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Accueil » Critiques » Au coeur du Naufrage
Eaux mystérieuses et mers infernales Critique de
Eaux mystérieuses et mers infernales
par Roland Lacourbe
chez L'Atalante
1 janvier 1999
» voir la fiche bibliographique
par
Marc Madouraud
Ses autres critiques
Intrigue plate et sans originalité Novembre 15, 2000

"Au coeur du naufrage" d'Edward D. Hoch.

La mode Titanic, qui aura connu son apogée grâce à James Cameron, aura décidément
tout envahi ces dernières années. Même le domaine holmésien ! William Seil, en
1997, s'est fendu d'un roman baptisé Sherlock Holmes and the Titanic Tragedy.
L'anthologie Sherlock Holmes en orbite (Sherlock Holmes in Orbit, 1995), récemment
traduite, a expédié également Holmes sur le pont du paquebot, par le biais d'un
voyage temporel, dans la nouvelle Deux options mais pas de choix de Dean Wesley
Smith. Edward D. Hoch en personne a suivi le pas avec la nouvelle qui nous intéresse
ici, Au cour du naufrage (The Adventure of the Dying Ship), parue originellement
dans une des anthologies de Marvin Kaye consacrée au grand détective, The Confidential
Casebook of Sherlock Holmes (1998). Nous devons la version française, elle, au
dynamique anthologiste qu'est Roland Lacourbe, qui nous a concocté un festival
de périls marins avec Eaux mystérieuses et mers infernales (L'Atalante, 2000),
qui fait appel aussi bien à William Hope Hodgson qu'à John Dickson Carr, en passant
par. Conan Doyle (De Profundis). Edward Dentinger Hoch demeure encore mal connu
en France, bien qu'il soit peut-être le meilleur (et en tout cas le plus prolifique)
auteur de nouvelles policières de ce dernier demi-siècle - il a aligné plus de
800 récits depuis 1955, dont plus de 180 traduits chez nous. Durant la dernière
décennie, il a rendu plusieurs fois hommage à Holmes, soit par des clins d'oeil,
soit par des pastiches recueillis dans des anthologies de Marvin Kaye ou de Martin
H. Greenberg.
Le seul de ces pastiches qui ait été traduit, Au coeur du naufrage, se déroule
donc à bord du Titanic, pour son premier et dernier voyage en avril 1912. Sherlock
Holmes, dont l'incognito est vite percé, s'y est embarqué avec un certain plaisir,
et y cotoie un jeune écrivain accompagné de sa femme, qui n'est autre que Jacques
Futrelle, le créateur de la Machine à Penser, un des plus célèbres détectives
de fiction. Le jeune retraité y rencontre aussi une belle jeune femme, Margo,
qui requiert son aide pour se débarrasser de son suiveur, le détective Pierre
Glacet, également. son mari, quoique deux fois plus âgé qu'elle ! D'abord son
employée, elle l'avait épousée par pur motif professionnel, mais le libidineux
limier avait tenté de profiter de la situation. Toutes ces situations scabreuses
n'ont que peu d'importance lorsque le paquebot teste sa résistance avec un iceberg
de passage, au moment même où le corps de Glacet est retrouvé dans une cage d'ascenseur.
Au milieu de l'affolement général, Holmes et Futrelle sont d'un avis identique
: l'homme a été assassiné ! La suite nous explique pourquoi Futrelle n'a pu accompagner
son épouse dans le canot de sauvetage, pour avoir joué les héros, et fut inscrit
au nombre des victimes, tout comme le meurtrier. Holmes a également réchappé au
naufrage, mais son récit n'a pas eu l'imprimatur de son agent littéraire.

Est-ce l'émotion d'évoquer un tel moment historique ? Toujours est-il qu'ici Edward
D. Hoch n'a pas fait preuve de son ingéniosité habituelle, et son intrigue reste
plate, désespérément sans originalité. Le charme du Titanic y figure bien, le
dialogue Holmes - Futrelle regorge de références culturelles, toutefois l'étincelle
qui fait les bonnes nouvelles n'y est pas, à l'inverse de tant de récits de ce
talentueux auteur. Vous me direz, la fin était prévisible (du moins celle de Futrelle
et du bateau), mais un peu de fantaisie n'aurait pas été superflue.

Pour ceux que le triste sort du père de la Machine à Penser et du paquebot titanesque
passionne (et même pour les autres), signalons que les éditions Rivage ont traduit
tout dernièrement un roman de Max Alan Collins - habitué de la « Série Noire »
et grand amateur de polars historiques - nommé Les Meurtres du Titanic (The Titanic
Murders, 1999), dans lequel Futrelle joue les détectives pour élucider quelques
meurtres mystérieux. Jetez-vous à l'eau !

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