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Accueil » Critiques » Le crucifix sanglant
Critique film
Le crucifix sanglant
par
Jean-Jacques Tournaud
Ses autres critiques
Version très libre du Signe des Quatre Décembre 1, 2002

Dans cette version très libre du Signe des Quatre, Mary Morstan devient Irene (sic) Saint-Clair. Son père n'est pas encore mort au début de l'histoire, mais passe son temps dans une fumerie d'opium dont le patron n'est autre que Charlton Heston-Holmes, déguisé en vieux chinois avec un accent très "Michel Leeb". Soit dit en passant, pour les doublages, Francis Lax (habitué des "Jeux de 20 heures" sur la même chaine, FR3, voilà 25 ans) prête sa voix à quelques personnages (c'est aussi la voix de Looping dans "l'agence tous risques"), c'est dire le sérieux du film !


Donc, disais-je, Sherlock est déguisé en Michel Leeb, dans la fameuse fumerie, accompagné d'Irène, Watson, Lestrade et Higgins, et tente, avec force pipes d'opium, de faire parler le Père Saint-Clair, qui doit - logiquement - en savoir long sur le trésor d'Agra, sur l'assassinat du Major Ross (qui ne s'appelle pas ici Sholto), sur Small et son pygmée (sic) Tonga, etc. Manque de pot, Saint-Clair qui ne crache pas sur la pipe, se retrouve avec une épine empoisonnée coincée dans la gencive. S'est-il pris, ce sinistre abruti, un instant pour Tonga ? Et a t-il confondu, ce crétin, pipe et sarbacane, en plaçant le projectile à l'envers et en l'avalant ? En tous cas, cette fois, il est cuit. Charlton reste perplexe (comme le spectateur)... et décide de quitter la fumerie pour demander quelques explications au scénariste.


Pendant ce temps, Small et son nain qui ressemble à un coolie en turban, se font la malle avec celle d'Agra (dérobée au major Ross, qu'il ont occis) en embarquant sur le schooner "Gloria Scott" (Tiens ?). Charlton, Watson et Lestrade tentent de les rattraper grâce à une navette fluviale de la taille d'un "Optimist", mais dotée d'une cheminée qui occupe la moitié de l'esquif. Comme ils filent à 35 noeuds et que le "Gloria Scott" n'a pas encore levé l'ancre, la poursuite est relativement brève. Tonga se fait descendre et Small, n'ayant plus rien à perdre, jette le coffre au trésor dans la Tamise. Comme il est borgne d'un oeil et myope de l'autre, le coffre atterit juste dans les mains de Lestrade (débile à souhait). Il doit donc "s'allonger" comme disent les malfrats, et raconte son histoire avant de se poignarder avec un tire-bouchon sorti d'on ne sait où.


L'histoire ne se termine pas là. Charlton est persuadé qu'un truc cloche (à part Watson). Ainsi : qui a ouvert le vasistas (de l'intérieur) chez le Major Ross afin de laisser entrer Tonga ? Qui a empoisonné le père Saint-Clair à la fumerie d'opium, puisque Small n'y était pas ? Qui a oublié de tirer la chasse d'eau ? Qui a écrit le scénario ? Toutes ces questions fondamentales hantent le détective, qui rentre à Baker Street avec Mle Saint-Clair, Watson et le trésor.


Pendant que Charlton et Watson sont aux toilettes, Irene reste seule. Apparition de Birdie Johnson (tiens ?), ancien domestique de Ross, qui l'entraîne dans la chambre de Watson ! Que va t-il se passer ? A ce moment, FR3 se tâte pour couper avec un épisode de "Benny Hill" si la séquence devient trop équivoque. Fausse alerte. Holmes et Watson, qui ont retrouvé Lestrade dans les toilettes, reviennent et trouvent Irène profondément endormie... Vous suivez ? Après un bref conciliabulle, Holmes et Lestrade repartent aux toilettes, laissant, les sots, Irène et le trésor d'Agra sous la surveillance de Watson.


