, un homme à femmes, et il a eu maille à partir avec nombre de maris jaloux ! Et ses écrits politiques lui ont également attirés quelques rudes inimitiés. Mais depuis 2 ou 3 ans, il se consacrait à l'étude de textes sacrés, le Coran, la Thora, la Bible...., ce qui m'avait, je me souviens, fort étonné, car nous sommes tout deux des athées plus que convaincus ! Il y avait trouvé une paix intérieure, une sérénité que je ne lui connaissais pas. Non, ajouta-t-il en secouant la tête, je crois que personne n'avait actuellement et depuis quelques années de raison de lui en vouloir !
- Pouvons-nous nous rendre à son domicile ? demanda Holmes.
- Pas de problème, c'est dans Bond Street, à deux pas d'ici !
Dix minutes de marche plus tard, nous arrivâmes à destination. Isadora Persano habitait un immeuble bourgeois qui jouxtait un square verdoyant ou jouaient quelques gamins accompagnés de leurs nourrices toutes occupées à bavarder, négligeant la progéniture confiée à leur garde. Nous gravîmes les quatre étages qui menaient devant la porte que nous trouvâmes entr'ouverte.
- Cà nous évitera l'effraction, positiva Holmes.
Nous entrâmes avec précaution, ne sachant pas trop ce que nous allions y trouver. L'appartement de Persano était assez grand et peu meublé. La pièce principale renfermait une large bibliothèque dont Holmes examina le contenu. Il m'appela.
- Regardez, Watson, c'est un peu ce à quoi je m'attendais.
Il me montra trois volumes dont j'eus du mal à déchiffrer les titres sur la tranche tant ils étaient anciens. Le Nécronomicon, le livre d'Ebion lus-je sur les deux premiers, deux incunables qui avaient sûrement une valeur immense. Quant au troisième, les caractères dorés du titre étaient passés, effacés par les siècles et par les nombreuses manipulations . En l'ouvrant, je vis que c'était un manuscrit dont les pages étaient ornées de symboles mystérieux, de représentations terrifiantes de bêtes monstrueuses qu'on imaginait dotées d'une cruauté sans bornes ! Je ne pus retenir un frisson qui me parcourût des pieds à la tête et pensait « Quelqu'un marche sur ma tombe ! »
- C'est le « De vermis misteriis m'informa Holmes, ou « Mystères du ver ». Je pensais que cet ouvrage était une légende. Si ce qu'on dit sur son contenu, ainsi d'ailleurs que sur le contenu des deux autres est vrai, et si Isadora Persano les a lu, alors il est en grand danger !!
A ce moment-là, Duncan, qui avait continué l'exploration de l'appartement, nous appela.
- Ici, je crois bien que j'ai trouvé quelque chose !
Holmes et moi entrâmes dans la pièce d'à côté. Un immense pentagramme était dessiné sur le sol, avec des bougies disposées en cercle tout autour, ce qui en faisait un pentâcle. Duncan tenait à la main une feuille de papier qu'il remit à Holmes.
- Tenez, j'ai trouvé ce papier sur le sol. C'est une lettre de mon frère.
Mon ami la lut à haute voix, d'une voix d'abord ferme, puis de plus en plus hésitante au fur et à mesure qu'il avançait dans sa lecture.

A lire attentivement !!
Qui que vous soyez, si vous trouvez cette lettre, je vous supplie de la faire parvenir à mon frère, Duncan Persano, 23, Beaumont Square, qui saura vous récompenser.

