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Accueil » Critiques » Mon ami Sherlock Holmes
Mon ami Sherlock Holmes Critique de
Mon ami Sherlock Holmes
par Martine Ruzé-Moëns
chez Les Éditions du Net
14 janvier 2016
» voir la fiche bibliographique
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres critiques
Mon ennemie, la syntaxe ! Avril 17, 2016

L’auteure de ce livre, notre amie Martine Ruzé Moëns, étant une éminente représentante de la SSHF depuis de nombreuses années, je ne doute pas une seule seconde que sa prose va faire l’objet d’un silence un peu gêné de la part des anciens membres et d’un certain nombre de critiques positives « de complaisance » de la part des nouveaux.

Or, il faut bien que le lecteur soit prévenu de l’ampleur de la catastrophe.

Lorsqu’elle ne bénéficie pas, comme cela a probablement été le cas pour « Les vacances de Sherlock Holmes », son précédent opus, d’une relecture sévère, Martine semble irrémédiablement fâchée avec la syntaxe et la grammaire. La simple construction « sujet-verbe-complément » parait lui poser de graves problèmes. Il ne s’agit pas ici de ces quelques dérapages qu’il m’arrive souvent de souligner au sein de tel ou tel bouquin mais d’un massacre en règle. De la première à la dernière ligne, il n’y a pas une phrase qui soit correctement agencée.

Si l’on parvient à surmonter ce terrible obstacle pour essayer d’accrocher à l’histoire, on se rend compte, d’abord, qu’il s’agit d’une énième confrontation entre Holmes et Jack l’éventreur. Soit. Deuxième constatation : malgré les redondances, l’accumulation de personnages et le remplissage systématique, il se passe fort peu de choses au long des 200 et quelques pages qui composent le volume (sans compter que ce « fort peu de choses » est raconté de façon tellement confuse, tellement ampoulée, tellement brouillonne que le lecteur, en proie à un tenace début de migraine, en vient sérieusement à se demander si l’auteure n’a pas simplement apposé sa signature sur un pastiche écrit en réalité par un enfant de moins de dix ans).

Cela commence par le long témoignage d’un journaliste (près de cent pages) qui s’est déguisé en femme pour coincer l’éventreur avant d’embarquer en mer afin de « réaliser son rêve de devenir pêcheur de morue » (hors contexte, là, comme ça, on dirait que c’est drôle… mais dans le cadre du récit, franchement, c’est juste pathétique). S’ensuivent quelques visites de pubs ; une enquête bavarde concernant le meurtre d’un second journaliste ; quelques passages totalement étrangers au récit qui ne sont rien d’autre que de l’autopromotion pure et simple pour « Les vacances de Sherlock Holmes » ; des hypothèses gratuites, posées par Holmes depuis son fauteuil, concernant l’identité de l’éventreur ; un épilogue... suivi, au mépris de la logique la plus élémentaire, d’un dernier chapitre avant la nouvelle « bonus » !

Tout, absolument tout nous est présenté sous forme de conversations interminables. Et, comme si la syntaxe malmenée ne suffisait pas à embrouiller les choses, l’auteure saborde définitivement une histoire pourtant simpliste en accumulant les personnages et en s’obstinant à les nommer par leur prénom (or, faute d’un patronyme bien ancré dans la mémoire, le lecteur finit par confondre tous ces Billy, ces Malcolm et autres Trevor) ou en multipliant les considérations historiques, soit maladroitement amenées, soit tout simplement portnawak (Mary Shelley se serait adonnée à la drogue pour surmonter le décès de son ami… Henry Clerval ! Le rez-de-chaussée miteux de Mary Kelly aurait bénéficié d’un « palier » ! La Royal Shakespeare Company, dixit Holmes, serait un « établissement »... j’en passe et des wagons !)

A tout cela, il faut ajouter les motivations des coupables (ceux du meurtre du second journaliste et Jack l’éventreur himself) totalement farfelues ou empreintes d’une relation disproportionnée de cause à effet. D’ailleurs, à propos de l’éventreur, Holmes théorise sans faits vraiment tangibles, faisant fonctionner (texto) ses « petites cellules ».

Le pauvre lecteur se retrouve donc, à la fois, face à une ignorance des codes de la syntaxe, à une méconnaissance des codes de la narration, à des faits historiques falsifiées ou erronés.

Alors, certes, je le sais, Martine a écrit tout ça « avec son cœur ». Mais il est des cas où il vaut mieux écrire avec un bon manuel de grammaire.

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