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Accueil » Critiques » L'Antre de la terreur : Les aventures sexuelles de Lilian et Agathe
L'Antre de la terreur : Les aventures sexuelles de Lilian et Agathe Critique de
L'Antre de la terreur : Les aventures sexuelles de Lilian et Agathe
par
chez Dynamite
17 avril 2010
» voir la fiche bibliographique
par
Eric S.
Ses autres critiques
Quand l'humour défie la morale Octobre 14, 2012

Sherlock Holmes, une fois de plus, apporte sa caution morale à une production littéraire licencieuse destinée à un public averti… voire même très averti… j’insiste bien : encore plus averti que ça. Vous avez maintenant le choix entre arrêter ici votre lecture ou continuer... Vous continuez, donc... Bon. Voilà, maintenant, ceux qui restent auront été prévenus, et comme un public averti en vaut deux, multipliés par trois mises en garde successives, j’ai maintenant devant moi une foule innombrable et toute ouïe de lecteurs avertis.
La distribution est pléthorique, digne des plus grandes superproductions : Sherlock Holmes, déjà cité, mais aussi le Dr Watson, le Dr Jekyll, Conan Doyle, Sigmund Freud, Winston Churchill, Albert Einstein, Robert Louis Stevenson… Voyageant en calèche, en zeppelin ou à pied, tout le who’s who littéraire, scientifique et criminel de cette fin de 19ème siècle converge comme un seul homme vers Londres et se retrouve dans un cabaret proposant les immondes spectacles orchestrés par Mister Hyde, alors que Jack l’Eventreur commence à défrayer la chronique.
Le scénario concocté par Ricardo Barreiro, de façon étonnante, tient plutôt bien la route : deux jeunes anglaises en tenue légère, Lilian et Agathe, sont enlevées et séquestrées par une secte ignoble et friande de chair fraîche destinée à être consommée au cours de la Nuit de Walpurgis (inutile d’emballer les filles, c’est pour consommer tout de suite). L’identité réelle de Jack l’Eventreur est révélée dans le cabinet du Dr Freud suite à une confession audacieuse. Albert Einstein entrevoit sa théorie de la relativité en mettant en pratique quelques expériences nouvelles. Sherlock Holmes reste fidèle à son personnage : peu troublé par les dépravations sexuelles dont il est le témoin, il conserve son image de détective taciturne et observateur, incorruptible, capable de détecter les entreprises criminelles et de porter secours (sans grande efficacité toutefois) aux deux malheureuses victimes, formant ainsi le contrepoint parfait de la débauche ambiante. On évite fort heureusement l’outing de Sherlock Holmes et les étranges théories suggérées par les productions récentes, ce qui mérite d’être souligné au passage compte tenu du contexte.
La qualité purement formelle de L’antre de la terreur est indéniable, même si le cradingue répugnant l’emporte souvent sur le glamour stylé. Le dessin de Francisco Solano Lopez est précis et vigoureux, le sens du cadrage acrobatique, les gros plans anatomiques, les courbes féminines, impudiques et omniprésentes à souhait. Les portraits de nos célébrités, fidèlement représentés, bénéficient d’une palette d’expressions suffisamment large pour faire face de manière crédible aux situations extrêmes du scénario.
Mais ces quelques points plaisants n’équilibrent hélas pas le principal grief que l’on peut formuler à propos de cette bédé. En dépit de l’habillage intellectuel du scénario et d’un semblant d’enquête policière, nous sommes bien dans la provocation la plus outrancière qui soit : sueur, sang, sperme et autres fluides corporels divers éclaboussent chaque planche de cette bédé, qui enchaîne sans temps mort les scènes de déviance sexuelle, drogue, viol, inceste, meurtre, torture, éviscération, décapitation, zoophilie, anthropophagie, nécrophagie… trop c’est trop ! Même si tout ceci doit sans doute être pris comme un exercice de style déjanté visant une forme de performance, maniant l’humour potache trash de carabins irrespectueux, l’écœurement et la lassitude finissent, à force de répétition, par l’emporter. Les auteurs poursuivent leur sujet jusqu’au bout et font tomber les tabous les uns après les autres. Êtes-vous prêt à les suivre ? Sigmund Freud, un des protagonistes du récit, disait : « L'humour ne se résigne pas, il défie. » Les auteurs semblent bien avoir fait de cette maxime leur profession de foi. L’antre de la terreur vous ouvre ses portes, à vous de décider d’entrer ou pas.

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