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Accueil » Critiques » La ligue des gentlemen extraordinaires
Critique film
La ligue des gentlemen extraordinaires
par
Kevin Collette
Ses autres critiques
Un Bond chez Sherlock Holmes ! Septembre 30, 2003

Très bonne surprise que cette Ligue des Gentlemen Extraordinaire (ou LXG pour les branchés) - malgré un bouche à oreille désastreux (empoignades du grand Sir Sean avec son réalisateur bizut, tornades à Prague, décors atomisés et autres dépassements de budget à faire verdir les financiers de la Fox...) et une tendance affichée à se coltiner avec le public adolescent de Hulk et autres Charlie's Angels 2.



Lorgnant délibérément du côté des aventures d'un célèbre Professeur/Archéologue, le film est une adaptation libre d'un comics culte britannique créé dans les années quatre-vingt.

Une sorte de proto-version victorienne et déjantée des X-Men, pourrait-on même insinuer... Hélas, pour plaire au spectateur Américain, on a dû effectuer quelques coupes sombres dans la composition même de l'équipe de base. Scandale : Tom Sawyer - le héros de Mark Twain - y remplace le personnage qui aurait pu justifier l'ensemble de ma critique littéraire vu ma, euh, 'spécialisation' du Genre.
A savoir, l'agent britannique Campion... Bond !

Un simple homonyme, me direz-vous ? Pas vraiment, Alan Moore Campion Bond est bien censé être un des lointain aiëuls du futur 007. Il reçoit même ses ordres d'un mystérieux chef connu sous la seule lettre de... M !

Bien dommage donc que les producteurs frileux aient finalement décidé de se passer des services de ce Bond-ci (histoire de conserver la thématique 'Service Spécial?, le malheureux Tom Sawyer se voit lui promu... agent spécial du gouvernement des Etats-Unis. Un collègue de James West en quelque sorte. Le délire...).



Revenons au film, dont l'architecture est soutenue à bout de bras par un Sean Connery en grande forme, cabotineur comme jamais, et très à l'aise dans son personnage de leader charismatique. L'aventurier Allan Quatermain (héros des romans de Ridder Haggard est incarné par le bellâtre Richard Chamberlain dans deux productions Cannon poussives des années 80).

Une reconstitution grandiose du Londres des siècles passés fût érigée à Prague par la production. La Banque d'Angleterre toute entière constituant l'un des décors d'une séquence d'action à faire pâlir Indiana Jones...



Quid du film en lui-même ?

Problème récurrent avec les équipes de Super Héros : on prend un temps fou à rassembler tout ce joli monde (les deux tiers du film, en fait). Si la présentation un peu longue (mais justifiée vu son statut de 'Professeur X') de Allan Quatermain ouvre le récit à la manière de Rudyard Kipling, et si la capture du bon Dr. Jeckyll à... Paris (où de mystérieux crimes sont donc perpétrés par son alter ego vindicatif dans la célèbre rue... Morgue ) permet de se faire une idée de ce qu'aurait pu être un Hulk réalisé seulement avec de bonnes prothèses et maquillages spéciaux, d'autres membres de la ligue ne bénéficient pas du luxe d'une introduction particulière : c'est le cas du dandy Dorian Gray ou de la scientifique Mina Harker (mal remise de ses étreintes amoureuses avec un certain Comte de Transylvanie). Bref, on sacrifie certains personnages au profit d'autres...
Question intrigue, une fois tout ce joli monde finalement réuni dans le bureau de 'M', la véritable mission commence : empêcher qu'un mystérieux 'Fantôme' ne fasse - littéralement - couler Venise à l'occasion d'une conférence de la Paix tenue par la Société des Nations (ancêtre de l'O.N.U.) . Nous sommes, il est vrai, quasiment à la veille de la Première Guerre Mondiale.



Histoire d'arriver incognito, la joyeuse bande s'embarque donc à bord du Nautilus - un mastodonte sous-marin qui réduit la version de celui de Richard Fleisher à une aimable maquette (on se demande d'ailleurs comment un submersible de la taille du Titanic - je n'exagère pas... - peut arriver à se glisser sans encombre dans les canaux Vénitiens. Passons...).



'In the nick of time?, la LxG arrivera bien sûr à contrecarrer les projets démoniaques du méchant 'Fantôme'. Ce qui ne constitue en fait qu'un hors-d'oeuvre avant l'assaut final de la forteresse Tibétaine du très méchant...



Les amateurs de l'Angleterre Victorienne y trouveront donc leurs compte, et s'amuseront à déceler les (très) nombreuses allusions à divers personnages de fiction bien connus qui parsèment le film.

Les Holmésiens, quant à eux, applaudiront des deux mains à la révélation finale de la véritable identité du 'Fantôme'...



Il est regrettable que le box-office Américain se soit montré des plus frileux cet été avec cette adaptation réussie. Un second volet - qui n'aurait donc point eu à présenter l'intégralité des membres de l'équipe - restant donc à l'heure actuelle extrêmement hypothétique...

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