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Accueil » Critiques » Duel en enfer : Sherlock Holmes contre Jack L'Éventreur
Duel en enfer : Sherlock Holmes contre Jack L'Éventreur Critique de
Duel en enfer : Sherlock Holmes contre Jack L'Éventreur
par Bob Garcia
chez du Rocher
14 novembre 2008
» voir la fiche bibliographique
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres critiques
Rires et lames Novembre 27, 2008

L'histoire ? Tout est dans le sous titre: Sherlock Holmes affronte Jack l'éventreur.
La question qui se pose: est-ce que cette énième confrontation était bien nécessaire ?
La réponse: je ne sais pas trop (C'est hyper clair, hein ?)
Il me faut d'abord avouer avoir pénétré dans cette aventure à pas prudents: autant j'avais adoré "Le testament de Sherlock Holmes", autant "La Ville monstre" et la nouvelle holmésienne de Bob Garcia dans "Sherlock Holmes dans tous ses états" m'avaient laissé de marbre.
Durant les cent premières pages, je me suis franchement ennuyé ( on me pardonnera tous ces "je" mais, finalement, c'est plus honnête et, surtout, moins subjectif, que d'écrire "c'est franchement ennuyeux"): des personnages flous qui s'agitent beaucoup, qui vont et viennent mais dont on se fiche un peu. Puis est arrivé un premier éclat de rire.
Bob Garcia a beaucoup d'humour, c'est le moins que l'on puisse dire.
Lors de certains passages, particulièrement tordants, je me suis même fait la réflexion que, plutôt que de dédicacer son livre à Jeremy Brett, il aurait mieux fait de le dédicacer à "la caricature de Jeremy Brett dans les bd de Veys et Barral" tant c'est ce personnage dessiné que j'ai imaginé en suivant les actions et réflexions du Sherlock Holmes présenté ici.
Du coup, les fameuses introspections des personnages (de Watson en particulier) m'ont semblé tomber comme des cheveux sur la soupe. Un peu comme si on avait deux romans en un et que l'humour déglingué du premier bouffait le sérieux du second et vice et proquement.
La partie humour est, à mon sens , la plus réussie: Bob Garcia s'est tellement approprié les personnages, le Watson qui nous est présenté a tellement peu de points communs avec celui du canon, que ses problèmes de conscience semblent émaner d'un type qui nous est tout à fait étranger et n'éclairent en rien tel ou tel aspect déjà connu du brave docteur. Bref, pour utiliser un mot pas trop gentil, ça m'a semblé un peu gratuit.
Gratuite aussi, l'intrusion dans l'aventure de la jeune Wendy, dont Watson tombe amoureux: le caractère de la jeune fille est à peine esquissé, elle n'est qu'une silhouette. Du coup, sa -longue- présence dans l'histoire devient presque encombrante (et pas du tout crédible: imaginer une seule seconde que Mrs Hudson laisserait une jeune femme partager le toit de deux mâles normalement constitués - du moins on le suppose - au coeur de l'époque victorienne, ça parait tout bonnement impossible): tout ce qui concernait ce personnage m'a semblé sonner faux. L'intrusion d'une jeune femme au 221b aurait pu - avec un personnage autrement mieux trempé - déboucher sur un roman à part entière, peut-être cent pour cent humoristique celui-là (ou cent pour cent fleur bleue, c'est selon).

L'enquête proprement dite risque, à mon sens, de ne pas passionner les amateurs du ripper, qui ont déjà lu tout ça cent fois ailleurs. Holmes se contente , en gros, de découvrir les victimes en même temps qu'Aberline. Dès le début du roman, on sait donc qu'il y aura cinq meurtres que Sherlock Holmes ne pourra pas empêcher. Cinq meurtres dont tous les riperologues - et leurs lecteurs - connaissent les moindres détails. D'où une impression de déjà-vu, qui va jusqu'à donner envie de lire certains passages entre les lignes. D'autres pasticheurs avaient pris soin de ne mêler Holmes à l'histoire qu'une fois la série de crimes bien entamée (si j'ose dire !) Bob Garcia débute son récit peu avant le premier assassinat (Polly Nichols) et suit un parcours(forcément) trop balisé. Bref, pour que le lecteur apprécie pleinement le suspense et les détails historiques il faut presque que ce livre soit le premier qu'il parcourt sur le sujet.
Quant à l'explication finale, l'identité du riper, elle m'a semblé elle aussi fort peu crédible.

Quelques autres détails m'ont fait tiquer (ils feront sans doute bondir des holmésiens plus puristes que moi) ainsi que quelques coquilles du genre "Holmes joignit l'extrémité de ses doigts joints" (et, même si l'on considère qu'il n'y a pas de faute d'orthographe au niveau des noms propres, transformer - lors d'un sympathique hommage - Thierry Saint-Joanis en Thierry Saint-Joannis, est-ce bien raisonnable pour un membre de la SSHF ?... tttt, tttt.)

Reste que je n'ai pas lâché le bouquin avant le mot fin et les premières lueurs de l'aube. Le fait que j'avais cru découvrir l'identité du ripper dès le départ - en me plantant complètement, cela va sans dire - et que j'étais impatient de vérifier ma "théorie" y est pour beaucoup. Mais l'humour omniprésent, dont Bob Garcia fait preuve, y est pour plus encore.

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