Mon cher frère,
Si ce courrier t'a été remis, c'est qu'il m'est arrivé malheur. Pour une meilleure compréhension de ce qui va suivre, rends-toi à mon domicile, si tu n'y est pas déjà. Sache que j'ai voulu jouer avec des forces qui me dépassaient, tel l'apprenti sorcier de la légende, et mon inconséquence aurait pu avoir des répercussions énormes sur notre monde, sur notre civilisation toute entière . Je sais que ces phrases doivent te faire sursauter et tu dois penser que je suis devenu fou (je sais très bien que tu m' as toujours pris pour le moins pour un être fantasque et même pour un illuminé !) mais quand tu auras lu ce qui suit, tu verras que mes propos n'ont rien d'exagéré !
J'ai étudié les textes sacrés, voulant y trouver une sérénité qui me fuyait, une réponse à toutes les questions que je me posais sur la Vie et la Mort, toutes les grandes questions existentielles que l'homme se pose sûrement depuis la nuit des temps. Faute de réponses satisfaisantes, je me suis procuré –à prix d'or et par des moyens que qui me font honte maintenant- des œuvres dont j'avais souvent entendu parler, mais que je pensais être pure invention ! Ces œuvres, tu les trouveras dans ma bibliothèque. Je les ai étudiées longuement et il m'est vite apparu que le « De vermis misteriis » était la clé d'un monde parallèle merveilleux où toutes mes interrogations trouveraient enfin une réponse ! Il était simple de s'y rendre, un pentagramme, quelques bougies et la combustion de substances que j'eus par contre un peu de difficulté à me procurer, et une porte s'ouvrirait sur ce que je pensais être le Paradis, ou tout du moins un lieu enchanteur ! Après de nombreuses tergiversations, un soir, je franchis le pas, non sans une fort légitime appréhension, je dois l'avouer. Je ne me souviens que peu des impressions qui furent les miennes lors de ce passage dans une autre dimension. A peine eus-je gagné le centre du pentagramme qu'un vertige me saisit et j'eus la sensation très désagréable de tomber dans un trou sans fond, un maelström aux couleurs éblouissantes, tandis que des hurlements stridents, qui ne pouvaient émaner d'aucunes créatures connues, m'assourdissaient. Je perdis conscience, sûrement peu de temps. Quand je recouvrai mes esprits et que je regardai autour de moi, je fus persuadé d'avoir atteint mon but et ce que je vis me fit penser aux vers de ce poète français dont j'ai oublié le nom « Ici, tout n'est que beauté, luxe, calme et volupté ». J'étais dans une grande prairie parsemée de fleurs aux couleurs merveilleuses, et même si je ne suis pas très calé en botanique, je me rendis rapidement compte que ces fleurs-là n'étaient pas de notre monde ! Un ruisseau coulait juste devant moi, et le gazouillis de son courant sur les petits rochers qui affleuraient çà et là était une musique harmonieuse et céleste ! J'entrepris d'explorer ce lieu et me mis à longer le cours d'eau. Un peu plus loin, je trouvai un arbre ressemblant vaguement à un pommier et qui m'offrit des fruits comme jamais je n'en avais mangé : un incomparable délice ! Je n'avais jamais rien mangé de meilleur !
Mais je dus vite déchanter ! Au loin s'élevait un bâtiment immense, blanc sale, à l'architecture tarabiscotée. L'horreur m'étreignit alors que je m'approchais ! Il était entièrement composé d'ossements, certains humains, ou du moins d'apparence humaine, d'autres appartenant à des créatures de toutes tailles, certaines gigantesques, mais toutes inconnues, du moins de moi, et en ce domaine aussi je ne suis pas un spécialiste !
Alors que je m'en approchais encore plus près, je perçus une musique étrange qui en émanait en même temps qu'un remugle puissant et nauséabond me fit reculer. Me bouchant le nez, je pénétrai quand même dans cet étrange bâtisse dont je présentai confusément qu'elle était le temple de je ne sais quel dieu monstrueux ! Dans l'entrée, dans un grand bassin bouillonnait un liquide d'où émanaient des miasmes délétères. Je me confectionnait un masque avec ma chemise et pénétrai plus avant. J'arrivai dans une salle aux dimensions colossales et ce que je vis me cloua sur place. Une « chose », je n'ai pas de mots pour la décrire, essaie d'imaginer une masse énorme, luisante, visqueuse, informe, arborant des dizaines, des centaines de tentacules, cette chose donc était en train de dévorer, ou plutôt d'incorporer dans son être même, car elle n'avait pas de bouche, des créatures, dont certaines humaines d'apparence, que lui amenaient de petits êtres ressemblant à des lutins, mais qui n'avaient pas de visage ! Certaines de ces créatures correspondaient tout à fait aux ossements formant l'architecture de ce qui était donc bien, j'en avais maintenant la conviction, un temple. Et ce monstre rejetait des restes, des os sur lesquels adhéraient encore des lambeaux de chair, et des vers longs à peine un pouce, avec des dents que je sus plus tard être tranchantes comme des rasoirs, vers qui, par milliers, recouvraient le sol , finissaient de les nettoyer ! Un froid glacial m'envahit ! Je fis demi-tour et pris mes jambes à mon cou, mais auparavant, je pris, comme témoignage de ma venue en ce lieu, un de ces vers que je glissai, non sans qu'il ne me mordit le pouce jusqu'au sang, dans une boîte d'allumettes que j'avais dans ma poche. Parvenu à l'endroit de la prairie où j'étais arrivé, le même tourbillon m'enveloppa et je me réveillai quelques instants après dans cette pièce.
Pendant quelques instants, je crus avoir rêvé. Puis, une vive douleur au pouce me prouva le contraire. Le ver ! La boite d'allumette était bien dans ma poche, je l'ouvris, pas très sûr de ce que j'allais y trouver ! A l'intérieur, une sorte de lombric me regardai avec une cruauté inouï dans les yeux, oui, je dis bien qu'il me regardait ! Au même moment, un tentacule visqueux émergea du centre du pentagramme et sembla me chercher. C'en était trop ! Je me réfugiai dans la cuisine pour écrire cette lettre tu es entrain de lire.
Je sais que tu vas penser que tout ceci n'est que les divagations d'un esprit malade, d'un alcoolique ou d'un drogué ! Je te jure pourtant sur tout ce que j'ai de plus sacré au monde que c'est l'exacte vérité ! Je t' en conjure, efface ce pentagramme et oublie tout çà !...


