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Accueil » Critiques » Une étude en rouge
Critique video
Une étude en rouge
par
Manu Baranovsky
Ses autres critiques
Un acteur peu adapté pour un film passable Septembre 23, 2005

C'est le retour de la pluie sur ma Bretagne adoptive (il y avait des semaines qu'il faisait beau, n'en déplaise aux clichés), et c'est ce qui m'a donné le ...courage (?) de visionner ce "Bach Films" ce soir.

Habitué, dans cette collection, des Sherlock Holmes avec B. Rathbone (gavés d'anachronismes, de propagande, de raccourcis et de libertés prises avec les écrits de Doyle), je ne m'attendais pas à grand chose de terrible. Enfin...

Tout d'abord, les "Bach Films" améliorent progressivement leurs sous-titrages : on trouve moins de fautes dans ce "Scarlett Ring" que dans les précédentes productions "Bach". Par contre les sous-titres oublient bien trop de répliques (des répliques drôles en plus !), et ils sont beaucoup trop petits.
Question bonus, ce DVD nous propose un tout petit reportage sur la restauration de vidéo ; petit en durée comme en qualité : on oubliera très vite cet essai pour se concentrer sur le film.

L'adaptation, car c'est bien d'une adaptation qu'il s'agit et non d'un essai de reconstitution fidèle de l'écrit Doylien, reste correcte en regard de ce qui a pu se faire ailleurs - je pense, encore, aux B. Rathbone... On retrouve dans ce film, déplacé dans les années 30, ce qui fit la saveur de la toute première aventure de Sherlock Holmes : l'intrigue et ses ressorts restent globalement fidèles au roman.
Des traits d'humour parsèment le récit, ce qui est toujours bon à prendre (notamment quand il pleut mais ça je l'ai déjà dit...), et c'est plutôt sur d'autres aspects que je veux m'arrêter : je doute qu'il reste grand monde pour répondre à cette question, mais pourquoi ce choix de Réginald Owen pour incarner Sherlock Holmes ? Pourquoi ?! Ce monsieur n'a aucune caractéristique du Holmes voulu par Conan Doyle ; il serait plutôt l'archétype de l'homme moyen des années 30, à savoir pas maigre, au nez trop gros, sourcils fins, "bonhomme"... L'inverse de Sherlock Holmes, en gros. Pour Watson, ce n'est pas mieux, et je regrette que le potentiel comique et relationnel de ce personnage ne soit pas plus développé, tant qu'à prendre des libertés avec l'auteur.

Par contre, il y a bien une coquille MAJEURE dans ce film, qui ne peut passer pour une liberté : dans deux plans du film, Holmes est domicilié au "221 A Baker Street", et bien que le sous-titrage corrige une fois le "221 A" en "221 B" (Ouf !), l'erreur du réalisateur est bien là, impardonnable !

Tout ça pour dire qu'on est bien dans un film des années 30, et qu'à partir du moment où on le sait, on s'attend à trouver une histoire centrée plus sur l'intrigue, rapide, que sur les relations entre les personnages, des acteurs probablement issus du cinéma muet et dont nous considèrerions aujourd'hui qu'ils "surjouent", et toutes sortes de clichés du cinéma de l'époque. On n'échappera même pas à l'image finale et aujourd'hui éculée des amants, joue contre joue et sauvés, regardant ensemble dans la même direction en guise de baiser.
On appelle ça un baiser à la Jean Marais, par chez moi ;-)

Pour résumer, j'ai bien aimé ce film (qui n'est pour autant ni une grande réussite du cinéma de 1933, ni une adaptation fidèle, ni un boulot formidable du distributeur du DVD), car il reprend corecctement l'intrigue originale dans un background un peu décalé (une quarantaine d'années à vue de nez) mais qui conserve de l'univers Victorien certaines naïvetés renforcées par les caractéristiques du cinéma d'entre-deux guerres.

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