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Accueil » Critiques » Le secret de la pyramide
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Le secret de la pyramide
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres critiques
Sherlock fait la guerre à l'acné Mai 15, 2006

Autant commencer en force : ce film m'agace! Bon, à la rigueur je pourrais m'arrêter là, tout est dit, bonne nuit les petits et toutes ces sortes de choses.

Non, sans rire (enfin, on va essayer)cette aventure de Sherlock Holmes située à l'âge grâcieux de l'acné juvénile et des premiers émois (" et moi, et moi, et moi" dirait Dutronc s'il avait quoi-que ce soit à faire ici!)est assez...bin agaçante, je ne trouve pas d'autre mot.

Tout d'abord parce-que le spectateur ne peut pas s'empêcher de râler devant l'incroyable luxe de la reconstitution historique (peut-être les décors les plus impressionnants jamais montrés dans un film holmésien!)au service d'une histoire aussi puerile.Carrément "cucu-la praline", oui!

Le déroulement de l'intrigue est d'avantage un prétexte à mettre bout à bout des scènes utilisant un maximum d'effets spéciaux numériques, encore tout nouveaux-tout chauds à l'époque. Certes ils sont bien fichus et plus ou moins justifiés par l'histoire (à l'exception de l'ahurissante séquence durant laquelle le jeune Watson - un petit gros ahuri dans la plus pure tradition Nigel Brucienne mais en boutonneux- hallucine ,suite à une piqûre de flèchette enduite de drogue, en imaginant sa grassouillette personne attaquée par...une armée des pâtisseries dégoulinantes et enragées ! Pourquoi pas Bambi et Panpan armés de tronçonneuses ?)mais, bon, c'est sans doute perso , en tout cas c'est pas ce que j'attends d'un film holmésien.

Plus grave est cette prétention à nous démontrer comment Sherlock Holmes est devenu ce qu'il est. Or tout se limite à des éléments purement anecdotiques, voire carrément non-canoniques: comment a-t'il hérité de sa deerstalker, de son Mc Farlane, de sa pipe calebasse ? Et, grand moment d'émotion, comme dirait Michel Drucker,n'oublions pas la vision hallucinatoire durant laquelle le spectateur découvre , l'oeil humide et les oreilles frémissantes, que Holmes a trouvé sa vocation en pistant son père (apparement un vilain cochon-vicelard-pas gentil-limite saligaud qui trompait Mrs Holmes avec tout ce qui bouge, genre femmes de chambre et cousines de province) à la demande de sa mère. Fascinant Cap'tain !Aussi excessive soit-elle, la version de Nicholas Meyer dans "La solution à 7 %" a un peu plus de profondeur.
Et puis, forcément ai-je envie de dire(donc je le dis) , nous avons droit à l'histoire d' "amûûûr" qui finit mal - mais alors là, très mal! A côté de ça "Love Story" c'est un épisode des Simpson!- qui nous fait comprendre pourquoi Holmes va se détourner du beau sexe. Enfin, du sexe tout court. Bref , il n'est pas misogyne le brave Sherlock, il garde dans son coeur le souvenir d'une tendre jeune fille auprès de laquelle toutes les autres lui semblent des plats de lentilles sur pattes. C'est très bô!

Et puis, il ya la légendaire surprise finale- tellement finale qu'elle intervient après le générique tout aussi final- qui nous révèle la vraie identité du méchant !
Vous devinez ? Et, oui c'est bien Fantômas !

Non, je ne sais pas si j'ose le dire vu que certains d'entre vous n'ont pitête pas vu le film. M'enfin, c'est sûrement celui auquel vous pensez...or, ça ne colle pas du tout avec ce qu'on sait, par le canon, du personnage en question. Ca pue le gros effet gratuit. Vous me direz que, du point de vue canonique, on est plus là dessus: Holmes et Watson ne se sont de toute façon jamais rencontré en 1870 au collège de Brompton , donc si le film démarre par ce postulat, c'est clair qu'il n'y a pas de raisons de s'arrêter dans le "portnowak".

J'ajoute juste pour le fun, que les déductions de Holmes sont très approximatives et que, si la distribution est plutôt soignée (avec, entre autres Nigel Stock- ancien Watson dans les séries de sixties aux côtés, dans l'ordre,de Douglas Wilmer puis de Peter Cushing en Holmes - et aussi Anthony Higgins, futur Holmes dans " Le retour de SH " ou "Holmes joue au capitaine Igloo" deuxième version)Holmes et Watson sont très caricaturaux.

Bon, je vais quand même mettre 50/50 mais c'est vraiment pour les décors, la musique et, il faut l'avouer, la beauté de certaines images...et pis, même si c'est un cata du point de vue holmésien, sur le plan strictement cinématographique le film est très bien fichu...et c'est...comment dire ?...bin agaçant!

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