Ainsi se terminait cette missive. Les derniers mots, fiévreusement griffonnés à tel point que le papier avait été déchiré par endroit, furent déchiffrés avec difficulté par Holmes. Apparemment, mon ami était perplexe. Je savais qu'un esprit aussi cartésien - comme disent les français - que le sien ne pouvait croire une telle fable. Nous effaçâmes néanmoins le dessin sur le sol, puis gagnâmes la sortie.
Devant la porte, un homme en qui nous reconnûmes Isadora Persano, sale, dépenaillé, le regard exalté et hagard reflétant la folie dans laquelle il avait sombrée, tenait quelque chose dans sa main droite tout en psalmodiant des mots vides de sens, son corps se balançant d'avant en arrière dans un mouvement berçant hypnotique et régulier. Holmes saisit avec délicatesse la boite d'allumettes que Duncan avait entre ses doigts, mais nous savions déjà ce que nous allions y trouver ! Nous remontâmes à son appartement pour prendre les trois livres maudits avec lesquels nous fîmes, dans la grande cheminée de Baker Street, un magnifique feu ! Pendant tout le temps que dura leur combustion, nous eûmes tous les trois l'impression horrible d'entendre des plaintes et des gémissements !
Isadora Persano finit sa vie dans une clinique privée de Cambridge, et jusqu'à son dernier jour-qui, heureusement pour lui arriva rapidement- il serra dans sa main cette boite d'allumettes, qui à la fin était en bien piteux état. Je crois fermement que ce qu'il a vu, je ne sais trop où, aurait plongé n'importe qui dans la folie.
Les jours qui suivirent, Holmes les passa une seringue et un flacon de sa maudite cocaïne à portée de la main, enchaînant injection sur injection. Et plus d'une fois, hanté par des images que je n'arrivais pas à chasser, je fus tenté de l'accompagner... Heureusement, je fis alors la connaissance d'une petite danseuse du Bolchoï en tournée à Londres qui sût admirablement me changer les idées... et celles d'Holmes, puisqu'il en découla une enquête que je raconterai sûrement un jour, dont le titre sera sûrement : « L'affaire du pot de chambre Tsar. »



---

© Société Sherlock Holmes de France
Toute reproduction interdite