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Accueil » Critiques » Les Bas-Fonds de Londres : Crime et prostitution sous le règne de Victoria
Critique biblio
Les Bas-Fonds de Londres : Crime et prostitution sous le règne de Victoria
par
Fabienne Courouge
Ses autres critiques
Une mine d'informations pour comprendre la complexité du Londres victorien Août 15, 2016

Les Bas-Fonds de Londres : Crime et prostitution sous le règne de Victoria (de Kellow Chesney, Ed. Taillandier, 2007)

Nourris aux adaptions proprettes, nous autres holmésiens avons parfois tendance à nous représenter une société victorienne aseptisée. Nous imaginons volontiers les pavés de Baker Street exempts des crottins fumants que les chevaux des hansom cabs ne devaient pourtant pas manquer d’y laisser, les irregulars comme des poulbots malicieux plutôt que comme des gosses souffreteux s’endormant le ventre vide sur la paille nauséabonde d’un taudis de l’East-end.

Si Charles Dickens ou Wilkie Collins ont romancé les bas-fonds à l’envi dans leurs œuvres, il existe également de nombreux écrits et comptes-rendus de témoins directs de l’époque qui dépeignent sans fard l'envers du décor de la respectable ère victorienne, les ruelles ténébreuses, les misérables trottoirs et les taudis insalubres où prostituées et truands de tout poil se côtoient.

Des notable victoriens, journalistes, juristes et médecins, la plupart du temps animés d’intention philanthropiques, se sont rendus dans les quartiers populaires pour enquêter auprès des mendiants,, des voleurs, des ouvriers, des vendeurs de rues, des musiciens, des artistes de rues et nous ont laissé une documentation abondante. On peut citer, parmi ces reporters, Arthur Griffiths (the Chronicle of Newgate-1884), Bracebridge Hemyng (Prostitution in London-1861), William Acton (The Functions and Disorders of the Reproductive Organs-1862.) et surtout Henry Mayhew dont les volumes massifs de son « London Labour and the London Poor », parus en 1849 font autorité depuis leur publication.

C’est de ces ouvrages que l’historien britannique Kellow Chesney s’est inspiré pour faire revivre la société à deux vitesses qui constituait le paradoxe de l’Angleterre victorienne, à la fois riche et lancée à toute puissance dans l'industrialisation, mais cachant en son sein les laissés-pour-compte du progrès qui grouillaient au fin fond des faubourgs londoniens. L'auteur commence par dessiner les frontières floues entre les franges les plus pauvres de la population et la pègre à proprement parler et nous fait prendre conscience la facilité du basculement vers la criminalité de toute une classe ouvrière exploitée et sous-payée. Les Navvies construisant les voies de chemin de fer, les costers (marchands ambulants) ou les ramoneurs s’adonnaient couramment à la petite délinquance quand l’occasion se présentait. Puis Chesney détaille les formes de criminalité de l'époque Victorienne: les techniques de vol à la tire ou cambriolage, les arnaques et faux mendiants, les paris truqués, la prostitution... il passe en revue méthodiquement toutes les façons de gruger son prochain sous le règne de Victoria.

Edité une première fois dans les années 70, la version poche de cet ouvrage s’est dotée d’une couverture aguichante qui ne reflète pas le réel sérieux de cette étude parfaitement documentée. Le reproche que l’on peut néanmoins faire à cet ouvrage est de se cantonner à un inventaire des typologies criminelles. L’analyse des structures sociale n’est pas profonde. Et il s’appesantit trop souvent sur l’anecdotique quand on voudrait au contraire un élargissement des perspectives. Il reste cependant une mine d'informations valable pour comprendre la complexité de cette ville tentaculaire à une période clé de son développement.

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