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Accueil » Critiques » Sherlock Holmes T8 : La vieille russe
Sherlock Holmes, T8 : La vieille russe Critique de
Sherlock Holmes, T8 : La vieille russe
par
chez Claude Lefrancq
1 août 1997
» voir la fiche bibliographique
par
Bénédicte S.
Ses autres critiques
Raspoutine n’est pas une love machine, dans cet album. Décembre 9, 2011

Cet album est en fait la suite de « La béquille d’aluminium », même si entre les deux, il y a eu quatre albums ! Ce qui nous fait quatre ans d’écart, tout de même ! J’ai eu largement le temps de me poser des questions sur le final de « La béquille », puisque je suivais la parution chronologique de la série « BéDétectives Lefrancq » dans les années nonante (90). Frustration, quand tu nous tiens !

Les dessins sont toujours aussi mauvais et les couleurs oscillent entre le rouge, l’orange et le jaune, surtout dans les plans intérieur de Baker Street et bien d’autres, encore. Bref, l’album risque de vous donner mal aux yeux à certains moments.

Dans cette aventure, nous retrouvons nos deux hommes dans le salon, comme s’ils venaient de revenir de la Sainte Russie, Watson constatant à voix haute que beaucoup de leurs questions sont restées sans réponses. Sans blague ? Lui aussi n’a pas tout compris ? Ça me console, tiens. Holmes nous répondra qu’il n’a pas encore dit son dernier mot. Espoir, quand tu nous tiens.

Le dessinateur a casé des tas de détails canoniques dans le salon : violon, couteau planté dans la correspondance, les pipes sur leur présentoir, le tabac dans la pantoufle persane, le buste de Holmes (celui réalisé par Meunier ?), le tableau noir avec le message écrit en « hommes dansants », ses instruments de chimie et une visiteuse... Mais quelle visiteuse ! Canonique, elle aussi.

Bref, hormis les dessins et les couleurs, tout commençait plutôt bien, me laissant augurer un bon moment de lecture.

Las ! Le scénariste et le dessinateur décidèrent de faire bouger la béquille d’aluminium accrochée au mur, la faisant se promener en lévitant dans tout le meublé, Watson l’évitant même pour ne pas qu’elle le touche. Nous y étions... L’auteur retombait dans ses travers. Impossible pour lui de scénariser une histoire sans l’élément fantastique. « Allez, viens-y que je te fasse léviter une béquille dans les airs grâce à Orga, sis dans la maison d’en face, en train de ramper sur le plancher ». Il a été empoisonné par une vieille Russe qui a utilisé la vieille ruse des gâteaux empoisonnés. Le pauvre Orga...

Bref, le doute nous submerge déjà, et la nausée aussi, par la même occasion.

Le reste est de la même veine : en plus des dessins toujours aussi moches, Holmes enfile (une fois de plus) sa macfarlane à carreaux, en plein Londres, Watson est exaspérant à accuser à tout bout de champ Irène et exaspérant tout court, Moran est de nouveau dans l’affaire avec son fusil à air comprimé et le buste de Holmes finira avec un gros trou. Même pas arrivée à la page treize que j’ai déjà des questions qui, je me doute, ne recevront pas de réponse. On prend les paris ?

Attention, à partir de là, je vais dévoiler un peu...

Le festival continuera en dehors de Londres, passant par Bruxelles, la Transylvanie et la Sainte Russie, croisant la route de tireurs fous, de nains et de géants, plus celle d’un ex-fou qui l’est peut-être encore. Ou pas... Comme la Russie, il est à l’ouest, le gars. Là, c’est moi qui commence à devenir folle avec toutes ces fausses pistes et le fait que l’on ne sait plus qui joue à double (ou triple ?) jeu.

Le tout sur front de conflit latent et de complot entre la Prusse du Kaiser Guillaume, qui vise une guerre contre la France et l’Angleterre, qui sont alliées. Quant à la Russie, elle se tâte par l’entremise de son Tsar et de Raspoutine, l’un et l’autre n’ayant pas le même avis. La Tsarine viendra mettre son grain de sel dans toute cette affaire (elle a un autre avis que les deux hommes) avec un courrier se terminant par un svastika, signe de reconnaissance pour cette société secrète d’initiés. Impossible d’écrire une histoire sans une bonne société occulte ! Quand à Holmes et Watson, ils auront Raspoutine au cul’te (je fais des jeux de mots, cela me console de mes maux que j’ai eu en relisant l’histoire).

Alors ? Qui veut la guerre ? Qui veut se la jouer « Suisse » et rester neutre ? Qui voudrait faire la guerre aux côtés des Teutons ? On se tâtonne à tâtons.

Sachant qu’il y a aussi une arme secrète au menu et que Bertha n’était pas une femme comme les autres, du fait de sa masse imposante. A cette époque, les aciéries Krupp, citées dans l'aventure, n’avaient pas encore fusionnées avec son concurrent Thyssen. Si vous connaissez l’Histoire, vous saurez que ces noms ont une sinistre mémoire... Et vous comprendrez, aussi !

Le bouquet sera la présence de Moriarty, évidemment, en confrontation avec Raspoutine, les yeux dans les yeux. Ce brave vieux Napo du crime ressemble toujours à une caricature de lui même, en pire. Ses dents sont toujours aussi proéminentes, lui donnant un rictus de vieille momie desséchée.

Les rebondissements étaient prévisibles, pas de réponses à mes questions et Raspoutine, qui n’est pas la « Love Machine » de la chanson de "Boney M." sera le méchant de l’histoire. Vous aurez droit à une petite note explicative de la part de Guy Clair. Pour le reste, c’est pas clair !

Le seul point positif est que LA femme sera toujours LA femme.

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