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Accueil » Critiques » Les Archives alsaciennes de Sherlock Holmes
Les Archives alsaciennes de Sherlock Holmes Critique de
Les Archives alsaciennes de Sherlock Holmes
par Christine Muller
chez Le Verger
1 octobre 2011
» voir la fiche bibliographique
par
Bénédicte S.
Ses autres critiques
Après l’Alsace, peut avoir la Lorraine ? Décembre 22, 2011

L’avantage du livre est d’être composé de huit nouvelles – ce qui est plus en adéquation avec l’original – et de nous présenter le détective sous un autre jour.

Le Holmes présenté dans le livre est plus brettien que canonique car en lisant, je voyais Jeremy Brett (accompagné de David Burke). Le Sherlock Holmes de Christine Muller est un portrait de l’acteur, même dans sa gestuelle. Surtout là ! Très « beauté fatale » devant qui, hommes, femmes et enfants s’étalent d’admiration. C’est très plaisant à lire pour nous, les femmes. Même si Watson insiste un peu trop lourdement sur la beauté de Holmes.

Le quatrième de couverture parlait de « fidélité au Canon » holmésien, ce à quoi je répondrai « non » pour la simple raison que Holmes amoureux, c’est anti-canonique, même si j’adore le voir amoureux. C’est juste que c’est une sacrée entorse au Canon. Ma seule critique est que lorsqu’il essuie un refus poli de la dame, il redevient très vite la froideur incarnée, comme si de rien n’était. Un peu trop rapide, à mon sens. Attention, cela n’enlève rien au plaisir que j’ai eu de lire cette nouvelle (ni les autres non plus) et à suivre nos deux hommes dans toutes leurs aventures, plus policières qu’amoureuses...

Les enquêtes, tiens, parlons-en. Elles se suivent mais ne se ressemblent pas, agréables à lire, surtout celle du « concombre masqué ». Par contre, certaines auraient pu être un peu plus développées dans leur final car elles me laissèrent sur ma faim.

Notre brave Watson est très gourmand, trouve les femmes jolies, s’extasie sur son amitié avec Holmes et l’écoute religieusement parler de son enfance. Parfois il est un peu benêt et ne voit pas Holmes venir, malgré ses gros sabots. Peut-être parce que la chanson dit « En passant par la Lorraine, avec mes sabots » et que la Lorraine, ce n’est pas l’Alsace. Je ne suis pas Columbo, mais certaines choses, je les ai vues venir de très loin, riant de l’aveuglement du brave docteur.

De plus, malgré des histoires diversifiées, j’ai tout de même trouvé certains coupables, et ce, dès le départ (trois de trouvé et un quatrième un peu plus loin dans la nouvelle)... Chouette, je fus plus rapide que le Maître ! Un détail olfactif dans une enquête ayant même attiré mon attention, trouvant ça bizarre.

– Quel détail olfactif ? On ne sent rien, me répondrez-vous.
– Justement, voici l’incident bizarre. J’attire votre attention car c’est troublant.

L’absence d’odeur dans le cas de cadavre, c’est assez troublant et ça m’a titillé les sinus. Ils auraient dû les sentir, vu qu’ils étaient là depuis peu. L’auteur ne donnant pas plus de détails quand à leur position exacte dans l’endroit où ils avaient été déposés, je resterai sur des supputations, à défaut d’émanations. Je sais, je chicane un peu, mais j’aime ça !

Les quelques détails historiques sur l’Alsace n’empiètent pas sur les aventures et la narration. Cela ne m’a pas donné l’impression de lire un guide touristique et pour moi, ils étaient utiles, preuve que l’auteur a potassé son sujet et à voulu nous faire partager quelques détails de l’Histoire. Ne pas en parler aurait retiré de la saveur au livre vu la région dans laquelle nous nous trouvions. Un des reproches que je ferai toujours à SACD c’est de ne pas avoir donné assez de détails « historiques et sociaux » dans ses écrits sur Holmes. Le Canon fut bien étudié et les huit nouvelles en sont saupoudrées.

Mes critiques iront plutôt aux trop nombreuses allusions à cette fameuse boîte de maroquin vert (de cuir, dans mon Canon) et sa seringue chargée de cocaïne. En huit nouvelles, on en parle plus que sur l’intégralité du Canon. Même quand Holmes ne l’utilise pas, Watson en parle, signalant son abstinence. À un moment, je m’étais dit que si l’auteur n’en parlait pas dans une nouvelle, je sabrerais le champagne et bien, ce ne fut pas le cas. Je veux bien que dans SIGN, Watson signale qu’il est témoin du spectacle de Holmes se piquant, que cela dure depuis plusieurs mois et ce, trois fois par jour, mais bon, pas besoin d’en parler à toutes les pages, je trouve. À la fin, cela devient lourd.

Autre point qui m’a irrité un peu et qui passera avec un peu de pommade, c’est la manie qu’à Holmes de nommer Watson « mon tout bon » ou « ami Watson ». C’est assez énervant car répétitif. Pas énervant au point d’envoyer valser le livre dans la pièce, tout de même. Je suis passée au-dessus. Ma foi, l’auteur aurait pu se contenter d’un « cher ami » ou « mon cher ».

Quant à Holmes qui se choque en apprenant qu’une simple d’esprit est née, tout comme lui, un six janvier... Passons, voulez-vous ?

Le tout ne m’a pas empêché de savourer le livre et les nombreuses images bien drôles que l’auteur utilise dans ses comparaisons (Holmes qui mange moins qu’un moineau qui fait Carême), l’allusion au détective nommé Persil, non, Poireau, heu, Hercule Poirot, et tout le reste font de ce pastiche un livre très agréable à lire.

Last but not least, si je n’avais pas « lu » Holmes tomber amoureux et Watson lorgner sur de nombreux jupons, j’aurais eu des doutes en lisant certains de leurs faits et gestes (cette manière qu’à Holmes d’entrer dans la chambre de Watson ; de lire que Watson, coincé dans un renfoncement d’un mur, « sentait la densité rassurante du corps de Holmes » ; entendre Holmes dire à voix basse « votre amitié me suffit » après avoir frotté l’épaule de Watson affectueusement). J’ai failli penser qu’ils avaient une relation ambiguë, ces deux là. On frôlait le texte « double langage » ou alors, c’est moi qui ait l’esprit trop mal tourné...

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