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Accueil » Critiques » Murder Rooms
Critique video
Murder Rooms
par
Bernard Oudin
Ses autres critiques
Un téléfilm qui fera date Mars 22, 2001

Murder Rooms, téléfilm en deux épisodes de 50 minutes, qui passa
l'année dernière sur les écrans de la BBC, fera date dans la longue liste des
adaptations ou des pastiches holmésiens. Son sous-titre, The dark beginnings of
Sherlock Holmes ("Les sombres origines de Sherlock Holmes") est pourtant un peu
paradoxal, puisque Holmes n'y apparaît à aucun moment. L'action se situe à Edimbourg,
à la faculté de médecine, à l'époque où le jeune Conan Doyle y fait ses études
et le personnage principal, outre Conan Doyle lui-même, est le fameux Prof. Joseph
Bell qui lui inspirera plus tard le personnage de Sherlock Holmes.

Inutile de dire que le téléfilm ne s'arrête pas à cette seule anecdote. L'auteur, David Pirie,
imagine que Conan Doyle, fasciné par son professeur, s'attache à ses pas et ne
tarde pas à constater qu'il ne limite pas ses déductions à deviner la profession
de ses malades. En fait le Prof. Bell met ses dons au service de la police locale.
Séduit par l'attachement que lui voue Conan Doyle, Bell en fait son assistant
et, à la fin du premier épisode, résout devant lui une première énigme. Mes camarades
sourcilleux risquent là encore de parler de plagiat, car l'intrigue empreinte
quelques éléments à La Bande mouchetée. Puis il l'embarque, pendant tout le second
épisode, dans une enquête plus difficile, au dénouement dramatique. Dramatique
surtout pour Conan Doyle et pour l'histoire d'amour qu'il vit avec une jeune étudiante,
et où il doit combattre le climat antiféministe régnant à l'époque dans les universités.
C'est bien fait, plein de répliques brillantes et de passages savoureux. Un des
meilleurs est celui où l'auteur reprend mot pour mot -encore un " plagiat "- le
passage célèbrissime du Signe des Quatre où Holmes déduit tout le passé d'un homme
en examinant sa montre. Sauf que cette fois la montre n'appartient pas au frère
de Watson, mais au père de Conan Doyle. Et le plus fort, c'est que chaque déduction
s'applique parfaitement à Charles Doyle ! A croire qu'en décrivant le frère de
Watson, Conan Doyle pensait inconsciemment à son propre père. Tonton Sigmund serait
fier de l'auteur de Murder Rooms? Décors très soignés, interprétation de haut
niveau. De taille très moyenne et plutôt fluet, Robin Laing n'a qu'un défaut :
il n'a vraiment pas le physique d'athlète de Conan Doyle. Charles Dance est excellent
en aristocrate ambigu, trop évidemment suspect pour être vraiment coupable. Mais
la vraie vedette, c'est Ian Richardson. Cet acteur, il y a quelques années, avait
été un Sherlock Holmes intéressant dans deux adaptations télévisées du Chien des
Baskerville et du Signe des Quatre. Aujourd'hui, il est un Prof. Bell idéal. Proche
de Holmes, bien sûr, mais comment en serait-il autrement ? Elégant, brillant,
sarcastique, sûr de lui, le film lui doit l'essentiel de sa réussite. Ajoutons
que ceux d'entre nous qui ont parfois du mal à comprendre certains Anglais apprécieront
la perfection de sa diction : à l'écouter, même sans sous-titre, aucun mot ne
nous échappe.

Il nous reste à formuler deux souhaits. Le premier, c'est qu'une
chaîne française veuille bien en acheter les droits. Le second, c'est que cet
épisode " pilote ", comme on dit à la télévision, ait une ou plusieurs suites.
C'est, paraît-t-il, déjà prévu. La suite s'appellera The Patient's Eyes (" Les
yeux du malade ") et l'on y verra, quelques années plus tard, Bell rendre visite
à Conan Doyle à Southsea. On s'en réjouit d'avance.

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