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Accueil » Critiques » Victorian Undead, T1 : Sherlock Holmes contre les zombies !
Victorian Undead, T1 : Sherlock Holmes contre les zombies ! Critique de
Victorian Undead, T1 : Sherlock Holmes contre les zombies !
par
chez Panini Comics
19 octobre 2011
» voir la fiche bibliographique
par
Benedicte S.
Ses autres critiques
Les zombies se décomposent, pas le scénario Août 4, 2012

Ce livre - un comics en fait - je l'avais zappé en découvrant sa couverture pour le moins "horrible". On y voyait une sorte de Sherlock Holmes en zombie, bouffé par les vers, en décomposition totale.

Bref, peu séduisante... J'imaginais un Holmes en zombie, revenant d'entre les morts, les bestioles en prime.

C'est sur un autre forum que j'appris que la couverture était indépendante du contenu (merci à Jean-Claude pour l'info, en passant). Il y a des zombies, mais ce n'est pas le grand détective !

En fait, la couverture était juste là pour un coup de pub. Cela avait eu l'effet contraire chez moi, ne cherchant même à découvrir cet album.

Une fois que je le sus, je me mis en quête de cet album et je le dévorai.

Oui, il est bien ! Du moins, pour ceux que le fantastique et les zombies ne rebutent pas dans un univers victorien.

Je n'ai rien contre les zombies, mais ce n'est pas mon genre de prédilection. Alors, les morts-vivants mélangés à une histoire où Holmes est présent, ce pouvait être casse gueule au possible et j'aurais pu détester l'ouvrage.

Examen réussi : les auteurs ne se sont pas plantés.

Voyons ce qu'ils nous ont concocté comme histoire...

L’histoire démarre par un flashback, nous ramenant en 1854 alors qu’un météore traverse le ciel londonien, emmenant dans sa traîne un mal profond et inconnu.

Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est forcément sur l’East end que s’abat cette vague de peste zombie. Les gens meurent, reviennent à la vie et contaminent les vivants...

Oui, pas de nouveautés dans le genre : les bons vieux zombies restent les même.

Les services secrets réussiront à contenir la menace, ensevelissant au passage une partie de la ville pour prendre le maximum de précautions.

Mais 44 ans après (alors que le quatrième de couverture parle de "20 ans après"), à l’aube du XXe siècle, le mal refait surface.

Sherlock Holmes est revenu d’entre les morts (façon de parler, hein) après l’épisode des chutes du Reichenbach (mais nous savons qu'il n'était pas mort puisque non tombé, au contraire de Moriarty) et il est bien décidé d'enquêter sur ces morts qui ne le sont pas tout à fait, quand bien même les services secrets le lui interdiraient.

Quant à l’origine de ce regain de peste moribonde... Chuut, c'est un secret !

Comme je vous le disais, le scénario aurait pu sombrer dans les tréfonds de la connerie ou du farfelu, surtout avec une couverture kitch à mort et son côté "série B+++".

Cela ne laissait pas présager une véritable histoire, avec une intrigue développée et bien construite.

Bon, je ne vais pas vous mentir non plus, je me suis doutée de certaines choses...

On sent que l’œuvre de Conan Doyle n'est pas une inconnue pour l'auteur et la passionnée de l'oeuvre holmésienne que je suis, ça fait toujours plaisir.

Grâce soit rendue à l'auteur : Watson n’est pas le benêt de service ! Alléluia ! Les auteurs en auraient-ils fini avec le Watson bête comme ses pieds ? C'est à espérer vu que les derniers Watson sont plus relevés au niveau intellectuels que certains que j'ai déjà lu et vu.

Non seulement il est intelligent (mais moins que Holmes, normal) et sa relation avec Holmes est celle d'une amitié profonde. Un plaisir aussi de découvrir que Mycroft, le frère de Sherlock, est également bien utilisé.

N'oublions pas Lestrade et ce bon vieux colonel Moran... Ironie, pour le colonel.

Graphiquement parlant, le dessinateur s’en sort haut la main.

Les décors de Londres sont fouillés, on a l'impression d'y être, les plans sont très variés et le rendu des scènes d’action sont de bonne facture.

Oui, il y a de l'action, des combats et du dégommage de zombies à la sulfateuse (de l'époque).

Bref, une belle variation sur notre légendaire détective tout en introduisant un élément fantastique sans (trop) dénaturer le mythe.

Comme pour les bédés où Holmes était face au suceurs de sang, les auteurs s'en sortent haut la main.

Le découpage est très "cinématographique", c'est rythmé, on ne s'embête pas, on frissonne et c'est visuellement soigné.

Le seul problème pourrait venir du trop-plein d’action. Oui, il en faut, mais trop d'action nuit à l'action et aurait pu causer la mort de ce bon scénario.

Attention, je ne sous-entend pas que le trop-plein d'action est pas là pour masquer le manque de scénario, comme dans certains blockbusters

Non, le scénario est fouillé, mais nous avons l'habitude de voir (enfin, de "lire") Holmes disserter et aiguiser son sens de l’observation et de la déduction. Ici, il le fait moins. J'aurais aimé plus de réflexion.

Malgré tout, hormis ce petit bémol, j'ai passé un bon moment auquel je ne m'attendais pas du tout.

Un récit culotté, fallait oser, ils l'ont fait, prouvant que avec un bon scénario, rien n'est impossible.

Lecteurs sensibles, attention, il y a de la décapitation dans l'air... ça grouille de vermines et quand il faut s'en débarrassser, on ne le fait pas avec de la dentelle. On dégomme et on ferraille sec !

N'oubliez pas de bien nettoyer votre sabre ensuite. On ne sait jamais, vous pourriez en avoir besoin dans quelques secondes...

A découvrir.

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