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Accueil » Critiques » Le Signe des quatre
Critique video
Le Signe des quatre
par
Bénédicte S.
Ses autres critiques
Il suffisait d'un "signe" pour que Frewer se calme un peu. Décembre 9, 2011

Bon, ceux qui ont lu ma critique sur le film précédent « Le chien des Baskerville » savent que je n’ai pas aimé l’acteur (Matt Frewer) qui joue Holmes. Ceux qui ne le savent pas sont priés de se mettre à jour et de lire ma critique. Au trot !

C’est donc avec appréhension que j’ai introduit le DVD de SIGN... Sachez d’emblée que le réalisateur a changé beaucoup de choses et que d’entrée de jeu, vous saurez tout ce qu’il s’est passé en Inde entre Small et les trois autres. Bon...

Mon angoisse la plus terrible venait de ce que Frewer allait encore faire de Holmes, traumatisée que j’étais encore par HOUN... La question qui me vient à l’esprit dès que je le vis fut : « Pourquoi l’a-t-on déguisé en écossais ? ». L’acteur portait une espèce de casquette, la même que le petit vieux, dans « Tintin et l’île Noire », faisant grincer son violon au milieu de son gigantesque salon aux trente-six mille fenêtres. Pourquoi ? Tout cela pour obtenir l’avis de Watson sur la monographie qu’il a écrite sur les cent vingt différentes sortes de tabac. L’avis de Watson sera mitigé. Trop scientifique. La lecture de la monographie tuerait d’ennui un ours empaillé. Bon, il lui fait savoir de manière plus diplomatique.

Notre brave Watson est toujours aussi vieux (l’âge de la retraite recule), Holmes grimace encore et toujours, comme s’il avait un furoncle mal placé (enfin, l’acteur qui interprète Holmes) malgré son pantalon qui est trois fois trop large pour lui. *Long soupir*

Arrive la jeune et jolie Mary Morstan et l’ami Watson veut s’esquiver. Que nenni ! Mary le retient, elle veut que papy Watson reste. Avec ses cheveux blancs, sa moustache blanche, il inspire la confiance sans doute (un air du Père Noël en vacances ?). Alors papy Watson restera dans le fauteuil, appuyé sur sa canne, louchant sur la belle Mary, se disant qu’avec trente ans de moins, il pourrait lui montrer son piège à fille, son piège tabou...

Mary, la pauvre choute, a très peur que Holmes ne lui compte un tarif exorbitant (vu la taille du salon et des fenêtres, elle s’est dit que l’appart devait être un gros consommateur en bois) et ce dernier ne la détrompe même pas ! Il aurait pu lui signifier que sa profession contenait elle-même sa propre récompense, comme dans SPEC. Mais non. Hérésie, quand tu nous tiens.

Pour sa décharge, je dois dire que l’acteur qui joue Holmes se calme un peu par la suite, passant juste la langue, comme s’il était chez le médecin, à chaque fois qu’il remet sa pipe en bouche. Agaçant, mais rien de comparable à ses grimaces dans HOUN. Holmes évite aussi de s’approcher trop près de Mary, comme si la fille était contagieuse. Watson, lui, il la bouffe des yeux, se raidissant de plus en plus... à force d’essayer de se tenir bien droit devant elle (vous avez eu peur, hein ?). Les crampes se déplacent, mais plus au même endroit.

Ce qui est canonique, c’est Holmes qui expliquera ensuite à Watson que la femme la plus charmante qu’il ait connu avait empoisonné trois enfants pour toucher l’assurance-vie. Sans doute dans le but de calmer les ardeurs de Watson envers la cliente, qui venait de s’en aller. Sinon, il lui restait le seau d’eau...

L’enquête se poursuivra avec leur arrivée chez Thaddeus Sholto, hypocondriaque de son état et bien marrant. Il m’a fait penser à un G.O pour club Zen de seconde zone qui accueillerait les gentils touristes au milieu de son fatras de coussins et de bougies à l’encens.

Mauvais point par contre pour Pondicherry Lodge qui n’est pas entourée de hauts murs surmontés de tessons de verre et dont le domaine n’a pas été retourné par toutes les taupes d’Angleterre, réunie en concile extraordinaire.

Pareil pour Super Papy Watson qui défonce la porte de la chambre de Batholomew de manière trop facile. Pour une porte censée être fermée de l’intérieur, elle s’ouvre toute seule, lors de la première poussée de papy. Z’êtes sûr qu’elle était fermée ? En tout cas, Barthy, lui, il a avalé son certificat de naissance !

Les dialogues dans la chambre sont des plus amusants :
– Touchez là, Watson.
– C’est dur...
– Et là ?
– Cette rigidité est anormale...

Je vous rassure tout de suite, le film n’a pas viré au porno joyeux. Holmes parlait des muscles du cou du cadavre de Barthy, avant de nous monter que son visage est atteint de « Rictus sardonicus » (« risus » dans mon canon). Le pire, c’est que c’est le docteur Watson qui trouvera la solution de la chambre close, Holmes se contentant de se faire mâcher le travail, avant de subir les railleries de l’inspecteur Atheneley Jones, fraîchement arrivé à Pondicherry Lodge et qui est magnifique dans son rôle. On a envie de l’encastrer dans le mur et c’est ce qui fait tout son charme d’inspecteur casse-pieds qui croit avoir tout révolutionné à lui tout seul, se moquant des remarques du théoricien Holmes. Le cou d’un taureau avec l’esprit d’un jeune veau.

