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Accueil » Critiques » The Sherlock Holmes Story, T2
The Sherlock Holmes Story, T2 Critique de
The Sherlock Holmes Story, T2
par
chez Physalis
1 octobre 2012
» voir la fiche bibliographique
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres critiques
Deux d'un coup ! Juillet 8, 2013

Bon, comme je viens de m'envoyer les deux tomes d'un seul coup, je propose, par facilité, une critique groupée sous ce seul titre.
Cette BD coréenne comporte, à mon sens, aussi bien au niveau de ses qualités intrinsèques qu'en tant qu'adaptation d'histoires canoniques, des points positifs et des points négatifs (et aussi, car il me faut avouer n'être que fort peu au courant des codes de la BD extrême-orientale- cette lecture est même une première pour moi, un dépucelage en quelque sorte- des points m'ayant laissé perplexe).
Commençons par les points négatifs: au niveau des facteurs intrinsèques, le dessin m'a semblé manquer d'assurance, les décors sont pauvres, les personnages sont peu expressifs et trop semblables. De plus, j'avoue n'avoir pas capté la raison pour laquelle, dans certaines cases, lesdits personnages changent subitement de physique afin d'être représentés comme des enfants à grosse tête, dans un style humoristique, en contraste total avec le graphisme du reste des albums. La narration m'a semblé alterner, de façon un peu abrupte et déséquilibrée, une certaine emphase très "actor studio" (ces cases sans dialogue, s'attardant sur des regards ou des attitudes, histoire de donner une profondeur psychologique aux personnages mais qui lassent vite par leur systématisme) avec un humour pouet-pouet (qui, quant à lui, passe assez bien).
En tant qu'adaptation des nouvelles canoniques, la fidélité est exemplaire mais... justement: littérature et BD, malgré une certaine filiation, sont deux médias bien différents. Une affaire exposée, sous forme de dialogues, chez ACD, nous permet de voir mentalement les images évoquées par ces dialogues (comme un flash back dans un film). Retrouver ces mêmes dialogues au long d'interminables planches durant lesquelles les protagonistes sont dessinés assis dans un salon, semble nettement plus laborieux pour le lecteur. Toutefois, c'est surtout vrai dans le tome 1 ("Un aristocrate célibataire", malgré ses qualités, n'est sans doute pas la nouvelle la plus visuelle du canon), particulièrement bavard et statique à certains moments. Les choses s'arrangent franchement avec l'adaptation, dans le tome 2, de " Un scandale en Bohème", nettement plus dynamique à la base, se prêtant mieux à une adaptation en images qui, ici, révèle un découpage plus varié et un suivi visuel plus agréable.
Passons aux points positifs: intrinsèquement à la BD, l'humour pouet-pouet déjà évoqué, arrache de nombreux sourires et est fort bienvenu. Les dialogues modernisée et l'excellente idée consistant à faire se tutoyer Holmes et Watson, renvoient à des adaptations récentes et vivifiantes: d'une part, les films de Ritchie (on retrouve dans la BD le côté "gay friendly" de ceux-ci, aspect qui, s'il n'est pas vraiment ma tasse de thé, évite au moins ici l'invraisemblable facilité scénaristique consistant à présenter, d'entrée de jeu, un Holmes et un Watson ouvertement homosexuels, pour complaire au public directement concerné ainsi qu'à une certaine frange du lectorat féminin dont, allez savoir pourquoi, d'éventuelles papouilles entre nos héros, relève du fantasme le plus absolu).D'autres part, et surtout, on y retrouve beaucoup du Sherlock de la BBC car,bien que située au XIXe siècle, la BD use du plaisant artifice consistant à faire s'exprimer les personnages à la manière, plus "cool", du XXIe... et même à multiplier les références modernes (Google etc.)
Certaines mises en abîme sont également bienvenues ( par exemple, Watson se plaignant de n'avoir pas eu un seul dialogue "depuis au moins vingt planches" après du témoignage de Lord Saint Simon).
En tant qu'adaptation, même si la fidélité est de rigueur(un peu trop à mon goût), les personnages revisités à l'aune, comme je le disais, d'autres adaptations récentes, apportent une certaine fantaisie, un ton relativement neuf à ces récits archiconnus.

Bref, cette BD a un peu le cul entre deux chaises: les amateurs d'adaptations fidèles n'apprécieront les intrigues, suivant leur modèle presqu'à la lettre, que s'ils peuvent passer au-dessus des nombreux à côtés: l'humour pouet-pouet, le "gay friendly" et les multiples passages concernant les prises de bec incessantes entre nos héros à propos du prochain mariage de Watson avec Mary Morstan (transformée en Mary Moston uniquement dans le premier tome)... prises de bec, elles aussi, directement empruntées aux films de Ritchie. Les autres, les amateurs de versions revisitées, se consoleront grâce à l'une des diverses "entorses" susmentionnés mais risquent de s'ennuyer un peu devant les parties "enquête", trop connues et parfois statiques.

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