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Accueil » Critiques » Mycroft's Testimony
Mycroft's Testimony Critique de
Mycroft's Testimony
par Sophie Bellocq-Poulonis
chez Oeil du Sphinx
30 septembre 2009
» voir la fiche bibliographique
par
Véro
Ses autres critiques
Un livre qui mérite d'être lu Décembre 23, 2009

J’ai lu avec intérêt Mycroft’s Testimony, le dernier ouvrage de Sophie BELLOCQ-POULONIS, à la suite d’une critique trouvée sur le blog de l’éditeur.

Les deux parties, présentées en vis-à-vis, sont des plus intéressantes :

La première, écrite à la première personne par Mycroft Holmes, sur son lit de mort et destinée à son successeur à la tête du Diogene’s Club, dévoile l’existence d’un troisième homme dans la fratrie holmesienne, un jumeau de Sherlock, tyrannique et manipulateur à l’origine du trauma psychique dont souffre le détective ;

La deuxième partie, rédigée par un éminent psychiatre, le Dr A. Kosminsky, éclaire le récit de Mycroft d’une lumière froide en édictant des faits cliniques pour aboutir à un portrait psychopathologique de l’enquêteur de Baker Street.

Deux parties complémentaires qui permettent de répondre à de nombreux questions soulevées au fil du temps par la cohorte des holmesologues.

Donner la parole au frère aîné du détective était sans doute le meilleur moyen d’obtenir un témoignage sur la vie ante-watsonienne de Sherlock Holmes.

En effet, que connaissons-nous de ce personnage, hormis les miettes que nous jettent le bon docteur ? Hormis l’existence qu’il vécut aux côtés de celui qui se désigne comme son « ami et biographe » ? Mme Hudson, elle aussi personnage de l’ère watsonienne, aurait sans doute son mot à dire… Un auteur aurait-il fait témoigner la patiente logeuse ?

Nul n’était mieux placé que Mycroft lui-même, l’homme de l’ombre, l’omnipotent, pour faire de telles révélations. Et qu’elles trouvent un écho dans la littérature scientifique, médicale devrais-je dire, validée par le monde universitaire, relève d’un sacré tournemain…

Si cet ouvrage a ses défauts (on lui reprochera notamment sa brièveté, attendant que certains points eussent nécessité d’être approfondis, et peut-être sa morne rédaction comme le note J.-C. Mornard qu’il décrit comme « sans relief et sans humour »), on soulignera son originalité dans l’intrigue comme dans la construction en deux parties, telles les deux faces d’une même pièce.

L’introduction signée par Mary-Ann Watson (déjà présente dans Les Vierges de Glace) est, à mon sens, superflue : la malle en fer-blanc de l’Aventure du pont de Thor n’a que trop servi (et servira encore, à n’en pas douter !). Pourquoi n’avoir pas usé d’une narration distanciée ou d’une relation pseudo-épistolaire comme c’est le cas dans le Dracula de Bram Stoker ou L’Etrange Cas de Dr Jekyll et Mr Hyde de Robert L.Stevenson ?

Si Les Vierges de Glace, le précédent ouvrage de l’auteur, s’inscrivaient dans la longue liste des pastiches holmesiens, sans grand relief si ce n’est le plaisir de retrouver l’univers conservé de Baker Street et l’atmosphère des récits originaux, Mycroft’s Testimony est à considérer comme un livre à part, parce qu’ouvrant des perspectives quant à l’enfance troublée du détective, mais aussi l’histoire de son ennemi juré le professeur Moriarty…

Un livre qui mérite d'être lu, ne serait-ce que pour entrer dans la polémique...

N.B. : La thèse défendue par le Pr Kosminsky dont la deuxième partie de l’ouvrage est, comme cela est signalé, un ensemble de « morceaux choisis » est présentée dans sa totalité sur Scribd {http://www.scribd.com/Professor Psy}. C’est une thèse universitaire, parfois difficile à lire pour un non-pratiquant (surtout la deuxième partie), mais est truffée de données canoniques qui donnent du poids au profil psychologique du personnage… On notera enfin le choix de Mme Bellocq-Poulonis concernant le véritable auteur de ce mémoire : seul le directeur de thèse est mentionné (dont le titre est erroné – Dr au lieu de Pr), le rédacteur – un certain Frederick Gordon Brown (de la même famille que le Premier Ministre Britannique ?) – n’est même pas cité. Il a pourtant produit là un écrit très intéressant.

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