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Accueil » Critiques » Les passe-temps de Sherlock Holmes
Les passe-temps de Sherlock Holmes Critique de
Les passe-temps de Sherlock Holmes
par René Reouven
chez Denoel
1 septembre 1989
» voir la fiche bibliographique
par
Morgane
Ses autres critiques
La culture mène au crime, le crime mène à la culture Juillet 11, 2013

Ce livre contient trois histoires auxquelles le canon fait référence sans les raconter. Dans chacune d'entre elles, la solution est obtenue par l'étude de documents. C'est un type d'intrigue que je n'avais encore jamais vu et qui m'a bien plu. Les références et la documentation sont globalement très bons, le contexte historique est bien étudié.

Le premier scénario est cousu de fil blanc pour le lecteur, ce qui le rend frustrant. De plus, il est tout plein de références au canon qui ne sont pas forcément bien placées. Le second scénario est complexe mais endort par ses longs discours. C'est dommage, car il est entrecoupé de visions très modernes de l'Histoire et des relations entre les peuples, tout en restant bien ancré dans l'ère victorienne. Le troisième scénario est excellent, rien à redire. J'ai beaucoup apprécié la constatation que fait Holmes que certains problèmes nécessitent le bon sens commun de Mme Hudson afin d'être résolues.

Passons aux endroits où le bât blesse.

Les manières, connaissances et coutumes de l'époque victorienne ne sont pas très bien reproduits (Watson en macfarlane en ville, connaissance du terme "alcaloïde", "petticoat street" porte son nom moderne de "middlesex street").

Holmes fait figure de Mr.Météo ; ça aurait passé dans une adaptation moderne avec possibilité de consulter la météo en temps réel, mais à l'époque victorienne, je doute que Holmes se soit intéressé à la vitesse de déplacement des nuages.

Holmes devient un expert en palimpsestes avant même d'avoir étudié le moindre palimpseste.

Les références au canon sont très pointue - trop pointues - et mal venues. Ici, fi de répliques cultes et de détails clichés (sauf la cocaïne), bonjour les références bibliographique du style "l'affaire machinchose" ou encore "le cas trucbidule". Et les dates, les dates omniprésentes, sont oppressantes. Les références "de fond" au canon ne sont pas toutes correctes. Dites bonjour à un Holmes féru de littérature et capable de citer de nombreux ouvrages de mémoire, un Holmes qui abandonne une affaire en cours pour résoudre celle du Cycliste Solitaire, un Holmes qui manque un peu de subtilité parfois dans les pièges tendus aux suspects (surtout valable pour la 1è nouvelle), un Holmes qui tremble de peur (!) durant une affaire, un Holmes qui "tire comme une grenouille" (3è nouvelle), comme s'il n'avait jamais tracé VR sur les murs de son salon.

Concernant les qualités rédactionnelles, elles sont bonnes mais donnent l'impression d'avoir affaire à une mauvaise traduction. Nombreux sont les termes anglais qui ne sont pas traduits alors qu'ils le devraient, et inversement. Et, horreur, le "bartitsu", déjà devenu "baritsu" chez Doyle, devient ici "Haritsu". On aurra tout vu.

Il est très étrange de constater que dans une histoire de Sherlock Holmes, c'est CONAN DOYLE qui est cité comme auteur policier, et non Watson... Et comme Conan Doyle, Holmes se laisse sombrer dans le spiritisme (2e nouvelle - citation de pouvoirs de dire l'avenir que certains personnages historiques auraient réellement possédés, citations sur la vie d'après la mort).

La troisième nouvelle gagne un score triste, mais ça aurait pu être pire, de deux "points Moriarty" (citation injustifiée dans le scénario du personnage de Moriarty).

Dans l'ensemble, ça a très très bien commencé, mais malheureusement, le résultat n'est pas à la hauteur des espérances de l'auteur. À lire quand même, en fermant les yeux sur les défauts, car rien que pour l'originalité du scénario, ça vaut le détour.

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