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Accueil » Critiques » The Devil's Grin
The Devil's Grin Critique de
The Devil's Grin
par Annelie Wendeberg
chez CreateSpace Independent Publishing Platform
15 décembre 2012
» voir la fiche bibliographique
par
Fabienne Courouge
Ses autres critiques
Roman à l'Holmes de rose Mai 5, 2016

En 1889, le docteur Anton Kronberg, bactériologiste londonien de renom, expert des maladies infectieuses, est appelé par Scotland Yard afin d'examiner le cadavre d'un homme visiblement mort du choléra flottant dans les réserves d'eau de la ville.

Sur place, elle rencontre Sherlock Holmes, dont les services ont été également requis pour éclaircir les mystérieuses circonstances de cet incident.

Le grand secret du jeune scientifique ne fait pas long feu devant les facultés d'observation du détective consultant. Elle est en fait Anna Kronberg, une jeune femme allemande qui s'est travestie en homme pour pouvoir étudier et pratiquer la médecine dans une ère victorienne qui l'interdit aux femmes. (Pour mémoire, l'affaire n'est pas sans rappeler l'histoire du docteur James Barry (née Margaret Ann Bulkley), médecin militaire britannique engagé dans les colonies, qui est parvenu à dissimuler son genre jusqu'à sa mort.)

Contrainte de garder un œil sur celui qui a le pouvoir de détruire sa vie en révélant sa véritable identité, Anna Kronberg s'implique alors dans une enquête aux côtés du célèbre limier. Empêtrés dans une relation où se mêlent admiration réciproque, méfiance et attirance, Ils emploieront tous les deux leurs compétences à élucider les manigances d'un groupe de médecins sans scrupules prêts à inoculer le cholera ou le tétanos aux indigents au nom du progrès scientifique.

N'y allons pas par quatre chemins : tout est médiocre dans ce roman.

L'histoire, qui ne commence pourtant pas si mal, se dilue rapidement dans une suite de scènes regorgeant de clichés destinées à révéler les personnalités des deux protagonistes ou à étudier les relations prétendument complexes entre eux. Au final, l'intrigue est bâclée, les étapes de l'enquête sont ignorées et les motivations des criminels restent obscures.

En ce qui concernent le style, l'auteur, bien que s'acharnant à mentionner dans le récit les fiacres et les taudis, ne parvient jamais à transporter le lecteur dans l'ambiance du Londres victorien. Il faut dire que ses efforts sont anéantis par la présence récurrente d'expressions contemporaine dans la bouche des personnages (non, on ne parlait pas de « cross-dressing » au 19e siècle...)

Enfin, ce qui m'a résolument t empêchée d'adhérer au récit, ce sont les personnages que l'auteur met en scène, au mieux inconsistants, au pire ridicules.

Anna/Anton Kronberg se débat lamentablement entre ses deux identités, et l'auteur s'étale sur les subterfuges utilisés par la jeune scientifique pour tromper son monde (seul Holmes, grâce à ses facultés hors du commun, remarque les joues imberbes et l'absence de pomme d'Adam…). Annelie Wendeberg nous inflige même la description du pénis de cuir monté sur harnais (si si, je n'invente rien) que la jeune femme glisse dans son pantalon pour pouvoir à l'occasion exhiber ses attributs quand elle accompagne ses collègues aux urinoirs. Et, bien qu'accoutumée à manipuler des cadavres rongés par la maladie (on assiste même à une scène où, à l'instar de J. Bell, elle enseigne à ses élèves comment déduire les causes du décès d'un mort), elle vomit profusément et se trouve prise de vertiges au moindre bouleversement. Quant à Holmes, qui ne joue ici que le rôle de second couteau, son expressivité semble cantonnée dans ses sourcils qui se haussent ou se froncent à longueur de chapitres. L'auteur s'escrime à pointer les facultés intellectuelles égales de ses personnages et leur marginalité face à la société victorienne écartelée entre conservatisme et progrès, et ne résiste pas à la tentation de laisser poindre le début d'une romance trouble et contrariée entre le détective et sa comparse. Finalement elle ne parvient à composer qu'un enchaînement de joutes verbales insipides et assommantes, dignes d'un roman de Barbara Cartland.

Il parait qu'il y a une suite à ce roman : « The Journey... » un voyage que je me garderais bien d'entreprendre.

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