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Accueil » Critiques » Sherlock Holmes : Les Mystères de Londres
Critique video
Sherlock Holmes : Les Mystères de Londres
par
Morgane
Ses autres critiques
Tellement mauvais sur tellement de plans… Mai 5, 2013

Commençons par un point de vue technique.

L'action est remplacée par un secouage vigoureux de la caméra. Les costumes sont tous de la même taille, en conséquence certains acteurs nagent dedans tandis que d'autres n'arrivent pas à
fermer leur pantalon (pauvre Watson) et ils ne correspondent en rien aux costumes de l'époque Victorienne. Les décors sont vides, on n'y croit pas un seul instant (spécial dédicace à l'usine qui
emploie des "travailleurs clandestins" tellement clandestins que c'est plutôt des emplois fictifs). Le décor est bourré d'anachronismes (téléphone à cadrant façon Derrick, éclairage publique
électrique, goudron comme revêtement de sol, mitraillettes, j'en passe et des pires). Les effets spéciaux sont à peine dignes de "Plan Nine from Outer Space". Les images de synthèse datent de
la PlayStation 1.
La reconstitution de l'époque en prend un sale coup elle aussi, avec l'intoxication alimentaire par les poissons au mercure (anachronique) que Holmes déduit au premier coup d'œil simplement
parce que la victime est un poissonnier, avec l'obligation de passer par Watson pour acheter de la morphine (en vente libre en pharmacie !) et autres substances découvertes récemment, avec
les costumes pas du tout d'époque, avec la menace de l'inspection du travail, avec… c'est une liste sans fin.
Sans oublier les faux raccords, qui sont légion.

Les acteurs maintenant.

Les quelques femmes actrices jouent soit des prostituées, soit comme des prostituées. Je crois qu'elles ont été empruntées au tournage porno du studio voisin, tellement elles sont expressives.
Les hommes ne sont pas mieux. Les choucroutes de Holmes et de Watson sont à mourir de rire. Le doublage est aussi morne que la lecture formelle d'un CV.

Attaquons à présent le scénario.

En voyant la jaquette du film, je m'étais dit "Oh trop bien ! Challenger a ramené des spécimens, Moriarty les a volés et maintenant c'est la panique à Londres ! Ou un truc plus subtil mais dans le
même genre. C'est Sherlock Holmes, pas Indiana Jones."
J'avais tort, et le tort tue.
C'est l'histoire de Watson qui dans le dernier souffle de sa vie dicte à sa jeune et jolie secrétaire l'histoire qu'il, je cite, n'avait jamais écrite, jamais jamais. On le retrouvera plus tard dans le film
en train de la rédiger, mais c'est pas grave, on sait tous que Watson a pas une super bonne mémoire. Et donc, il va raconter…
…L'attaque d'une pieuvre en caoutchouc sur un bateau Playmobil pour voler l'or des impôts afin d'acheter un dino-robot pour aller voler une pompe à eau qui va servir à rien dans le scénario.
Et ça se finit par la course-poursuite entre un hélico-ballon et un robot-dragon dans un Londres vide et en feu.
Avec un scénario pareil, on peut que avoir des personnages à la mesure !

Le massacre des personnages.

Holmes est arrogant, stupide, méchant, méprisant, crétin, narcissique, frimeur, et il sert à rien. Il passe son temps à raconter sa vie, sa jeunesse, sa famille, son frère qui a été blessé à l'armée
et qui faisait équipe avec Lestrade. Quand il n'a rien à faire, il fume une pipe éteinte ou il envoie Watson affronter le danger à sa place (sauf s'il s'agit de piloter un hélico-ballon façon bogoss.
ça, c'est lui qui fait. Watson aura qu'à voler le seul cheval de toute la production, occupé pendant tout le film à tirer la même charrette). Il ouvre sa bouche uniquement pour critiquer Watson,
sous-entendre que son ami saute sur tout ce qui bouge et qui porte jupon, que ses études de médecine n'ont servi à rien, qu'il a déduit que le "monstre de Whitechapel" est un dinosaure-robot
fabriqué avec 500 tonnes de caoutchouc payés en or (sans le moindre indice, qu'il est fort !), ramasser un caillou et en déduire de quel château il vient, et enfin annoncer à Lestrade, grâce à une
étude balistique réalisée à l'œil nu sur un projectile neuf que c'est pas lui qui a paralysé son coéquipier le frère de Holmes.

Watson est un crétin en choucroute dont le gras du ventre passe son temps à dépasser de ses costumes trop petits. Il se laisse marcher sur les pieds par Holmes mais il réalise les 3/4 de
l'histoire à lui tout seul. Bizarrement, c'est lui qui ne croit pas aux monstres, et Holmes doit le convaincre de leur existence. Étrange.

Lestrade est toujours là où il ne devrait pas, sort son arme quand il ne faut pas et la garde en poche au plus fort de l'action. Il fait figure de "princesse en détresse" et n'offre pas la moindre
hypothèse à comparer aux déductions de Holmes. Comme Holmes ne déduit rien du tout, ce n'est pas trop choquant.

L'antagoniste pour finir est pathétique au possible. Amoureux d'une femme-robot, il veut se venger de son coéquipier Lestrade en mettant le feu à Londres. Cherchez pas, logique de méchant.
C'est avec cette même logique de méchant qu'il fabrique toutes sortes de créatures robotiques pour voler une pompe à eau qui sert à rien, et utilise les quelques pennies restant pour monter
un lance-flammes sur un deltaplane en espérant détruire la capitale anglaise. C'est beau, l'espoir.

Les figurants pour terminer sont au nombre impressionnant de… vingt-cinq. Pour tout le film. On peut dire que y'a pas foule, et ça explique que lors de la scène finale, au lieu de voir
débarquer la police les pompiers l'armée les voisins le chien le chat et le canari, on a juste UN journaliste. Coiffé en choucroute.


En guise de conclusion c'est un film très prétentieux, sans budget, fauché, scénarisé par des gens n'ayant jamais lu le canon. Ni écrit quoi que ce soit de cohérent dans leur vie.

À voir si vous n'avez pas peur du ridicule, en laissant votre cerveau au frigo en attendant le générique de fin.


Ah oui, je vous ai pas dit la morale du film ! "Fumer c'est pas bien ça a tué mon père mais ça peut vous sauver la vie. Signé : Robert Sherlock Holmes"

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