Société Sherlock Holmes de France Bibliographie française de Conan Doyle

L'Association
Qui sommes-nous ?
Statuts
Inscription
Historique
Publications
Réunions
Expositions
Boutique
Dons
Contact

Forums

Travaux
Articles (90)
Critiques (581)
Fictions (118)

Outils
Bibliographie (3613)
DVDthèque (211)
Encyclopedia (4643)
Argus (2184)
Recherche canonique


Et en anglais...
Encyclopedia (4643)
Arthur Conan Doyle
   Biography
   Chronology
   Complete Works
Sherlock Holmes
   Canonical search
   Stories
   Characters
   Sherlockiana
     Definition
     Studies
     Scholars
   Adaptations
     on Paper
     on Screen
     on Stage
     on Radio
   Sherlockian FAQ
Search Encyclopedia



Accueil » Critiques » Sherlock Holmes T4 : Jack l'Eventreur
Sherlock Holmes, T4 : Jack l'Eventreur Critique de
Sherlock Holmes, T4 : Jack l'Eventreur
par
chez Claude Lefrancq
1 janvier 1994
» voir la fiche bibliographique
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres critiques
Jack l'Eventré ! Mai 12, 2006

D'une manière générale, je n'aime pas trop critiquer une BD, dans la mesure où, dessinant moi même ( "si, si ma brave dame, je "petit mickeye" à l'occasion, et à part ça, ça va ? Il fait bon pour la saison, non ? Vous pouvez me mettre 500 grammes de hachis et six tranches de salami ? Merci"), je sais qu'un avis lapidaire peut être assez mal vécu mais, vraiment cet album me reste en travers de la gorge...ou sur l'estomac, c'est comme on veut ! Et comme une t'ite repro' de sa couverture vient de s'afficher sur la page d'accueil du site de la SSHF ,avec invitation vachement tentante à "rajouter sa propre critique", et bin, allons-y pour une lapidation matinale...

D'un point de vue graphique, "Jack l'Eventreur" est une catastrophe ! Autant Stibane, sans atteindre des sommets, s'en était plutôt pas trop mal sorti avec l'adaptation de BASK où il se cantonnait dans un style résolument semi-humoristique, autant la lourdeur de la mise à l'encre et l'anatomie défaillante des personnages plombent complètement ses cases dans ce "Jack l'Eventreur". Soit...

Reste l'histoire: AP Duchâteau nous offre ici la plus faible variante sur le mythe de l'éventreur qu'il m'ait été donné de lire ( la scène finale durant laquelle sont révélées l'identité du coupable et ses motivations -scène expédiée en quatrième vitesse à la toute dernière planche- est ahurissante de platitude ! Sûrement que l'éditeur a tenu à notre scénariste un discours du genre: " Dis donc , André -Paul,sacré canaillou, c'est rigolo et tout ton histoire avec ce drôle de mec et sa casquette à carreaux en forme d'avion, sans parler de l'autre gusse qui découpe les bonnes femmes en rondelles, mais, bon, l'heure tourne coco ! Bientôt t'auras atteint les 44 planches règlementaires, va falloir arrêter les frais, hein ? Alors balance nous un coupable, n'importe quel personnage fera l'affaire, avec n'importe quel prétexte, mais termine en vitesse et allons boire une bière ou deux , fait soif!")
De plus, APD semble n'avoir fait aucune recherche documentaire quant aux faits et gestes du tueur de Whittechappel...le nombre des victimes, leur patronyme, le contexte des meurtres, rien n'est fidèle à la réalité historique.
Même le chef du Yard, Sir Charles Warren, se voit transformer en Sir Henry Irving !!!
Si l'utilisation du nom de ce célèbre comédien de l'époque victorienne ( dont Bram Stoker fut le secrétaire et à qui il emprunta, dit-on, certains traits de caractère pour façonner son Dracula ) est une Private Joke ou une quelconque tentative d'humour, j'avoue que son utilité m'a échappé.
Inutile d'ajouter (m'enfin, je vais le faire quand même...juste par pur esprit de contradiction) que les références holmésiennes - Moriarty, Ricoletti au pied bot, le colonel Moran - semblent être présentes uniquement pour cautionner un statut usurpé d'Untold Story mais sont totalement gratuites et maladroites.

Holmes, lui même, comme d'habitude (*)lorsque c'est Duchâteau qui tire les ficelles ( les câbles ? ),est l'antithèse du personnage que l'on connait et que l'on aime: de septique il devient adepte du spiritisme, sans doute par référence malhabile à Conan Doyle et à sa passion pour cette doctrine .

Bref, une histoire apte à faire hurler de dépit aussi bien les holmésiens ( j'oubliais de signaler l'habitude watsonienne de s'adresser quasi systématiquement à Holmes en utilisant son prénom...grrr!) que les "ripperologues", et dont je ne comprends toujours pas quel lectorat elle vise exactement! "Peut-être les mêmes personnes qui écoutent les disques d'Annie Cordy ?" souffle mon épouse par dessus mon épaule , mais elle est encore mal réveillée et son avis ne me semble pas à prendre en considération avant une dizaine de tasses de café!

(*) "My Way", dans la langue de Shakespeare.


---

© Société Sherlock Holmes de France
Toute reproduction interdite