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Accueil » Critiques » Les 3 BDs de Croquet/Bonte
Sherlock Holmes, T3 : L'ombre de Menephta Critique de
Sherlock Holmes, T3 : L'ombre de Menephta
par
chez Soleil
1 janvier 2001
» voir la fiche bibliographique
par
Bernard Oudin
Ses autres critiques
Une opinion discordante Février 5, 2001

A propos des BD « Sherlock Holmes » de Bonte et Croquet Une opinion discordante
par Bernard Oudin Après L'Etoile sanglante, paru en 1997, et La Folie du Colonel
Warburton en mai 2000, l'équipe Jean-Pierre Croquet-Benoît Bonte vient de publier
un troisième album, L'Ombre de Menephta. Avant de parler du dernier paru, le deuxième
n'est pas si ancien qu'on ne puisse y revenir un instant. D'autant que je tiens
à faire entendre une voix discordante. En novembre 2000, une volée de bois vert
s'est abattue sur La Folie du Colonel Warburton. Trois opinions s'y exprimaient,
toutes les trois convergentes, et même répétitives, dans une critique pour le
moins sévère. Cette belle unanimité m'a aussitôt donné envie d'aller y voir de
plus près. Disons tout de suite que je comprends la critique, d'ailleurs relativement
modérée, que nos trois amis ont fait du dessin. Mais le Sherlock Holmes de Benoît
Bonte est tout de même bien supérieur à ceux de la série Lefrancq, que ce soit
celui de Stibane ou, à plus forte raison, celui de Di Sano, mais le visage reste
anguleux (surtout la chevelure) et nous laisse un peu insatisfait. Bref, la représentation
graphique de Holmes, qui serait à la BD ce que Jeremy Brett fut à la télé, reste
à trouver. Peut-être, un jour, un grand du 9e art (un Tardi, un Bilal) s'intéressera-t-il
au maître de Baker Street ? On peut toujours rêver.

J'ai bien aimé, en revanche, la précision du décor. Le Londres victorien est parfaitement
rendu. Pour faire une comparaison avec de grands classiques, le Londres de Benoît
Bonte n'a peut-être pas la perfection de celui d'Edgar P. Jacobs dans La Marque
jaune mais vaut largement celui de Floc'h dans Le Rendez-vous de Sevenoaks. En
revanche, je ne comprends pas, mais alors pas du tout, la sévérité des commentaires
de nos amis sur les scénarios de Jean-Pierre Croquet. « Amalgame de morceaux piqués
à Conan Doyle », écrit Alexis Barquin. « Mélange peu inspiré », ajoute Jean-Pierre
Crauser. « Plagiat », accuse Marc Madouraud. Ce mot de « plagiat » me laisse pensif.
Car, enfin, tous les pastiches holmésiens sont, par définition, des plagiats !
Tous obéissent au même schéma, concoctent des histoires qui ont la même tonalité,
la même ambiance, le même genre de personnages, de situations et de dialogues
que dans le Canon. Pour reprendre l'exemple de La Folie du Colonel Warburton,
le fait que le décor (mais non l'intrigue qui, elle, n'a rien à voir) évoque certains
aspects du Chien des Baskerville, ou que d'autres détails fassent penser au Signe
des quatre, n'a rien de scandaleux. Là encore, c'est la loi du genre : tous les
pastiches sont truffés d'allusions à des aventures du Canon ou à des épisodes
de la vie de Conan Doyle. C'est affaire de définition : suivant qu'on aime ou
qu'on n?aime pas, on peut qualifier ces allusions de « plagiat », genre condamnable,
d?« adaptation », ce qui a déjà meilleure allure, ou de « clins d'?il » qui font,
comme chacun sait, la joie des spécialistes. Alors, SVP, pas de mauvais procès.
L'important, c'est que les intrigues soient bien ficelées, et celles des trois
albums le sont. Preuve, au passage, que Jean-Pierre Croquet n'a rien d'un imitateur
servile, il s'est permis, dans La Folie du Colonel Warburton, une entorse à la
tradition : il nous livre deux dénouements, l'un rationnel, l'autre relevant du
fantastique.

La place me manque pour parler du troisième album, L'Ombre
de Menephta (59 F, 48 pages, Soleil productions), qui joue lui aussi de deux registres,
mêlant adroitement la malédiction des pharaons à un zest de science-fiction. Je
n'ai pas boudé mon plaisir, même si l'europhile que je suis renâcle un peu à voir
les Allemands du kaiser caricaturés en affreux pré-nazis. Réveille-toi, Jean-Pierre,
la Première Guerre mondiale est finie ! Mais ce n'est qu'un détail, et l'ensemble
est excellent. Et qu'on n'accuse pas à son tour le malheureux Benoît Bonte d'avoir
plagié Robida. Là encore, il ne s'agit que d'un clin d'?il, limité à un unique
dessin?

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