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Accueil » Critiques » The Crucifer of Blood
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The Crucifer of Blood
par
Manu Baranovsky
Ses autres critiques
Un étrange parti pris. Septembre 16, 2006

"Sherlock Holmes et la croix de sang" permet à Charlton Heston d'apparaitre en tant que Sherlock Holmes, dans un téléfilm réalisé par son fils, Fraser C. Heston, en 1991.

D'abord, j'avoue ne pas être tout à fait objectif sur un aspect. Charlton Heston est un bon acteur de type "héros impassible aux nerfs d'acier". Ses prestations, si elles se ressemblent pour beaucoup, ont au moins la qualité d'un jeu "juste", toujours le même... Toute une époque, un archétype.
Mais j'ai du mal à dissocier le bonhomme de ses incarnations et ne peut m'empêcher de voir derrière les héros qu'il représente un des tenants de la National Riffle Association US, partisan de l'autodéfense et du lobby des armes à feu... C'est dit.
Les jeux d'acteurs de Watson et de Lestrade sont, eux aussi, un peu caricaturaux : Watson, un peu âgé (tout comme Heston d'ailleurs) est montré niaisement sensible (Pour une fois qu'on nous montre une de ses idylles naissantes, c'est quasi outrancier je trouve). Quand à Lestrade, je ne me souviens pas d'en avoir vu de pire. On lui a fait -ou traduit ?!- un rire de gibbon, et il n'a aucun amour propre devant les remarques de Holmes... Un lourdaud bêta très transparent : on a déjà vu incarner un Lestrade plus "profond" !

Le téléfilm, maintenant n'est pas désagréable en soi : l'intrigue se tient à mon avis d'autant mieux qu'on ne connaît pas l'histoire de Conan Doyle dont il est en partie l'adaptation. L'affaire du "Signe des 4" est la source de la trame principale de "La croix de sang", mais le film s'en éloigne régulièrement pour assumer d'autres hypothèses et entraîner des rebondissements alternatifs...
C'est un choix étrange que de coller à la "réalité" d'une histoire telle que voulue originalement par l'auteur, et de chercher à l'enrichir. L'intrigue de Conan Doyle est pourtant en soi suffisamment puissante sans qu'on ait besoin de la modifier, selon moi... Mais pourquoi pas, à la limite. Sauf que cet "enrichissement" du téléfilm modifie, voire affaiblit certains ressorts essentiels de l'intrigue de base... Tonga devient presque anecdotique (heureusement, car il est mal imaginé), le trésor ne disparaît pas au fond de la Tamise, les Irréguliers de Baker Street n'aident pas Holmes à retrouver le bateau de la poursuite finale, le docteur Watson ne se mariera pas suite à la rencontre de la douce blonde... Voilà bien des libertés qu'on pourrait aimer voir argumenter. Dommage.

Les reconstitutions sont de qualité, c'est un bon point : tant les passages aux Indes, trente ans plus tôt, que les décors du 221B Baker Street -avec éclairage au gaz, courrier planté au couteau sur la cheminée, laboratoire de salon...- , de la fumerie d'opium ou bien de Pondichery Lodge sont travaillés, presque stylisés dans un certain dépouillement parfois, avec des ambiances inquiétantes, brumeuses, orageuses... en réponse à la promesses d'un générique aux lettres de sang. Il se crée donc assez vite un climat noir, plus noir que le drame Doylien : ici, nous touchons au sordide, à la folie des hommes (et des femmes...), que rien ne viendra racheter.

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