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Accueil » Critiques » Duel en enfer : Sherlock Holmes contre Jack L'Éventreur
Duel en enfer : Sherlock Holmes contre Jack L'Éventreur Critique de
Duel en enfer : Sherlock Holmes contre Jack L'Éventreur
par Bob Garcia
chez du Rocher
14 novembre 2008
» voir la fiche bibliographique
par
Maugendre Paul
Ses autres critiques
Duel en enfer, et contre tous Décembre 1, 2008

Sous la pression populaire, George Newnes le directeur du Strand Magazine, demande au Docteur Watson de lui fournir une enquête inédite. Plus particulièrement la période passée sous silence durant laquelle Jack l'Eventreur perpétrait ses crimes à Whitechapel. Watson rechigne mais la promesse du versement d'une forte somme pour renflouer sa fondation victime d'hémorragie financière lève ses dernières réticences. Après un cérémonial compliqué, un carnet intime de Watson est remis à Newnes qui se plonge dedans séance tenante.
L'histoire débute fin août 1888. Watson est marié depuis un an avec Mary, mais la maladie rôde. Mary désire se reposer et prendre des forces à la campagne. Cédant aux instances de sa femme Watson la laisse partir, et désœuvré il abandonne son cabinet, dont la salle d’attente est toujours vide, et décide de retrouver son ami Holmes à Baker Street. Cela tombe bien car le détective lui aussi s'ennuie, sans vraiment vouloir l'avouer, même s'il procède à de mystérieuses préparations chimiques. Une invention qui devrait révolutionner la science criminelle. Watson recueille dans la rue Wendy, une gamine qui se fait rouer de coups par un ivrogne et la place sous la protection de Madame Hudson, leur logeuse. George Abberline, inspecteur divisionnaire de police, leur rend visite et leur demande de l'aider dans l'enquête qu'il mène actuellement. Un meurtre sordide a eu lieu à Whitechapel et les policiers pataugent. Abberline et son supérieur Charles Warren redoutent une émeute si les forces de l'ordre investissent le quartier. Seul Holmes peut s'infiltrer parmi la pègre sans soulever de remous. Les deux compères vont donc sillonner les rues, les ruelles et impasses de ce quartier mal famé mais les meurtres se succèdent. Ils rencontrent tenanciers de bars, prostituées, commerçants, ivrognes, mendiants, gamins, mystificateurs. Des pistes s’offrent à eux mais débouchent souvent sur des culs-de-sac. Parmi leurs pérégrinations, parfois en duo, parfois en solo, chacun déambulant de son côté, ils vont avoir de drôles de surprises. Un médecin légiste, un directeur d'hôpital psychiatrique, un spirite, un acteur interprétant Dr Jekill et Mr Hyde, un ingénieur expérimentant une toupie géante pour le forage de tunnels pour l'implantation du métro londonien, et bien d'autres encore.
Ce gros roman de 440 pages plonge le lecteur dans le Londres de l'ère victorienne s'approchant par la description des lieux de perdition, des différents personnages qui gravitent au coeur de Whitechapel de l'atmosphère des œuvres de Charles Dickens. Bob Garcia fait revivre la cité plongée dans le brouillard, la pluie, la saleté, les ruelles tortueuses pleines d’immondices, les gamins paumés qui tentent de survivre, les femmes devenues prostituées et piliers de comptoir parce que leurs maris les trompaient, les battaient, dépensaient l'argent durement gagné dans les bouges en fin de semaine. Une histoire qui est une véritable débauche d'idées, une dénonciation de la misère humaine souvent pathétique, un foisonnement d’avatars subis par nos deux héros : le mal-être de Watson torturé par la maladie de sa femme, par l'affection louche qu'il ressent pour Wendy sa petite protégée, par ses rêves, ses cauchemars plutôt, issus de ses campagnes militaires. Les tentatives de Holmes pour trouver la formule chimique qui devrait révolutionner les résultats des enquêtes criminelles, son pressant besoin d'argent, les clients ne se bousculant pas à sa porte et un lourd secret qu’il porte en lui comme un fardeau. On retrouve aussi l’inspecteur Lestrade, qui ne sort pas grandi de cette aventure. Avec tout ce qu’il inclut dans ce roman qui ressemble fort aux feuilletons du XIXe siècle, Bob Garcia avait la matière d'écrire plusieurs ouvrages. Une imagination qu'il catalyse avec brio. Les dialogues sont souvent savoureux et comme pris sur le vif, en forme de brèves de comptoir. Sans omettre les petites piques lancées sous formes d'aphorismes, comme celle-ci proférés par Holmes à l'encontre de Lestrade : L'intelligence policière est une contradiction en soi.

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