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Accueil » Critiques » La Science de Sherlock Holmes : les débuts de la science criminelle
La Science de Sherlock Holmes : les débuts de la science criminelle Critique de
La Science de Sherlock Holmes : les débuts de la science criminelle
par E. J. Wagner
chez Le Pommier
13 septembre 2011
» voir la fiche bibliographique
par
Benedicte S.
Ses autres critiques
Un peu de Holmes mélangé aux débuts de la science criminelle, c'est un régal ! Février 1, 2013

Mon détective préféré et les débuts de la science criminelle... certains auteurs devaient connaître mes goûts pour me pondre une chose pareille, me voyant déjà saliver devant leur ouvrage.

Oui, j'aime Sherlock Holmes et oui, j'aime la science criminelle, ainsi que la médecine légale et la police scientifique (la vraie, pas celle qui à partir d'une mauvaise photo de trois pixels arrive à vous sortir une plaque d'immatriculation lisible ou la forme du plombage de la dernière molaire du suspect...).

Non, parler de cadavres à table ne me répugne pas. Mon entourage, oui...

Bref, même si vous ne connaissez pas Sherlock Holmes, vous savez qu'il était fortiche comme détective et qu'il est connu pour ses qualités de déduction, sa passion pour la chimie ainsi qu'un intérêt plus qu'intéressé pour la science.

Nous en avons la preuve dans "Une étude en rouge" où la rencontre entre Holmes et Watson se déroule dans le laboratoire de l'hôpital Saint Barts', Holmes tout heureux car il venait de mettre au point un réactif qui n'était précipité que par l'hémoglobine.

Léger inconvénient pour l'holmésien qui voudrait retrouver son détective fétiche dans cet ouvrage, et bien, il est peu présent malgré le fait que l'auteur se soit évertuée à mettre en relation les enquêtes du fameux locataire du 221b avec les avancées scientifiques de son époque (relevant même les quelques fautes dites par Holmes sur certains faits, tel les machines à écrire ou le réactif précipité par l'hémoglobine).

Certes, les références à Holmes sont là et bien là mais n'escomptez pas qu'elles occupent la majorité des pages.

Oh, attention, je ne regrette rien ! Que du contraire, ce genre de livre, c'est du petit lait pour moi.

Les treize chapitres thématiques nous éclairent sur les grands domaines ainsi que les avancées dans la science criminelle. A la fin de chaque grand chapitre, un récapitulatif de "ce qu'il reste" de nos jours.

Non, non, la science criminelle dont on nous parle n'est pas imbuvable !

Le livre est truffé de petites anecdotes, d'expériences ou d'enquêtes criminelles réelles (menées à la fin du 19ème siècle ou au début du 20ème siècle, au Royaume-Uni, en France ou Allemagne) de la manière dont elles furent (ou pas) résolues et de ce qu'il en a découlé comme avancée...

Et tout se déroule dans le temps, hormis quelques unes qui ont eu lieu dans les années 40.

Facile à lire, agréable à découvrir, j'avais les yeux émerveillés, me goinfrant de tous les détails.

Ah, que de progrès ont été réalisés, que ce soit dans la médecine légale (autopsie réalisées dans de meilleures conditions, recours à l'entomologie, à la toxicologie), dans l'étude de la balistique, sans oublier le fameux fichage des criminels (Bertillon et surtout Locard), dans l'étude des scènes de crime, dans le recours aux experts... (qui n'étaient pas de Miami, de Las Vegas ou de Manathan).

Last but not least, le dernier chapitre sera consacré à tout ce qui concerne les croyances et superstitions de l'époque. Un régal !

D'ailleurs, j'en ai appris une bien bonne : dans le but de calmer les spasmes du gros intestin, un médecin préconisait l'usage de la nicotine, sous forme de fumée et introduite... Hé oui !

Zéro pointé aux puristes qui ont pensé que la fumée était introduite par la bouche. Pour soigner le gros intestin, on attaque par le bas et la fumée était introduite dans le rectum, dirigée soit par un entonnoir ou par un soufflet, quand ce n'était pas par l'introduction d'un cigare dans le fondement, bout incandescent fiché en plein dedans... plus facile pour l'introduction de la fumée.

Dingue, non ?

Une autre ? On disait que l'onanisme provoquait, entre autre, la phtisie, le ramollissement du cerveau, la démence, la folie et la dégénérescence précoce...

Rassurez-vous, ce ne sont là que les conneries de la médecine de l'époque et je me dis que, de nos jours, rien n'a changé quand on nous vante les mérites de la carotte pour soigner des cancers.

Bref, pour ceux et celles qui ont envie de découvrir les balbutiements de la science criminelle, sans un expert qui ôte ses lunettes noires toutes les deux minutes, ce livre est fait pour vous.

Ou tout simplement par curiosité...

La postface (rédigée par un expert contemporain, excusez du peu) est consacrée aux outils (en particulier la génétique) dont notre cher Sherlock Holmes disposerait s'il œuvrait de nos jours.

Rien à redire sur l'auteur, on sent qu'elle a mis les main dans le sang et dans les tripes, plongeant dans des archives criminelles comme d'autre plongent dans les eaux turquoises, nous faisant croiser la route de personnages réels tels Vidocq, Bertillon ou Locard.

Ok, Sherlock Holmes est un peu relégué au second plan par rapport à la science criminelle, mais l'auteur ne l'oublie pas et on sent que là aussi, elle connait son sujet.

Vous l'aurez compris, j'ai trouvé ce petit livre scientifique PA-SSIO-NNANT !

Pas besoin d'avoir regardé tous les épisodes des experts pour comprendre et dans le pire des cas, il y a un glossaire pour les mots que vous n'auriez pas capté.

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