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Accueil » Critiques » Oscar Wilde et les meurtres du Vatican
Oscar Wilde et les meurtres du Vatican Critique de
Oscar Wilde et les meurtres du Vatican
par Gyles Brandreth
chez 10/18
18 octobre 2012
» voir la fiche bibliographique
par
Max B.
Ses autres critiques
Conan Doyle narrateur très watsonnien.... Novembre 9, 2012

Gyles Brandreth, dans les quatre précédents opus de cette excellent série, avait choisi de nous raconter les enquêtes d'Oscar Wilde par le biais de l'ami et biographe de celui-ci, le poète Robert Sherard, qui, avec beaucoup de partialité, le magnifiait au détriment des autres protagonistes, dont le moindre n'était pas Arthur Conan Doyle (qui n'apparait pas dans le 3ème opus, "OW et le cadavre souriant"), à la présence à la limite de l'anecdotique. Sous la plume bienveillante de Sherard, Wilde pétillait comme un grand cru de champagne, alternant aphorismes spirituels et bons mots souvent caustiques, multipliant remarques judicieuses et déductions imparables à en faire pâlir Holmes lui-même, avec une logorrhée de tous les instants dont on ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle devait être sûrement très fatiguante pour ses interlocuteurs, ou plutôt pour son public, car l'ami Oscar ne laissait que peu à ses amis l'opportunité de s'exprimer. Il semblait toujours en représentation, théatral et exalté, cabot souvent. L'enquête (car n'oublions que nous sommes dans un roman policier), de fait, se trouvait reléguée au second plan, éclipsée par la brillante et étouffante personnalité de l'exubérant Wilde. Le lecteur lui-même se trouvait entrainé dans une espèce de tourbillon, ébloui et subjugué par un véritable feu d'artifice, et achevait sa lecture abasourdi et pantois, définitivement séduit par la personnalité hors norme de Wilde, oubliant que l'enquête avait été traîtée avec légèreté et désinvolture, qualités somme toute très wildiennes.
Cette fois-ci, le narrateur n'est autre que l'auteur de Sherlock Holmes. Son Oscar Wilde, s'il est animé de la même logorrhée incoercible, est somme toute plus humain que celui de Sherard, et donc plus accessible. Sans doute mécontent d'avoir été relégué au second plan dans les autres volumes, ACD nous montre Wilde sous un jour pas toujours favorable, avec ses faiblesses, ses égarements, ses provocations parfois gratuites, quelquefois incohérent tant, souvent, il ne maitrise plus le flot impétueux de son discours et se laisse emporter. Et le vertueux Arthur n'hésite pas à clamer haut et fort son désaccord et sa réprobation devant le cynisme, l'amoralisme et la liberté de ton peu victorienne dont fait souvent preuve l'auteur du "Portrait de Dorian Gray". Mais Wilde est son ami, et le bon Conan Doyle ne peut s'empêcher de le mettre en valeur, lui prêtant parfois la paternité de certaines sentences holmésiennes (p276 : "Lorsqu'un médecin tourne mal, il devient alors un criminel de première force"), et quelques brillantes déductions.
Quelques mots sur l'énigme qui anime (tout autant que Wilde) ce roman, énigme soumise à la sagacité des deux compères par voie postale, trois courriers émanant de Rome et adressés à Sherlock Holmes, contenant l'un une main humaine embaumée, un autre un doigt porteur d'un anneau, le dernier une touffe de poils. Conan Doyle, narrateur très watsonnien jusque dans sa morale et ses principes très victoriens, assiste passivement au cheminement de Wilde jusqu'à la vérité, et, l'enquête policière occupant, contrairement aux autres opus, le premier plan, lui accorde l'honneur et le mérite de démêler l'écheveau compliqué d'un meurtre commis 20 ans auparavant, pour finalement apporter, devant le cercle des suspects réunis comme il est de tradition dans le roman policier classique, la résolution de l'énigme, scène finale qui est peut-être le seul point faible de ce roman, tant dans l'identité (prévisible) du coupable et les motivations de son acte.
Un bouquin à lire absolument !

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