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Accueil » Critiques » Le rat géant de Sumatra
Le rat géant de Sumatra Critique de
Le rat géant de Sumatra
par Richard L. Boyer
chez Mycroft's Brother
1 mars 2003
» voir la fiche bibliographique
par
Benedicte S.
Ses autres critiques
Ce récit est aux pastiches ce que le Château Margaux est au vin : un Premier Cru ! Août 20, 2012

Ah, sacrée Matilda Briggs ! On peut dire qu'elle a roulé sa bosse, de port en port, tanguant parfois de droite à gauche, éclusant plus qu'il ne fallait, perpétuellement humide, aimant les prendre par devant ou derrière, voir même de côté...

Et des marins, elle en a connu, la garce ! Oh oui, bon nombre d'entre eux sont monté sur la Matilda.

Mais non, bande d'esprits mal tournés, Matilda Briggs n'est pas le nom d'une dame de petite vertu ! C'est tout simplement celui d'un bateau. Je vous ai bien eu.

Ils n'y a que les holmésiens qui n'auront pas été émoustillé par mon entrée en matière plus que coquine, puisque eux savaient qui était vraiment Matilda Briggs.

Je préciserai aussi que je parlais des vents que le navire Matilda pouvait "prendre par devant, par derrière ou sur le côté". Rien de graveleux.

Si Matilda est si connue des amateurs de Sherlock Holmes, c'est parce qu'elle fait partie de ce que l'on nomme les "untold stories", c'est à dire les histoires citées par Watson dans le canon holmésien, mais jamais écrites. Et elles sont légions, les Untold !

Pour celle-ci, Sherlock Holmes nous en parlait, dans "le vampire du Sussex" : « Matilda Briggs n’est pas le nom d’une jeune fille, Watson, dit Holmes d’une voix lointaine. C’est le nom d’un navire dont le destin est associé à celui du Rat géant de Sumatra. Une histoire à laquelle le monde n’est pas encore préparé. »

Il n'en fallait pas plus à des auteurs pour s'engouffrer dans la brèche de Matilda (ou du rat) et de broder dans le grand n'importe nawak !

Mais là, Boyer nous livre une histoire d'une finesse holmésienne qui, encore un peu, m'aurait fait pleurer de plaisir.

Je ne prend pas de grand risque en affirmant qu'elle pourrait passer pour une nouvelle du canon holmésien tant les codes sont respectés.

Le Watson qui nous conte le récit pourrait sans peine passer pour le Watson de Conan Doyle.

La manière d'écrire; d'expliquer au lecteur le récit; la méthode d'investigation de Sherlock Holmes et sa propension à énoncer des déductions qui stupéfient Lestrade, avant, que, quelques explications plus tard, il ne se gausse que "c'était enfantin"; l'utilisation des chiens pour suivre une piste (cocorico puisque les chiens utilisés sont deux chiens de Saint-Hubert ou "Bloodhound", en anglais, une race de chien de chasse au flair très développé et la Fédération cynologique internationale attribue son origine à la ville de Saint-Hubert en Belgique); toutes les petites ruses du détective sont aussi de la partie;...

Bref, tout y est !

Et j'ai vu venir quelques ruses du grand détective... J'ai lu le canon, on ne me la fait plus à moi et quand Holmes signale qu'il doit rester à Londres, je pense tout de suite à l'entourloupe qu'il avait déjà faite dans "le toutou des Baskerville".

Ce n'est pas la seule référence de ce petit roman à l'épisode "Baskerville".

A la différence des autres récits consacré au "rat géant", celui-ci est construit de la même manière que HOUN ("Le Chien des Baskerville", en abrégé officiel) : nous avons une partie fantastique qui sera expliqué par du rationnel.

Et là, je dis "merci" parce que je n'avais pas envie de voir débouler, comme dans une bédé de A-P Duchâteau, des rats "limite Tchernobyl".

J'avoue que l'auteur a bien manié le récit, lui conservant son caractère fantastique et mystérieux.

Pourtant, au départ, j'ai eu un peu peur que "le rat" ne passe au second plan, Holmes ayant une histoire d'enlèvement à résoudre.

Il n'en était rien ! Le mélange des deux enquêtes est harmonieux et je me suis surprise à frémir sur la fin pour mes deux personnages préférés.

Là aussi je me suis prise un sacré coup de pied au cul ! Violent en plus.

Du suspense, des rebondissements et un méchant, qui, comme tous les méchants de la terre, ne peut résister à l'envie de se vanter et d'exposer tous ses griefs à l'encontre de Holmes.

Mais fallait pas prendre le détective pour un imbécile, monsieur le vilain méchant... Holmes est un renard rusé.

L'auteur a aussi brillamment mit en avant la formidable amitié qui lie Holmes et Watson (et rien de plus !) et, tel dans l'aventure des "Trois Garrideb", nous avons un Holmes un peu ému à l'idée d'avoir fait prendre de grands risques à son ami. Un grand moment.

Le récit est digne d'un grand cru, vieilli en fût de chêne, il est A.H.O.C (Appellation Holmésienne d'Origine Contrôlée) et ne contient pas de sulfites.

A consommer sans modération parce qu'un pastiche écrit avec un tel savoir, se déguste avec délice.

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