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Critique video
Sherlock Holmes
par
Philippe Lemaure
Ses autres critiques
L'ancêtre de Tony Stark se nomme Sherlock Holmes Novembre 12, 2014

Je m'apprête à donner mon avis sur ce film. Moment émouvant, car c'est cette adaptation qui m'a fait connaître SH.

Cette version souffre parfois d'une mauvaise réputation assez injuste, due au fait qu'elle tente de moderniser les héros de Conan Doyle à grand coup d'effets spéciaux, de combats, etc. C'est ce que l'on pourrait appeler le premier blockbuster holmésien.

Déjà, la tête d'affiche pourrait faire peur : Robert Downey Jr., qui non seulement ne possède pas le physique de l'emploi, mais en plus est connu pour ses rôles dans des films d'action à grand succès (Iron Man, Avengers, Tonnerre sous les tropiques, ...). Quant aux autres acteurs, ils ne diront pas grand chose à un spectateur non cinéphile (Jude Law, Rachel McAdams, Mark Strong, ...). Encore pire : le réalisateur, Guy Ritchie, est pour le moins trash (Snatch, Arnaque Crime et Botanique, RocknRolla, ...). Ce film aurait pu - aurait dû - être un massacre.

Holmes : Moriarty ! Sortez de ce robot immédiatement !
Moriarty (du haut de son robot) : Non, Holmes ! Je vais détruire Londres, tuer le Premier ministre et épouser la Reine ! Et tu ne pourras pas m'en empêcher ! (rire sardonique)
Watson : Sherlock, si on allait manger tant qu'il en est encore temps ?
Holmes : On ira à un snack lorsqu'on aura vaincu ce robot ! Mais que faire ? (intense réflexion) Je sais ! (Holmes sort son pisto-ventouse) Grâce à cette arme de l'inspecteur Lestrade, nous allons arrêter Moriarty et sauver Londres !
Moriarty : Ne triomphe pas trop vite ! Mon armée de karatékas va vous défoncer la gueule ! Bon, vous m'excuserez mais j'ai un monde à conquérir moi.
(Le robot de Moriarty part pendant que Holmes et Watson vainquent à mains nues et le torse dénudé une armée de combattants asiatiques sortis du Nautilus du Capitaine Nemo)
etc.

Et pourtant... Pourtant, la sauce prend, inexplicablement. Il y a des combats, certes, Londres est numérisé, certes, mais le réalisateur n'en abuse pas. Holmes est un combattant, oui, il vanne, oui (comme Tony Stark d'ailleurs), mais il déduit aussi, et c'est au fond tout ce qu'on lui demande. Jude Law, dont on aurait pu craindre qu'il ne transforme Watson en sorte de Robin, est sans doute un des meilleurs Watson jamais interprétés, loin du JH Watson un peu pataud interprété par l'innénarrrrrrable Nigel Bruce : un jeune homme moustachu, mince, élégant, humain (ce qui fait du bien lorsque Holmes est à ses côtés), à peine un tantinet plus colérique que le Watson originel. Irène Adler elle aussi correspond bien - et c'est sans doute la plus sexy des Irène que l'on ait pu voir - et on échappe même à la tradition du baiser hollywoodien en fin de film : comme quoi, ça aurait vraiment pu être pire... N'oublions pas aussi Mark Strong, un antagoniste terrifiant et à la hauteur de Sherlock, sans oublier l'invisible Professeur Moriarty... Enfin, la très bonne surprise de ce film est sans doute Mary Morstan, jouée par une Kelly Reilly si talentueuse qu'elle vole même la vedette à LA femme : Irène.

Rajoutez à cela une BO tout simplement incroyable de Hans Zimmer, qui reste pour moi LA BO de référence et qui me trotte dans la tête dès que je pense à Holmes, un humour omniprésent et un Londres numérisé de qualité, et vous comprendrez pourquoi ai-je décidé, sitôt le film visionné, de lire les nouvelles du Canon...

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