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Accueil » Critiques » La Solution finale
La Solution finale Critique de
La Solution finale
par Michael Chabon
chez Robert Laffont
11 octobre 2007
» voir la fiche bibliographique
par
Manu Baranovsky
Ses autres critiques
Laborieux et lourd, quel dommage ! Septembre 1, 2008

Le titre du livre, « La solution finale », m’a semblé inapproprié ; « L’enfant et le perroquet », « Le vieil homme et le perroquet », quelque chose de moins prétentieux aurait été plus adapté. Car au lieu d’un livre d’enquête, de guerre ou d’espionnage (ces éléments sont des prétextes, traités de manière assez floue), Chabon nous propose un livre centré sur les sentiments, les impressions, et les relations d’un Sherlock Holmes de quatre-vingt dix ans avec un enfant rescapé de guerre, et les relations de cet enfant avec son perroquet.

Holmes âgé, on l’a déjà vu : une série d’Yves Varende reprend un détective âgé mais encore vert confronté aux agents du Kaiser, lors de la première guerre mondiale ; le très remarqué « Les abeilles de Mr Holmes », de Cullin, propose un Holmes atteint de la maladie d’Alzheimer. Ici, l’approche est différente, l’ambiance, la subjectivité du grand âge perçu par le lecteur est recherchée : les os craquent au moindre mouvement, le temps défile sans que le cerveau amoindri et les perceptions fatiguées s’en aperçoivent, l’orgueil en est atteint… Le détective va pourtant, au nom des sentiments que lui inspirera un jeune garçon hors-normes, remettre en marche sa vieille « machine » fatiguée. Il se trouvera pris entre sa rigidité (mentale comme physique) accentuée par le trop grand âge, et l’obligation de revoir un Londres qui a beaucoup évolué, qu’il ne maîtrise plus (la ville-monstre pourrait cette fois le dévorer, lui qui la connaissait si bien), de traiter avec une police qui le considère comme une légende du passé, et dépassée…

Il est déjà presque un fantôme.

Que Sherlock Holmes redevienne une machine à détecter, pour une enquête finalement assez triviale, et, surtout, motivé par l’affection (!) que lui inspire un enfant, était vraiment une idée suffisament décalée pour être excellente.
L’auteur tente de la traiter, et il y arriverait assez bien –et c’est là l’élément extrêmement négatif de l’ouvrage- si le style de l’écriture, traduite par Isabelle D. Philippe, n’était pas aussi lourd. Parler d’ « organe de l’olfaction » au lieu du « nez », faire des propositions à rallonge qu’on pourrait scinder en trois phrases, toutes significatives pourtant, donner une foule de détails qu’on ne peut hiérarchiser, noyés dans ces propositions, tout cela lasse rapidement.

J’ai eu de la difficulté, donc, à rentrer dans l’ouvrage, et le sentiment de devoir m’accrocher pour arriver au bout d’une intrigue mince, qui est finalement moins l’intérêt de ce livre que l’ambiance, qu’on aurait dû transcrire bien plus simplement.
Tout cela mériterait peut-être, du coup, une nouvelle traduction -« adaptation ».

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