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Accueil » Critiques » Le Cercle des héritières : Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes
Le Cercle des héritières : Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes Critique de
Le Cercle des héritières : Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes
par Laurie R. King
chez Michel Lafon
20 octobre 2004
» voir la fiche bibliographique
par
Bénédicte S.
Ses autres critiques
Holmes tellement mûr qu'il en est pourri Janvier 10, 2018

Tiens, voilà un roman que j’avais lu et dont je n’ai même pas pris la peine de rédiger une chronique en son temps…

Pourtant, je revois encore le bandeau-titre rouge proclamant "Vive la King. Laurie R. King gagne du terrain sur sa rivale Patricia Cornwell".

Rien qu’avec ma première expérience de lecture du duo improbable qu’était Holmes et Mary Russell, ajouté avec la référence à Patricia Cornwell, j’aurais dû sentir la couille dans le pâté et passer mon chemin, mais que voulez-vous, quand on collectionne les apocryphes holmésiens…

Bon, avant de dire des méchancetés, parlons des bonnes choses qu’il y a quand même à dire sur ce roman : l’ambiance qu’ils règne en Angleterre après la Première Guerre (hommes cassés, drogués, traumatisés, mutilés,…) ainsi que la description de la condition des femmes en 1920.

Une partie du boulot est fait, mais il reste encore tellement à faire pour que nous ayons un peu plus de droits.

Pour les porteurs de service trois-pièces de l’époque (et pas qu’au temps de Victoria), nous sommes faibles intellectuellement, nous devons être soumises à nos maris, sous leur protection…

Encore un peu, on verrai déjà s’agiter le spectre des K.K.K – non pas le Ku-Klux-Klan cher à Trumpette, mais le tout aussi terrible "Kinder, Küche und Kirche" (enfants, cuisine et église) cher à certains claqueurs de talons et au bras raide tendu devant eux.

En ce temps-là, les femmes foutues à la porte par leur cher et tendre époux sont à la rue, sans revenus, sans droits, sans rien que leurs yeux pour pleurer, mais d’autres femmes sont là pour veiller et aider leurs consœurs à sortir de la misère.

Veronica Beaconsfield fait découvrir ce petit monde à Mary Russel, qui à l’aube de sa majorité, attend toujours de toucher son héritage et s’est, en plus, disputée avec Sherlock Holmes.

Comment ces deux-là vont-ils se retrouver ? Grâce aux crimes ignobles qu’il va y avoir dans ce temple féministe. Qui a dit que le crime ne payait pas ??

Si le premier opus était "passable", le deuxième est plus lourd et moins bon.

On nous présente Mary Russel comme une jeune fille intelligente, débrouillarde, une sorte de Sherlock Holmes en version femme et il y a des moments où je l’ai trouvée peu inspirée, maladroite, lente d’esprit et elle m’a couru sur le haricot à force de nous répéter tout son amour pour le détective, qui, en 1920, à plus de 60 ans, alors qu’elle n’en a que 21 (même pas).

Holmes lui, a perdu de sa superbe et à plus les traits d’une nounou devant s’occuper de sa jeune élève que du détective brillant de Baker Street. À se demander qui va devoir changer les couches de qui…

Il a dû paumer son ton caustique, son ironie grinçante, son excentricité, bref, tout ce qui fait LUI. Je n’ai rien contre un Holmes amoureux, mais pas en version fleur bleue non plus, et là, nous n’en sommes pas loin.

Dois-je vous parler de ce pauvre Watson qui n’a qu’un petit rôle, et c’est tant mieux, parce que le pauvre vieux en a pris un coup niveau intelligence, puisqu’il est décrit comme un crétin… Un peu comme le Watson dans les vieux films avec Basil Rathbone. Honteux et pas canonique un Watson imbécile.

Mais bon, trêve de méchanceté, faut encore nous résoudre cette enquête qui traine un peu en longueur, où il y a trop de blablas insignifiants qui ne font avancer aucune cause, ni celle de la femme ni celle de l’enquête, sans oublier qu’on nous balance des faits sans nous préparer, comme ça, hop, ni vu ni connu j’t’embrouille et je te balance dans les dents que Holmes a eu un fils (avec qui ? Quand ?) et qu’il est mort.

Point à la ligne, merci, on passe à autre chose.

Puisque c’est ainsi, revenons-en à notre société de femmes prêtes à changer la société : ben, une fois la parlotte terminée, ça cause chiffon, ça parle pour ne rien dire, donnant presque raison à ces mâles qui les voient comme des créatures intellectuellement déficiente, sans compter que ces femmes ont plus des airs d’agnelles que de Rambo prête à rejouer une journée en enfer.

Et puis, j’ai parfois eu l’impression que l’auteur traitait ce sujet par-dessus la jambe, comme si, après avoir bien commencé à nous parler de ces sujets brûlants, elle passait à autre chose de moins important.

Quant à Holmes, il ne trouve rien de mieux que de demander la main de celle qu’il considérait un peu comme sa fille, pas parce qu’il l’aime (qu’il dit) mais pour ne pas que ça jase, une jeune fille qui bosse avec un homme d’âge plus que mûr. Et si je crois celle-là, tu m’en racontes une autre ??

Un 4ème de couverture qui m’avait mis l’eau à la bouche en son temps et qui, comme un politicien en campagne électorale, n’a pas tenu ses promesses et a fait un gros PCHIITTT en se diluant dans tous les sens.

Allais-je être assez dingue pour acheter et lire le 3ème tome ?? Le suspense ne sera pas à couper au couteau puisque j’ai été assez dingue que pour relui ce deuxième tome (en diagonale, n’appelez pas l’asile, merci).

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