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Accueil » Critiques » Sherlock Holmes : La folie du colonel Warburton
Sherlock Holmes, T2 : La folie du colonel Warburton Critique de
Sherlock Holmes, T2 : La folie du colonel Warburton
par
chez Soleil
2 mai 2000
» voir la fiche bibliographique
par
Bénédicte S.
Ses autres critiques
Inspiration du Canon ? Non, juste une aspiration du Canon, une bête compilation. Décembre 31, 2011

Régulièrement, je relis l’intégralité de toutes mes bandes dessinées et ça me prend du temps, vous pouvez me croire. Certaines sont relues plus souvent que d’autres. De ces temps-ci, se sont toutes celles de Sherlock Holmes qui y passent et j’en profite pour me fendre de ma petite critique. Voici donc la suite de cette collection Soleil Production.

Déjà la couverture vous plonge dans l’atmosphère : Holmes, deerstalker sur la tête, macfarlane sur le dos, épée à la main, regard suspicieux, prêt à trancher le premier qui passe. Watson, lui, révolver à la main, prêt à descendre le premier chienchien méchant qui passerait aussi. Décor dantesque et désolé, juste pourvu, en arrière-plan, d’un château où ne brille qu’une lumière, seul phare pour guider les malheureux égarés, perdus dans la brume qui tombe doucement, tel un voile diaphane sur la lande sauvage et déserte (me voici en train de poèter plus haut que mon luth... Pardon). C’est fort, déjà, comme première vue. Mais ne cherchez pas cette scène dans la bédé, elle ne s’y trouve pas. Holmes manipulera une épée, mais à l’intérieur. Couverture mensongère.

Dès la première page, on se retrouve dans un paysage désolé et écossais. Le brouillard, le vent, un castel et les paroles de deux personnes, sans phylactères, semées dans la nuit, qui vous distillent une atmosphère comme un alambic le ferait avec du whisky. Manque plus qu’un air de cornemuse pour aller avec les paroles anxieuses de l’un.

En tout cas, pour ce qui est des dessins, ils sont déjà beaucoup mieux que ceux fournis par la collection de chez Lefrancq et ses Bdétectives. Les couleurs sont correctes et ne vous feront pas mal aux yeux. Quand aux références canoniques, elles jalonneront l’album, mais pas toujours de manière adéquate. J’y reviendrai plus bas.

Passons au 221b où nous retrouvons Watson qui revient avec le Strand sous le bras, tout fier de la publication de « L’homme à la lèvre tordue » (TWIS). Holmes, lui, il s’ennuie et le voilà qui ironise sur les contes de nourrice qu’écrit Watson, reprochant à ses histoires de ne pas avoir la sécheresse d’un rapport d’autopsie et d’être alourdie par un romanesque de pacotille. Comme il le lui faisait remarquer dans COPP.

Par contre, en vérifiant la date de parution de TWIS, je me suis rendue compte qu’elle avait été publiée en décembre 1891. Hors, à ce moment là, Holmes jouait à « je suis mort, c’est pour rire, mais vous l’savez pas » et ne pouvait donc pas être présent au 221b. Voilà donc une manière pas très conforme de jouer avec le Canon.

Du coup, afin de tirer notre détective de la torpeur dans laquelle il s’enfonce, arrive une cliente (elle tombe bien, non ?). Une jeune fille, seule, qui vient quérir l’aide de Holmes, c’est assez courant, dans le Canon (SIGN-IDEN-SPEC-COPP-SOLI). Elle croira même à de la sorcellerie lorsque Holmes se livrera à quelques déductions sur elle. Ça leur fait à tous les mêmes effets, les déductions holmésienne.

Que veut-elle ? Son oncle, le colonel Warburton (une vieille connaissance de Watson, rencontré lors de la campagne d’Afghanistan), est devenu zinzin depuis qu’il a découvert un bateau échoué et que son ami est passé au travers d’un pont. Elle a besoin d’aide et son oncle encore plus. Rassurez-vous, pas dans le but de financer la consolidation des ponts !

Pas de chance, Holmes a une affaire en cours et des plus délicates (un rendez-vous avec LA femme peut-être ? *rires*) et il charge Watson de se rendre seul à Glenmore, en Ecosse. Tiens, tiens, un air de déjà vu, non ? Cela me fait penser à HOUN. De plus, il envoie la cliente passer la nuit au Northumberland Hotel. Manque plus qu’un chien et on est en plein dedans !

C’est cela qui me gêne un peu. Le scénariste aurait pu distiller (facile, on est en Ecosse) des références canoniques sans pour autant en extraire des pans entier. Pourquoi ne pas inventer sa propre histoire ? Pourquoi copier une partie du scénario de HOUN ? Un bon holmésien a déjà tout compris sur les intentions cachées de Holmes. Ben oui !

Le reste est de la même trempe et ce qui avait bien commencé se transforme en eau de boudin. Watson est une espèce de gros nigaud qui ne pense qu’à manger et à boire (le zinzin de colonel possède une distillerie). Pourquoi faire de Watson un crétin congénital alors que ce serait si agréable qu’on fasse un Watson comme à la Granada. Un type à l’intelligence normale. C’est si compliqué un Watson qui n’est pas limite « débile » ? Sans doute...

Notre brave docteur se promènera aussi en kilt (sans que l’on sache ce qu’il porte en dessous), et quand il fera sortir le colonel Warburton de sa chambre, se sera pour s’entendre raconter la malédiction dont il se croit la victime. On aura même droit, dans son récit, à une sorte de Jésus-Christ déguisé en fakir et qui ressuscite les chats. Le fantastique, encore une fois ! Quant aux soldats anglais, ils pensaient tous qu’ils allaient apporter la lumière à ces sauvages de l’Inde, le colonel en tête.

Tiens, une grosse référence à FIVE avec les clous de la planche de fakir envoyé en guise d’avertissements. Une bonne grosse malédiction et une bonne aspiration du Canon.
Bref, rien de neuf sous le Soleil... Productions (rires). Ah si ! Watson ira chasser le coq de bruyère. Ce qui donnera un retour avec un gibier plus « imposant ».

Les paysages écossais que Watson traverse sont jolis, désertiques ou peuplés de moutons et il n’y pleut pas souvent.

La suite, je ne peux pas vous la raconter, mais bon, le scénariste aurait pu mieux faire. C’est téléphoné. On sait tout de suite où est caché Holmes.

Le seul point positif de l’album sera que Holmes ne portera sa macfarlane que sur la couverture et un peu à la fin. Marrant, à la campagne, il ne la porte pas, mais en plein Londres, oui.

La résolution de l’enquête était claire et nette, sans l’élément fantastique. Mais les quatre dernières pages m’ont plongées dans la consternation. Il fallait boucler l’album... D’accord, mais quelle manière. Fallait le sortir à ce moment là, leur fantastique ? Dubitative, je vous dis.

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