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Accueil » Critiques » Nous ne sommes qu'ombre et poussière
Nous ne sommes qu'ombre et poussière Critique de
Nous ne sommes qu'ombre et poussière
par Lyndsay Faye
chez Pocket
24 juin 2015
» voir la fiche bibliographique
par
Benedicte S.
Ses autres critiques
Quand la fiction se mêle à la réalité... c'est pas toujours raté ! Janvier 28, 2016

Confronter Jack The Ripper avec Sherlock Holmes est un exercice des plus casse-gueule qui soit, puisque, quoique l'on décide, le détective ne pourra jamais revendiquer le fait de l'avoir attrapé.

L'identité de l'Éventreur doit rester un mystère pour le grand public…

Casse-gueule aussi car il y a un long moment entre les victimes Stride/Eddowes et la dernière, Mary Jane Kelly, et puis parce qu'on mélange réalité et fiction, aussi bien dans les faits que dans les personnages. Bref, l'auteur marche sur une corde raide, sur le fil du scalpel (oserais-je dire ?).

C'est donc toujours avec de la crainte mêlée d'envie que j'ouvre ce genre de roman qui réuni deux personnages qui ont marqué leur époque commune, de différente manière, cela va de soi.

Si "Duel en enfer" de Bob Garcia m'avait déçu, il n'en fut rien avec ce pastiche de Lyndsay Faye qui tient la route dans tous les sens.

Reprenant les faits qui ensanglantèrent l'automne 1888, elle y a introduit les personnages de Conan Doyle avec brio. Watson a bien son côté protecteur, l'ami qui est prêt à tout pour seconder Holmes et un détective un peu froid, prêt à tout pour résoudre une enquête, sauf à mettre en danger son ami. On sent bien leur amitié profonde dans ce pastiche qui possède une petite dose d'humour.

Quand à Lestrade, il est fidèle à lui-même, venant quérir l'aide de Holmes, ne le croyant pas toujours, tenace comme un bouledogue, s'envoyant des piques tout deux, mais l'inspecteur n'est pas dupe, il sait ce que le Yard doit à Holmes…

Les temps d'attente entre deux crimes ne sont pas ennuyeux, Sherlock Holmes et John Watson sont bien campés – même si aucun auteur ne sera Conan Doyle – et la ville de Londres aussi, bien qu'ici nous ayons surtout arpenté ses bas-fonds, ses ruelles sombres, sales où s'entassent la misère humaine et une fumerie d'opium.

Sans entrer trop dans les détails des problèmes liés à l'enquête (tels les chiens pisteurs, Warren qui s'en prit plein la gueule et la Reine qui intervint pour éclairer Whitechapel à coup de réverbères) ou de la misère noire qui régnait dans ces quartiers, l'auteur se concentre sur Holmes qui mène l'enquête et sur la presse qui publiait tout et n'importe quoi pour vendre leurs torchons.

Du suspense, du mystère, une enquête pas facile, des déductions, de l'amitié, des fausses-pistes, des bâtons dans les roues, des ruelles sordides, des mano à mano, des balles, des guet-apens, des coups de couteau qui vous larde la chair, des tripes répandues, des erreurs de Holmes qui n'était pas infaillible (il est humain) et une auteure qui nous emmène vers une solution finale tout à fait plausible.

Un roman que l'on repose sur la table avec un pincement au coeur, quittant deux vieux amis de plus de 27 ans, en ce qui me concerne.

Un excellent pastiche qui ravira les holmésiens (il cherchera les références canoniques) et les amateurs d'enquête policières.

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