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Accueil » Critiques » Sherlock Holmes : La nuit des sacrifiés
Critique jeu vidéo
Sherlock Holmes : La nuit des sacrifiés
par
Manu Baranovsky
Ses autres critiques
Un beau jeu d'aventure, mais un jeu d'aventure quand même Février 14, 2007

Pour un jeu d'aventure, « La nuit des sacrifiés » est super bien fait ! Mais voilà, je n'aime pas les jeux d'aventures. Même en 3D, ce qui est pourtant un progrès notable du genre. D'ailleurs, j'avoue m'être vite fait aider d'un « walkthrough » trouvé sur le web, sans quoi j'aurai rapidement abandonné, faute de soulever le bon coin de tapis après (et pas avant, malheureux !) d'allumer la bougie à condition d'avoir fait sécher les allumettes, si et seulement si je les ai trouvées, de toute façon je ne peux rien faire d'autre dans cette scène si je ne trouve pas avant tout la vieille chaussure. Vous savez donc d'« où » je vous parle, comme ça vous relativiserez mon propos. Quand on n'aime pas les jeux d'aventures, me direz-vous, on n'en fait pas et on ne casse pas les pieds ou pire de ceux qui aiment. Certes, mais comme ce sont les aventures de Sherlock Holmes, je me suis lancé, sachant que j'allais m'exposer à l'énervant et au frustrant.

Du positif

« La nuit des sacrifiés » nous propose quand même beaucoup de belles images ! Dans des décors variés, d'époque, mais souvent trop désertiques en humains, la connaissance des auteurs ainsi que leur souci du détail (des plafonds à caissons ou un poêle émaillé par exemple) rendent grâce aux yeux du joueur, le plongeant sans conteste dans une époque et des lieux dépaysants. Les ambiances sont soignées, notamment grâce aux musiques d'ambiance, et les voix des personnages sont crédibles, même si parfois un peu lentes, ais-je trouvé. Un bon décorum, donc, puisque le cadre général est respecté.

Le cadre Holmésien aussi. Il est évident que l'équipe de création du jeu possède une connaissance de Sherlock Holmes : une illusion lointaine à son ex-toxicomanie, un salon de Baker Street crédible, un appel à information (suivi de peu d'effets) aux « Irréguliers de Baker Street », le fait que la pipe du détective ne soit pas une pipe calebasse. Tout cela ravira le joueur d'aventure, et encore plus si d'aventure il est Holmésien.

L'histoire est cohérente, et la promesse de plongée dans l'horrifique, annoncée par une enquête au sujet du dieu « Cthulhu » que connaissent tous ceux qui ont approché Lovecraft, est respectée. Ouf ! Heureusement, le jeu est bourré d'humour ; au moins pour sa première moitié, car la tension dramatique et glauque monte ensuite, nous autorisant moins à rigoler.

L'interface d'interactivité avec cet ensemble fonctionne plutôt bien. Le plus souvent heureusement, les actions sont assez évidente, et facilitée par des accessoires assez nombreux et combinables. Ajoutons que Sherlock Holmes possède la capacité de s'accroupir pour rechercher des indices. Ces déplacements se feront, tableau après tableau, dans une liberté de déplacement relative mais existante.

Les casse-tête, jeux qui permettent d'avancer dans l'intrigue, ou bien géographiquement, sont réalisables pour la majeure partie d'entre-eux. Ils entrecoupent le plus souvent de manière plaisante et bienvenue la progression de l'histoire. Certains, plus mathématiques dirais-je, en deuxième moitié de scénario, m'ont par contre sérieusement irrité. Si le plaisir du joueur de jeu d'aventure est plus de chercher longtemps que de résoudre, il saura en jouir.

Du négatif

D'abord, le scénario. L'histoire est bonne, mais... Je ne comprend pas pourquoi ce travers du jeu d'aventures : les scenarii sont toujours ultra linéaires. En terme d'action, premièrement : c'est telle action dans tel lieu et pas autre chose, malgré quelques maigres choix sans conséquences ! Pourquoi, mais pourquoi faut-il obligatoirement trouver l'endroit précis d'une action, qu'il serait toute aussi efficace de tenter ailleurs ?

Linéaires en terme d'intrigue, ensuite : comme Holmes va nécessairement devoir arriver à telle ou telle étape de son aventure,
sa progression sera toujours la même, et le résultat toujours le même, puisque aucun choix réel, avec des conséquences différenciées pour le scénario s'entend, n'est possible. On est loin d'un Deus Ex, par exemple, en terme de liberté d'un jeu qui pourrait contenir quelques alternatives scénaristiques, augmentant par ailleurs ainsi la durée de vie du jeu, à refaire plusieurs fois.

J'ai joué sans le patch téléchargeable sur le web, et je n'ai connu que quelques bugs mineurs : faire le passe-muraille au travers d'un lit en baldaquin n'est pas gênant en soi. mais c'est dommage car c'est en quelque sorte un « retour au réel ».

Certaines scènes, les scènes de furtivité (à l'hôpital Suisse, ou plus tard, quand Holmes essuie des coups de feu) m'apparaissent peu crédibles : on pourrait rêver à des systèmes de jeu où le personnage joue avec les zones d'ombre, avec son propre niveau sonore, avec le champ de vision des adversaires (le jeu « Dark project » a bien réussi la chose il y a quelques années). Ici, tous les gardes disparaissent ad vitam parce qu'une diversion mineure a fonctionné, ou bien Holmes, à la fin, circule tranquillement
debout (s'il se baissait ce serait plus réaliste mais pourquoi le faire, puisque cela fonctionne ?) tandis qu'un fanatique tire sur lui et le docteur Watson, sans avoir l'air de recharger son arme d'ailleurs.

Voilà, nous avons donc ici, apparemment, un bon et beau jeu d'aventure, en trois dimensions, avec background, jouabilité et scénario soignés, mais avec les limites d'un genre qui, je l'espère, seront dépassées lors d'un futur jeu de « rôle-action-aventure » mettant en scène notre héros, avec une grande liberté de choix, dans des univers tout aussi adaptés.

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