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Accueil » Critiques » Conan Doyle : De Sherlok Holmes au professeur Challenger
Conan Doyle : De Sherlok Holmes au professeur Challenger Critique de
Conan Doyle : De Sherlok Holmes au professeur Challenger
par Hélène Machinal
chez PUR
5 novembre 2004
» voir la fiche bibliographique
par
Manu Baranovsky
Ses autres critiques
Eclairant mais savant ! Juillet 11, 2007

Le propos d’Hélène Machinal est ambitieux, mais son travail est à l’avenant. Elle prétend montrer le « fil rouge », les liens qui existent, le lien, même, qui dicta les trois types de travaux littéraires de A.C.D. : le policier, la science-fiction, et le fantastique. Il s'agit de sa thèse, sous la direction de l’éminent Jean-Pierre Naugrette.
Très universitaire dans le ton, ce livre s’approche un peu comme un puzzle : des tas de thèmes différents qui, assemblés, visent à démontrer la cohérence de l’œuvre Conan Doylienne. L’auteure, avec ce travail, se donne les moyens de son ambition. Encore faut-il que le lecteur en appréhende la globalité au travers de cette densité de différents éléments assemblés… En d’autres termes, tout cela est brillant, mais long ! Et peut-être le détail finit-il par cacher le global.
Maître de conférence à l’Université de Bretagne Occidentale, Machinal sasse donc l’œuvre Holmésienne, dans un premier temps, au travers de plusieurs thématiques enrichissantes : la mise en abyme et le rôle (lecteur, acteur, scénariste, dupe…) de chacun (Holmes, Watson, autres personnages principaux… et lecteur) dans les structures de récits. Les différents types d’histoires (fantastique, secret, structures parallèles secrètes…). D’autres thèmes pourraient sembler plus classiques à l’holmésien (La ville tentaculaire, le mal, la campagne, le crime…) mais l’approche de Machinal, souvent psychanalitique je trouve, est d’un tel pointu qu’elle est souvent d’un apport intéressant. Par exemple, les métaphores animales, analysées par elle, prennent un sens particulièrement intéressant dans le contexte moral Victorien.
On retrouvera également des apports plus classiques (la structure du récit policier…) qui viennent salutairement éclairer les récits Holmésiens.


Les parties suivantes ne sont plus Holmésiennes, je résume donc davantage mon propos.
Machinal continue, sur un ton aussi érudit, à décortiquer et analyser le passage du policier au fantastique, et les techniques littéraires, narratives, les effets… d’ Arthur Conan Doyle, décidément talentueux ! Le témoin crédible car rationaliste (l’époque est au positivisme, rappelons le), les signes et traces (cris, odeurs… l’auteur pousse toujours savamment son décryptage) qui font entrer le récit dans le fantastique. L’art de la subversion du réel par l’auteur avant-gardiste qu’était Conan Doyle nous est ainsi rendu accessible, nous permettant d’apprécier d’autant mieux son talent immense.
En dernière partie, Machinal analyse tout aussi scientifiquement les procédés narratifs utilisés, parfois presque inventés par Sir Arthur dans ses romans d’anticipation, ce qui, comme tout le reste du livre, est aussi éclairant d'un point du vus strictement littéraire.

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