Et soudain, devant nos yeux ébahis et ennuyés, voilà que se dévoile la vérité, dont, il faut bien le dire, tout le monde se contrefout ! Irène sort de la chambre de Watson, vêtue d'une robe rouge (piquée dans l'armoire du docteur ?). Elle a un regard diabolique (c'est à dire qu'elle sourit en laissant sortir une canine) ! Elle ordonne à Watson (qui en pince pour elle, puisqu'il ont failli échanger un baiser dans la fumerie) de laisser tomber, au ralenti, les bijoux sur le tapis. Le bon docteur s'éxécute, sans voir le regard diabolique décrit plus haut, ni le révolver d'Irène, qu'elle tient caché dans son dos. Soudain, elle met en joue le Docteur, en expliquant que 1) le trésor, elle n'a pas l'intention de le déclarer à la Préfecture, 2) le Docteur, pour les galipettes, peut toujours se brosser et 3) et, par principe, elle a l'intention de le buter. Watson, qui n'a rien compris, demande "Pourquoi ?".


Mais là, je suis allé dans la cuisine chercher une bouteille de Fanta.


Lorsque je suis revenu, Irène avait terminé ses explications. J'ai juste eu le temps de comprendre qu'elle avait tué son père à la fumerie parce qu'il avait pourri sa vie avec l'opium, qu'elle convoitait le trésor de Ross parce qu'elle en avait marre de perdre au Kéno et qu'elle avait poignardé Birdie Johnson, qui voulait lui montrer son tatouage bien placé. Watson, qui n'en loupe pas une, puisque c'est stipulé dans son contrat, demande "un dernier baiser" à la bougresse. Ils échangent donc un patin très hollywoodien avant qu'Irène ne loge une balle dans le buffet garni du docteur, qui s'écroule en entraînant dans sa chute la panoplie du petit chimiste de Charlton.


Sur ce, ce dernier apparaît et découvre le chantier... "Tiens, vous avez tué Watson ?", dit-il, vaguement ému (mais il sait que le Docteur est mort pour de faux, car, aux toilettes, il a lu la fin du scénario).


Irène, qui a de l'air, répond en gros que oui, mais comme la gâchette la démange, elle va récidiver. Charlton réplique qu'elle peut toujours essayer, puisqu'il a reconnu le pétard à blanc de Watson. Elle tire, mais comme elle a un flingue comme dans les "Tex Avery" (genre : la balle roule lentement dans le canon et tombe sur le tapis), elle ne blesse personne, à part peut-être son orgueil, puisque elle vient de se faire rouler dans la cocaïne. Watson se relève et s'excuse, puisqu'il a taché le tapis.


Irène demande une faveur à Holmes : "Puis je garder un bijou ?". Le détective, taquin, choisit un collier style flexible de douche et l'utilise comme une paire de menottes !


Lestrade déboule, récupère la meutrière et le coffre. Irène lui fout un peu les boules en lui disant que ce trésor est "maudit" car il est responsable, à l'instar de bien des bijoux, de nombreux meurtres, guerres et tutti quanti. Lestrade, qui voulait le présenter à la Reine Victoria, hésite. Ne vaut-il mieux pas simplement le prendre en photo et le verser à la Caisse d'Epargne ? Puis se ravise... Balivernes !


Watson et Holmes restent seuls à Baker Street. Le docteur, en plein chagrin d'amour, parle de quitter son ami et de reprendre ses études de médecine là où il les a arrêtées (dans la file d'inscription à la fac). Mais soudain, coups de théâtre et à la porte : un marin déboule dans le salon, visiblement terrifié. Holmes, en le voyant, déduit qu'il "a de l'eczéma" et "souffre de la fièvre de Somalie". L'autre bredouille : "Je rentre... de Sumatra... Et j'ai vu... dans le bateau... un rat énorme... gros comme un lévrier... qui tenait dans sa gueule... Arrrghhhh..." et il s'écroule sur le tapis, dans les bouts de verre et les cornues cassées par Watson (cf plus haut).


Les deux amis, qui se tapent de savoir ce que le rat tenait dans sa gueule (un scénario plus navrant que celui-ci ?), explosent de joie : "Les affaires reprennent, Watson !".

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