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Accueil » Critiques » Le Cercle des héritières : Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes
Le Cercle des héritières : Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes Critique de
Le Cercle des héritières : Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes
par Laurie R. King
chez Michel Lafon
20 octobre 2004
» voir la fiche bibliographique
par
Fabienne Courouge
Ses autres critiques
Un pastiche dilué Mai 5, 2016

Décembre 1920, Mary Russel, l'apprentie de Holmes, est à l'aube d'une nouvelle vie. Sur le point d'atteindre sa majorité et d'obtenir son diplôme à Oxford, elle va également hériter de la fortune laissée par ses parents et s'affranchir de la tutelle de sa tante et de mener enfin sa vie comme elle l'entend.

Un soir où, conformément à ses habitudes, elle bat, déguisée en jeune homme, le pavé des quartiers mal famés de Londres, son chemin croise celui de Veronica Beaconsfield, une ancienne camarade d'université. Cette dernière l'entraîne à un office du « Nouveau temple de Dieu », une groupe religieux féministe, prônant l'égalité des sexes et menant des actions de bienfaisance envers les femmes défavorisées.

Fascinée par Margery Childe, l'intrigante meneuse de ce mouvement, Mary Russel ne tarde pas à remarquer une série de morts suspectes parmi les jeunes femmes riches qui forment le cercle des fidèles. Le point commun entre ses apparents suicides et accidents : toutes les victimes ont établi un testament en faveur du nouveau temple !

Mary Russel, sous la discrète et protectrice aile de son mentor, Sherlock Holmes, décide alors de mener l'enquête.

L'holmésienne et la féministe en moi avaient littéralement l'eau à la bouche devant les promesses de ce roman. Autant dire tout de suite que la déception est à la hauteur des espérances soulevées.

Les jeunes bourgeoise bien intentionnées qui forment ce groupe prétendument féministe semblent plus enclines, une fois leur BA terminées, à parler chiffons qu'émancipation. Le « monstruous regiment of women » du titre anglais, a plutôt l'air d'un paisible troupeau d'agnelles.

Mary Russel, dont l'auteur nous décrit ad nauseam les tenues et accessoires récemment acquis grace à son nouveau statut d'héritière, ne fait pas exception. Les thèmes proprement liés au combat féministe de l'époque : La place de la femme dans la vie politique et économique du pays au sortir de la première guerre mondiale, sont à peine effleurés, ou carrément absents du roman.

Le personnage de Margery Childe, oratrice fascinante et ambiguë, à la fois mystique et sensuelle, autoritaire et bienveillante, dans laquelle on sent pourtant un fort potentiel romanesque, est relégué par la narration au rôle de dame patronnesse manipulée par son époux.

Quant à l'enquête, à la fois engluée et dispersée dans les digressions sur le passage de l'héroïne du statut d'adolescente à celui de jeune femme, elle semble ne jamais commencer pour de bon et n'est même pas conclue de façon satisfaisante.

Enfin Holmes, vidé de toute sa substance, passe du rôle de détective à celui d'ange gardien et finit, sans que le lecteur ait perçu le cheminement de ses émotions, par demander la main de celle qu'il semblait considérer comme sa fille dans le premier roman.

Au bout du compte, les citations sur les femmes qui ornent les têtes de chapitres, de Saint-Augustin à Abygail Adams les seuls moments de plaisir que j'ai retirés de la lecture de ce pastiche trop dilué...

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