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Accueil » Critiques » La compagnie blanche
La compagnie blanche Critique de
La compagnie blanche
par Arthur Conan Doyle
chez Phébus
1 mars 2001
» voir la fiche bibliographique
par
Pierre-Robert Leclercq
Ses autres critiques
Une oeuvre bien surprenante Avril 3, 2004

Chevaleresque Conan Doyle Sur fond de guerre de Cent Ans, le romancier anglais livre une étonnante fresque historique Le père de Sherlock en émule de Walter Scott.

Conan Doyle. Sherlock Holmes. Il est, en littérature, de ces noms inséparables, le personnage imaginé ayant autant de réalité que son créateur. Mais il fut un moment cependant où l'écrivain regretta le succès de son héros celui où Holmes porta « quelque ombrage » à Sir Nigel.

C'est au cours d'un voyage en France, alors qu'il visitait l'abbaye de Beaulieu, que Conan Doyle eut l'idée d'une vaste fresque où Edouard III Plantagenêt aussi bien que le Prince Noir croiseraient les héros de la Compagnie de Nigel Loring, sur les terres anglaises qui ont nom Quercy, Rouergue, Gascogne. Ce n'était pas son premier roman historique ; cela allait être le meilleur depuis Walter Scott et, pour Conan Doyle, son chef-d?oeuvre. Dans le genre, en effet, il a toutes les qualités d'un ouvrage exceptionnel. Parce que la fameuse guerre de Cent Ans est un sujet inépuisable pour un auteur qui, à partir de faits réels longuement étudiés, sait user de son érudition non pour être didactique, mais pour multiplier les situations dans lesquelles se trouvent ses héros ; parce que ce qui est authentique est constamment soutenu par le rythme des aventures, les motivations des personnages on n'est pas de cette Compagnie par hasard leur humour et leurs amours ; parce que le souffle d'un grand romancier passe sur toutes ses pages. Et c'est peu dire qu'il emporte le lecteur.

Roman chevaleresque, sans doute. Mais bien davantage. Les Nigel, Aylward, John et autres Alleyne ne sont pas de vagues silhouettes de cape et d'épée. Dans leurs beuveries, il y a des scènes shakespeariennes, dans les batailles des trois cents archers de la Compagnie, il y a la folie des massacres et l'humanité des êtres. Et quand Conan Doyle nous fait assister à l'abordage d'un navire par des pirates, « l'une de ces mille batailles qu'ont ignorées chroniqueurs et poètes », c'est sans effets littéraires, sans un mot de trop, mais avec un bien fort talent descriptif qui donne à un événement, en l'occurrence banal, une ampleur qu'on ne trouve pas souvent dans le roman, qu'il soit historique, d'aventures ou non. Ampleur, c'est bien le mot qui convient pour définir la profusion des épisodes que soutient autant la passion de l'auteur pour son sujet que celle qu'il donne à ses archers ou à la rébellion de Jacques Bonhomme. Sans oublier, au c?ur de ces grands tableaux, des miniatures Lady Loring, « douce oiselle » ou Du Guesclin observant dame Tiphaine.

Oui, décidément, une oeuvre bien surprenante que celle d'un Conan Doyle rejoignant Walter Scott, un héros bien séduisant que ce Nigel qui finirait par porter ombrage à Sherlock.

---Le Monde du 23 juin 1995

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