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Accueil » Critiques » La Malle de l'ingénieur
La Malle de l'ingénieur Critique de
La Malle de l'ingénieur
par Luc Zana
chez Fides
15 juillet 2007
» voir la fiche bibliographique
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres critiques
Il manque un tigre dans le moteur Septembre 8, 2007

En 1913, dans l'atmosphère de menace qui précède la première guerre mondiale, Sherlock Holmes et Watson sont chargés par le gouvernement britannique d'une mission consistant à soustraire l'ingénieur Rudolf Diesel, réfugié en Belgique, des griffes de l'amirauté allemande.

Il est des livres dont on n'a pas envie de dire du mal...et pourtant. Celui-ci en fait partie: l'auteur est manifestement un véritable admirateur des aventures de Sherlock Holmes et, à défaut d'autre chose, cette admiration ressort clairement de la moindre ligne composant son pastiche. En soi, la démarche est déjà sympathique. J'ajoute que, bien qu'un peu tirée en longueur, l'histoire en vaut bien une autre: elle est fertile en rebondissements ( dont un duel à la canne-épée sur la passerelle d'un sous marin qui n'est pas sans évoquer les exploits d'un certain Indiana Jones, autre référence extrêmement sympa), plutôt bien conçue (si l'on excepte le coup de théâtre en dernière page qui, tout en replaçant l'histoire dans une autre perspective, frôle le ridicule) , fort bien documentée quant à l'arrière plan historique...

Dans ce cas, qu'est-ce qui fait que le lecteur a beaucoup de mal à accrocher ? Où le bât blesse-t-il ?
Oublions d'entrée de jeu la grosse incohérence canonique par laquelle s'ouvre le livre ( en 1913, Sherlock Holmes ne pouvait séjourner en Suisse puisqu'il se trouvait aux Etats-Unis, occupé à infiltrer l'organisation de Von Bork), cela n'a d'importance que pour les puristes et ne peut véritablement entraver le plaisir de lire un pastiche bien conçu ( le canon lui-même, après tout, regorge d'incohérences de ce genre).
Ce n'est, en tout cas, pas cet aspect qui m'a gêné.
Le principal handicap du livre, à mon humble avis, est le style de l'auteur. Certes, en quatrième de couverture, Luc Zana prévient aimablement le lecteur que " La malle de l'ingénieur" est son premier roman, ce qui incite à l'indulgence (d'autant que, manifestement, notre homme n'a pas la grosse tête et ne songe qu'à partager son plaisir avec le lecteur).

Mais, cela n'empêche qu'il faut parfois se frayer un chemin à la machette parmi les phrases très lourdes, répétitives ou simplement mal construites. Comment un correcteur a-t-il laissé passer des phrases telles que " Je l'invitai à prendre le canapé" ( au lieu de "Je l'invitai à s'installer sur le canapé") ou " A à peine quelques mètres de la porte de la cabine..." ( plutôt que "A quelques mètres à peine de la porte de la cabine...") ? Deux exemples parmi des centaines d'autres (on en trouve à chaque page, pour ne pas dire à chaque paragraphe).

On dira que je chicane ou que je violente les mouches mais, honnêtement, ces tournures laborieuses nuisent considérablement au plaisir que le lecteur pourrait prendre à suivre cette aventure.

L' autre gros point faible est le manque d'épaisseur des personnages. Holmes et Watson n'ont guère de relief. A tel point qu'il en devient difficile de s'attacher à eux alors que notre sympathie leur est pourtant acquise d'emblée. Quant aux personnages secondaires, ce sont de simples silhouettes ( trop nombreuses et trop floues d'ailleurs: on finit par ne plus savoir qui est qui parmi ces agents secrets interchangeables qui, en douce, donnent un coup de main à nos héros).

En résumé, le résultat est un essai totalement inabouti mais assez sympa. On espère un second pastiche de Luc Zana qui aurait la même fraîcheur de regard mais serait écrit de façon plus "pro".

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