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Accueil » Critiques » Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone
Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone Critique de
Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone
par
chez Marabout
23 octobre 2013
» voir la fiche bibliographique
par
Bénédicte S.
Ses autres critiques
Un Sherlock Holmes tout en transparance... Janvier 4, 2014

Sherlock Holmes a un fameux trou dans sa biographie, entre 1891 et 1894. À cause ? Parce que que son créateur l’a fait disparaître dans les chutes de Reichenbach, après son affrontement avec le professeur Moriarty.

Conan Doyle lui fera dire, lors de son "retour", qu’il a voyagé sous la fausse identité d’un explorateur norvégien, Sigerson. Qu’a bien pu faire Holmes pendant ces 3 années ?

Il n’en faut pas plus aux scénaristes de tous poils pour se glisser dans cette faille et nous inventer 1001 merveilleuses aventures.

Ici, pas de brouillard londonien, mais les ruelles sombres et humides de Barcelone. Nous sommes en 1893. Toute la classe ouvrière plie sous le joug des bourgeois qui l’exploite. Toute ? Non, une poignée d’ouvriers résiste encore et toujours… Et ils sont bien décidés à bouleverser tout cela.

Dans une de ces fameuses ruelles sombre et humide, trois hommes tentent de faire la peau à un dénommé Sigerson. Ce dernier excelle dans l’art du combat et il envoie ses assaillants au tapis, avec juste sa canne et ses pieds. Avant de partir, les trois malfrats lui promettent de revenir avec toute la "Confrérie", car le "Colonel" veut sa peau.

On se doute bien que ce n’est pas au Colonel Moutarde de la Confrérie du Caramel Mou qu’on va avoir affaire, mais que ça pue la sordide machination.

Le dessin est aussi sombre que la ruelle et on discerne mal les visages. C’est un des léger reproches que je ferai à cette bédé : des tons très sombres, gris foncé, pas de chaleur dans les couleurs.

D’accord, l’aventure se déroule essentiellement la nuit, sous la pluie, les tons sombres renforcent l’atmosphère, mais cela empêche parfois de bien distinguer les différents visages… Celui de Holmes n’est pas émacié, d’ailleurs.

Pendant que je suis en train de me plaindre des couleurs de l’album, dans une petite imprimerie, Jaume Maspoch fait des heures supplémentaires, non pas pour son patron, mais pour lui-même puisqu’il imprime des pamphlets anarchistes afin que Felipe et Josep les distribuent.

La bourgeoisie se fait construire de somptueuses demeures sur le dos du peuple, grâce à la sueur de ces petites gens. Le joug devient trop lourd, ils espèrent en un avenir meilleur et certains y travaillent.

C’est là que le lecteur apprend que le Felipe va passer à la vitesse supérieure en rejoignant un groupe activiste appelé "Mestral", dirigé par un mystérieux étranger : le " Colonel". Tiens, tiens…

Ce groupuscule est adepte d’actions violentes et retentissantes.

Le scénariste a basé son histoire sur un fait réel : l’attentat retentissant (20 morts) perpétré par des activistes anarchistes en 1893 au Grand Théâtre du Liceu (Liceo), à Barcelone.

Une bonne idée de base que de plonger Holmes dans l’Histoire de la Catalogne et de lui faire tenter d’infiltrer un groupuscule terroriste.

Pourtant, durant ma lecture, j’ai eu l’impression que l’album était plus consacré à l’activiste Jaume Maspoch plutôt qu’à Sherlock Holmes…

Mon détective préféré manque de charisme et à plus l’air d’être là de passage, en homme providentiel qui sauve les miches de Jaume, nous sortant quelques déductions de-ci, de-là. Je n’ai pas retrouvé l’homme d’action et de terrain de ses aventures canoniques.

Même dans son enquête, il n’a pas beaucoup d’expressions et il m’a fait l’effet d’être lymphatique, résolvant l’affaire sans trop de brio, avec parfois de trop longs monologues.

Ce qui est dommage, parce que le récit me fait l’effet d’avoir été bien documenté. On en apprend un peu plus sur ces pages sombres de l’histoire de la Catalogne, la bédé est remplie d’anarchistes, de nihilistes de tout poils, de conspirateurs, l’ombre de Moriarty semble planer sur la ville, mais l’intrigue manque à certains moments de sel.

D’autant plus dommageable qu’on avait là un contexte historique génial et plus que méconnu, une possibilité de s’amuser avec la période du Grand Hiatus, des personnages bien foutus, surtout celui de Maspoch.

Même le Grand Méchant avait des moyens (sous-marin), un mobile, on avait des complots, des Grands Mensonges, quelques dialogues bien fichus… Bref, tous les ingrédients pour avoir une super aventure puisque le scénario était diablement intéressant.

N’aura manqué qu’un chouia d’étincelle au grand détective. Ce sera mon plus grand reproche.

Le dessin proposé par Jordi Palomé est dans les tons sombres, les traits pour les visages et décors sont précis, réalistes, détaillés. Quelques tons clairs n’auraient pas fait de tort, afin de mieux discerner le tout, mais bon, cette "noirceur" collait parfaitement à l’atmosphère du récit.

On finira l’histoire à Londres, quand Holmes fait son grand retour… Trafalgar Square, des exilés politiques, Holmes, Watson et des tons plus lumineux. Le grand retour du détective est enclenché.

Le format de l’album en 18 sur 27 est agréable et la mise en page est bonne. J’ai bien aimé cette idée de diviser l’histoire en plusieurs actes, chacun portant le nom des protagonistes principaux.

Malgré mes quelques reproches, j’ai tout de même passé un bon moment, même si je m’attendais à mieux.

Et puis, ce n’est pas parce que j’ai quelques reproches que l’album ne pourrait ravir les autres amateurs du Grand Détective de Baker Street ou ceux qui le connaissent moins, le contexte historique étant riche.

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