Société Sherlock Holmes de France Encyclopédie de l'oeuvre de Conan Doyle

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Accueil » Critiques » Une affaire de sang
Une affaire de sang Critique de
Une affaire de sang
par Bonnie MacBird
chez City Editions
3 février 2016
» voir la fiche bibliographique
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres critiques
Une affaire de goût, sans doute. Mars 17, 2016

A la lecture de ce pastiche, je me suis senti à la fois dépité et agacé. D’abord, je me suis demandé s’il existera, un jour, enfin, un auteur féminin qui saura résister à la tentation de rendre Holmes amoureux ?
Ensuite, le style (mais la traduction porte aussi sa part de responsabilités) m’a paru sans cesse en porte à faux entre une volonté de "faire victorien" et une tendance à essayer, en louchant vers le Sherlock de la BBC, de faire sonner les dialogues de façon moderne.
La vision de la France (l'auteur est américaine ou, du moins, elle vit en Californie) est d'un ridicule achevé à force de clichés (les Français semblent uniquement capables de dire "ta gueule !" ou "va te faire foutre !"; un détective s'appelle Vidocq; la cliente française de Holmes - et son amant !!!!- s'installent au 221B, dans l'ancienne chambre de Watson, et, aussitôt, l'appartement se met à sentir... le camembert; Toulouse-Lautrec s'ingénie à parler anglais mais ne parvient qu'à baragouiner une sorte de sabir maladroit... sauf que, le texte une fois traduit, c'est le français que Lautrec massacre !)

Sans grande personnalité, l'auteur passe sans cesse d'une vision "richtienne" des personnages (baston à tout va... ça passe très bien dans un film, moins dans un livre) à une vision "Moffat-Gatissienne" (Watson, indiscutablement calqué sur Freeman, qui essaye de se faire entendre en disant des banalités pendant que Holmes s'entretient avec sa cliente, exactement comme dans la scène avec Adler dans la saison 2 de Sherlock). Une utilisation abusive d'expressions argotiques ou populaires dans la bouche de Holmes ou Watson, sans raison («se rétamer", "mener une vie de patachon", "vouloir le beurre et l'argent du beurre" !) Des erreurs canoniques (Watson se déclare fils unique et heureux de l'être quand il assiste aux prises de bec entre Sherlock et Mycroft... qu'en est-il alors de son frère ainé, propriétaire d'une certaine montre connue de tout holmésien ? Mary Morstan qui devient, une fois sur deux, Marie... et qui s'absente pour rendre visite à sa mère plutôt qu'à sa tante !!!!)

Deux intrigues mêlées qui camouflent mal l'incapacité à en concevoir une seule mais solide.
Très peu de déductions et aucune spectaculaire.

Une certaine prétention à l'humour sauf que ce n'est jamais drôle.

Une incapacité de l'auteur à oublier un instant sa féminité et à se mettre dans la peau d'un homme, d'un ancien militaire, en l'occurrence, Watson... qui, ici, s'esbaudit devant des fanfreluches, des tenues féminines, des décorations de salon !!!!

La seconde moitié, située en Angleterre est, je l'avoue, légèrement supérieure.

Toutefois, le manque de personnalité de l'auteure demeure flagrant dans la mesure où la conclusion est vaguement inspirée de "La maison de soie". Le langage reste trop contemporain, l'enquête demeure assez superficielle et la façon de décrire les personnages, sans réelle profondeur, sans réelle personnalité, relève davantage d'un "fanfic" que d'un pastiche digne de ce nom.

Pour être honnête, avec le nombre de pastiches de qualité jamais traduits en français, je m'étonne de la publication de celui-ci, caricatural, transparent et écrit dans un style sans saveur qui aurait mérité de nombreuses relectures en profondeur au lieu d'être présenté au public dans cet état de presque brouillon !

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