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Accueil » Critiques » Sherlock Holmes et le secret des lettres
Sherlock Holmes et le secret des lettres Critique de
Sherlock Holmes et le secret des lettres
par Jean-Claude Bologne
chez du Rocher
1 mars 2003
» voir la fiche bibliographique
par
Manu Baranovsky
Ses autres critiques
Un Holmes plus "âme" que détective. Avril 5, 2007

Périmé ! le « Da Vinci Code » : l'idée, bien que farfelue, est bonne !

Bologne nous ressort l'idée, déjà lue ailleurs (chez Baring-Gould ou un autre, je ne sais plus...) que la vie entière de Sherlock Holmes est déterminée par un événement dramatique survenu à ses 10 ans : sa mère musicienne (piano et... violon !) voulant le protéger d’un essaim d’abeilles (tiens donc !), l’a protégé sous ses jupons (quel traumatisme !). Elle est morte des suites de l'attaque apicole et le père Holmes en aura toujours gardé rancune à Sherlock.
Mais ce n'est qu’une anecdote. L'histoire principale permet au détective de découvrir, aidé de Charles Cros, les traces de la voix du Christ, gravée dans des poteries d’époque, à la façon des rouleaux de phonographe d’Edison. A côté de cela, les prélats du Vatican, qui cherche à faire disparaître les terres cuites, meurent bizarrement ces trois dernières années... Nos trois amis se rendent donc en Palestine, où après quelques péripéties narrées rapidement, nous verrons Cros s’extasier devant ce petit miracle : il fera tourner les poteries pour en entendre le microsillon, dont le message laisse un peu à désirer. Il sera quand même révélé à nos amis quelques mensonges des prophètes Luc, Jean, Marc...
La forme (narration par le Dr Watson) est canonique, mais ce n’est pas la main habituelle de l'écrivain de Baker Street que nous retrouvons ici : le style, joli, est plus familier, osant davantage de commentaires personnels, ce qui n’est pas pour me déplaire. Plus plaisant encore, le beau scepticisme rationaliste de Sherlock Holmes face au « miracle », confinant presque au handicap, jusqu’à ce que le détective arrive enfin à s’émouvoir pour du plus tangible, devant la nature humaine.

Le testament de sable

Le testament d'Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, disparaît. Se le disputent des religieuses (soeur Epine), des francs-maçons – les « Terminateurs » d'un genre particulier, des Tsaristes et... Sherlock Holmes. Là encore, l'idée est originale, qui tient dans les cinq lignes suivantes, à ne pas lire si vous préférez garder le suspense : l’obédience maçonnique particulière dont il est question possède et distribue quelques livres blancs que peuvent remplir, en guise de testament, les élus (Voltaire, Pascal, De Nerval...). Leur particularité est de s'effacer automatiquement au bout de 20 ans, ce qui confère à cette écriture une place proche de la parole, d’un rapport différent à soi et à la postérité, et plus saine spirituellement... Le livre à nouveau blanc est ensuite remis à un autre testamentaire N'y aurait-il pas moyen de lire, comme dans « Le chanteur d'âme », les sillons des vieilles écritures effacées ?

Si l'idée est bien trouvée (quasi l'inverse du classique « livre qui écrit tout seul votre biographie » ), elle m'a semblé toutefois moins accrocheuse d'intérêt que « Le chanteur d’âme ». Les enjeux sont à mon sens un peu tirés par les cheveux, même si la chute est... « rigolote ». Nuit également au suspense une narration à deux degrés : en effet, Holmes et Watson sont dans un wagon, et c'est là que le détective se met à raconter le passé. Des allers-retours peu justifiés entre la narration du passé et des échanges au présent, ainsi qu'un style un peu moins pointu que dans l’histoire précédente, favorisent la confusion.

La rectificatrice

« Hurrah ! Cornes-au-cul , vive le père Ubu ! »

J'ai ressenti dans cette histoire, un peu plus encore que dans la précédente, une sorte d'impression que nos héros sont doucement ballottés, comme par une rivière lente, d'un événement à l’autre. Cela donne au récit une impression de prédestination nonchalante, comme si l'on ne pouvait de toute façon pas éviter les évènements à venir. C’est assez bien vu, dans le ton général de l'histoire, ou plutôt de l’Histoire, puisque le temps passé nous confirme tout, mais j'aurai aimé un Holmes plus combatif, moins « simple témoin ». L'histoire reste très lisible, bien sûr, et l'écriture de qualité.
C'est autour du « Chat Noir », à Paris, que tourne la dernière partie du livre. Holmes et Watson, toujours sur les traces de Charles Cros (lire « Le testament de sable » et, surtout, « Le chanteur d'âme ») et chapeautés par Alfred Jarry, y trouveront un monde poético-surréaliste en fin de vie, déprimé, et pour tout dire décimé. Prochaine victime, Rimbaud, suivant sur la liste des « rectifiés » ou « décervelés » ; c'est le réactionnaire anti-communard Hebert (d'où vient l'Hébertisme) qui a inventé [NE PAS LIRE SI VOUS NE VOULEZ PAS VOUS GACHER LE SUSPENSE] une machine pré-télévisuelle, qui ampute l'homme dangereux, le poète donc, de sa créativité...

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