Holmes ne citera pas Goethe, mais se sentira l’âme d’un poète en dissertant sur la mort de Batholomew, pendant que Watson pique une crise de jalousie car il vient d’apprendre que Mary avait accompagné le joli Thaddeus à la police. Lorsque la bonne osera sous-entendre que c’est parce que Mary a senti en Thaddeus un héritier plein de fric, Watson s’insurgera, fâché que l’on puisse penser de sa jolie p’tite Mary une chose aussi horrible. La réponse de la bonne sera cinglante « Vous êtes qui ? Son père ? ». Viendra ensuite les reproches de la Mary car le pauvre Thaddeus est arrêté et elle n’a plus confiance en papy. Dépité, le pauvre Watson débite des bêtises. Ça en devient risible.

Là-dessus, pour noyer son chagrin, Watson se rendra chez un taxidermiste, dans le but de trouver de l’affection canine. Un chien, c’est fidèle, ça remue la queue quand on le nourrit ou quand on le caresse et ça vous lèche. Même Holmes s’extasiera devant Toby le chien (qui ressemble à celui de Columbo) en se comportant comme un gosse. Passons...

Vous vouliez de l’action ? Vous n’en aurez pas, la piste étant suivie à l’allure d’une ballade, le dimanche. À l’aise ! Holmes expliquant à Watson toutes ses déductions et le déroulement de l’affaire. Là où cela devient grotesque et de mauvais goût, c’est quand ils arrivent devant la maison du loueur de bateau. Dieu, quel cinéma Frewer/Holmes fait ! Et viens-y que je raconte à l’épouse du loueur qu’il fait une compétition avec deux autres personnes, sans donner la description des deux hommes qu’ils poursuivent, inventant autre chose. Quel mauvais jeu d’acteur. Heureusement que la femme avait lu le scénario et qu’elle lui a donné les réponses, parce que dans la réalité, il n’aurait rien eu !

Et c’est repartit ensuite pour un numéro de drague du Watson qui est atteint du démon de minuit (vu son âge, ce n’est plus celui de midi) et il fait tout pour impressionner la Mary (sauf le streap tease), lui révélant même des choses qu’elle ne doit pas apprendre. Maman Holmes se fâchera sur le Johnny Boy qui ferait mieux d’arrêter les frais de drague avec la cliente. Ensuite, il s’excusera pour ses mouvements d’humeur. Holmes qui s’excuse ? Warf ! *rire gras*

Ah tiens, je me plaignais de l’âge pré pubère de l’acteur qui jouait Sir Henry de Baskerville dans HOUN, mais ici, c’est le contraire : Wiggins à l’air d’avoir trente ans. Ça choque.

Le reste ? Jones est plus têtu que tout un troupeau de mules, Small devient « le plus dangereux criminel du monde », Wiggins se fait secouer par Jones, Holmes veut faire synthétiser un antidote aux fléchettes empoisonnées, la fameuse course poursuite sur la Tamise est amputée (faute de budget ? D’autorisations ?) et est remplacée par une bagarre dans le hangar où se trouve l’Aurore. Tonga n’a rien d’un pygmée, ressemblant plus à un Bruce Lee, piercé de toutes parts au visage, qu’à un nain des îles Andaman. Bref, le sauvage est politiquement correct et Small est un grand barbu... Dans toute cette bagarre, le pauvre Watson se fera toucher par une flèche (pas celle de Cupidon, ayant déjà frappée, elle), mais par une fléchette de Bruce Lee. Évidemment, Holmes le sauvera avec l’antidote, mais zigouillera Tonga et laissera Small se suicider après avoir tout raconté.

On s’écarte fort du récit original, dans ce film.

Contrairement au canon, ce n’est pas Watson qui ouvre le coffre en présence de Mary, mais c’est le gros Jones qui l’ouvrira devant les policiers. Vide ! Là, rien ne change !

Nous terminerons avec papy Watson qui fait de la résistance à l’hosto, Holmes jouant à l’infirmière à ses côtés, les mimiques étant restées au vestiaire. Watson jouera à l’homme fort et se plaindra juste de ses rhumatismes. Avec l’âge, les raideurs se déplacent, c’est bien connu ! Toujours « in love », il pense que Mary a un grand sens moral, ce que Holmes dément. Ça vous étonne ? Pas moi. Bingo, Mary fond en larmes en apprenant que le trésor est perdu et s’en va, sans même un regard pour le pauvre vieux Watson alité sur son grabat. Holmes : un point !

Cupidon n’est pas en reste puisque nous avons Mary qui reviendra au 221b, en compagnie de Thaddeus l’hypocondriaque amoureux. Je m’en doutais qu’ils finiraient ensemble, ces deux là ; Watson ne pouvant pas épouser la Mary.

Touchant : Mary va construire des écoles en Inde. Le Saint-Esprit lui serait-il tombé sur la tête ? Non, elle voulait juste l’argent du coffre pour retourner en Inde et perpétrer la mémoire de son père... Oups, Holmes s’est donc trompé ! Watson : un point. Le détective se défendra en parlant de sa profession qui le rend cynique. Watson jubile en constatant que Holmes avait tort, même si Thaddeus enlève sa princesse et qu’il ne pourra pas lui montrer son stéthoscope.

Le film était moins « catastrophique » que HOUN, mais bon, faut pas être trop exigeante avec SIGN. Frewer en fait moins, ça va déjà mieux. Même si le film ne restera pas dans mes annales.

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