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Accueil » Critiques » La Revanche de Sherlock Holmes
Critique video
La Revanche de Sherlock Holmes
par
Morgane
Ses autres critiques
Mixer deux hits ça peut faire une bouse. Juin 2, 2013

Technique
Le montage use et abuse de la mise en parallèle de plusieurs scènes similaires. C'est bien à petite dose, mais trop,
c'est trop. D'ailleurs, "trop" semble être le mot d'ordre de ce film étrange,
sorte de mix improbable entre Les Experts et Sherlock Holmes.

Décor et accessoires
Les décors sont beaux. Y'a pas à dire, la production a mis le paquet, et ça se voit. Le brouillard londonien est
permanent, qui manque souvent dans d'autres productions. Malheureusement,
au bout d'un moment, trop de brouillard tue le brouillard, et on s'en lasse.

Costumes
Les costumes sont moyens. Ils sont beaux, bien faits, bien coupés, soignés, mais ils ne correspondent pas à
l'époque. Les coiffures non plus. C'est dommage, parce qu'avec une autre série
de patrons, il y aurait eu moyen de faire mieux.
Les maquillages sont systématiquement ratés. Holmes ressemble plus à Dracula qu'à un homme de l'époque
victorienne, les fausses cicatrices sont appliquées à la truelle qu'un gamin de
primaire ferait mieux, les femmes ont les yeux trop chargés. Quant aux coiffures, n'en parlons même pas : exit les
chignons réglementaires et bonjour à la parade l'Oréal de l'été. Snif.

Recherche documentaire (note : on est en 1888)
Quelque anachronismes : Holmes possède un briquet, et un téléphone d'un modèle un chouilla trop récent.
On notera que le "B" n'est pas à la porte du numéro "221" mais à la porte de l'appartement. Lequel appartement
contient… des plantes vertes ?
On se rattrape avec la mise en scène de "tableaux", divertissement typique de l'époque victorienne.
La police utilise les empreintes digitales de manière systématique, ce qui est un anachronisme supplémentaire.
La recherche documentaire concernant la psychologie des tueurs en série et leur mode d'action est remarquable.
Par contre, concernant la respiration artificielle, elle tient plus du pelotage que de l'intervention médicale.
Les photographies prises à la chaîne avec un appareil photo des années 1880s, ça fait joli comme montage vidéo,
mais c'est pas très respectueux de l'époque.

Scénario
Le scénario est globalement pas mal, mais il est trop poussé du côté "Les Experts". Au début tout allait bien, un
examen de cadavre, quelques déductions à la Holmes, tout baigne. Mais ça
se corse rapidement. Les références au canon sont constantes et très mal placées. On dirait que toutes les répliques
les plus connues de Holmes, et ses traits particuliers, ont été notés sur
des bouts de papier, placés dans un chapeau, tirés au sort et éparpillés sur le storyboard au petit bonheur la chance.
Ça dégouline de partout au point que ça en devient écœurant. Le tout
est épicé avec des références à Jack l'Éventreur, situant l'action en l'année 1888.
Watson qui joue les diététiciens pour Holmes, c'est parfaitement déplacé.
L'implication d'une "psychanalyste qualifiée" complètement décomplexée et moderne en tant que fiancée de Watson
casse tout. On passe de Sherlock Holmes à un épisode des Experts en
cosplay. Liste de perversions sexuelles débitée les yeux dans les yeux par une femme à un homme. Interrogation par
une psy d'une victime d'agression sexuelle. Familiarités entre une
femme non mariée et un homme qui n'est ni de sa famille ni son fiancé. C'est la cata. L'enquête en elle-même est
vraiment bien, mais c'est beaucoup, beaucoup trop moderne pour être un
Sherlock Holmes de l'époque victorienne. Un Sherlock Holmes à Miami, ça aurait été très bien, et il n'y aurait eu que
les costumes à changer, et un chouilla le décor, mais rien au niveau des
dialogues. Mais non.
Une couche supplémentaire est rajoutée en tournant en dérision Scotland Yard. Même dans le dessin animé de
Myazaki c'était plus crédible.

Personnages et acteurs
Watson est affublé d'une énorme moustache à la Gomez Adams et d'une choucroute façon "mamie a mis des
bigoudis". Ceci mis à part, le développement du personnage est EXCELLENT. Il
est rare de le voir se comporter de manière logique et intelligente tout en mettant en application des "trucs" appris
de Holmes. Il est assez lié à Mme Hudson, surtout lorsqu'il s'agit de
s'occuper de la santé de Holmes malgré ce dernier. Homme de terrain réalisant les basses œuvres de Holmes et
arrivant toujours quand il faut, il donne du peps à l'histoire et rattrape la
performance d'un certain autre acteur dont je vais à présent vous parler.

Holmes est une CATASTROPHE NUCLÉAIRE INTERPLANÉTAIRE. Il est hautain, méprisant, a avalé un balai par le
mauvais côté du tube digestif, et pour couronner le tout, l'acteur qui
l'interprète a encore moins d'expressions faciales que M. Data dans Star Trek: The Next Generation. Ça aurait pu
passer inaperçu si le producteur n'était pas aussi fan des gros plans du
visage de Holmes. Il ne lui manque plus que de faire « meuh ». Il est tellement en-dehors du personnage originel
qu'il est fan de mode féminine et n'a aucune croyance religieuse !
Citons à présent ce magnifique personnages : « les femmes sont un mal nécessaires » «les voyages rétrécissent
l'esprit » Et encore, vous avez pas vu la fiancée de Watson ! Elle est bien trop
moderne pour l'époque victorienne, et ce sur tous les plans. Y compris le fait qu'elle appelle Holmes par son prénom,
et le tutoie. (=.()

Les débutantes sont une bande d'adolescentes stupides et gloussantes à peine dignes d'un film de lycée. Pour en
rajouter une couche, celle qui tient le rôle le plus important est doublée par
la même personne que le personnage de Libby Chester dans Sabrina. Puisqu'on y est aux doubleurs, notons qu'ils
ont la fâcheuse manie de lire leur texte de manière moderne, trop
familière. Zut alors.

Lestrade et les autres personnages secondaires sont corrects à très bons en comparaison.

En bref, à trop vouloir en faire, on finit par obtenir un joli ratage. Dommage.

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